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A défaut du mariage gay, le gouvernement bénit le PACS

Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin promet d'améliorer le PACS (Pacte Civil de Solidarité) pour contourner le débat sur le mariage homosexuel.



Un nouveau partisan du PACS (droits réservés)
Un nouveau partisan du PACS (droits réservés)
Le poisson d'avril du mouvement gay sur le mariage entre personnes de même sexe a eu l'effet escompté : mettre les représentants politiques à genoux devant les communautaristes.

Comment analyser autrement la prise de position surréaliste de Jean-Pierre Raffarin qui assortit son refus de valider le mariage homosexuel de l'annonce que son gouvernement va prochainement "améliorer le PACS" que la droite avait, il n'y a pas si longtemps, combattu au Parlement avec la plus grande vigueur ? Alors que le droit est on ne peut plus clair - l'article 75 du code civil précise que les époux se prennent "comme mari et femme"- le premier ministre n'assume visiblement pas le fait de dire simplement non à ceux qui revendiquent le mariage homosexuel avec une mauvaise foi évidente. Aussi a-t-il décidé de couper la poire en deux en se ralliant au PACS.

Le message est clair pour ceux qui attendent quelque chose de l'Etat : il n'ont plus qu'à demander le double afin d'obtenir statisfaction ! Si les partisans de la peine de mort réclamaient que l'on plonge dans l'acide les assassins, Raffarin leur accorderait sans doute le droit de seulement les guillotiner...

Plus sérieusement, il est curieux que le gouvernement consacre le PACS alors que le bilan qu'il est désormais possible de tirer de ce dispositif montre clairement son échec. En effet, depuis 1999, seuls 104.588 pactes civils de solidarité ont été signés en France. Parmi ces quelques 200.000 pacsés, sans même prendre en compte la part des nombreux pacs blancs liés à des mutations dans la fonction publique, on estime que la moitié au moins des pacs seraient hétérosexuels. Cela signifie que 100.000 homosexuels à peine se sont unis par un pacs. Et donc que près de 4 millions se sont réfusés à le faire... Quelles que soient les explications de cet échec -qui pourraient pourtant donner lieu à une réflexion intéressante sur la nature de l'homosexualité et les aspirations des personnes homosexuelles-, les faits sont là.

Le devoir des représentants politiques face aux revendications de toutes sortes, c'est de s'assurer au préalable de leur légitimité et de leur opportunité. En l'occurrence, l'exemple du PACS démontre que l'union homosexuelle n'intéresse pas grand monde, qu'elle est un droit virtuel qu'une petite minorité entend vraiment exercer. Cette règle de bon sens n'a pas été suivie par Jean-Pierre Raffarin qui, rappelons-le, a inauguré sa troisième nomination à Matignon en recevant les associations homosexuelles et a promis pour l'été une loi anti-homophobie qui aboutira à grignoter encore davantage la loi sur la liberté de la presse de 1881 déjà réduite à peau de chagrin au cours des dernières années par une succession de lois d'exception.

De son côté, le Ministre de la justice, Dominique Perben, a mis plusieurs semaines pour affirmer que le mariage homosexuel était illégal. Il a sans doute dû attendre que des citoyens et des juristes lui signalent que ce que racontait la presse était faux et qu'il n'y avait aucune ambiguïté dans le code civil sur le caractère hétérosexuel du mariage. Il suffit d'ailleurs de relire les discours à l'Assemblée des promoteurs du PACS -dont Noël Mamère- pour s'assurer qu'ils ont toujours considéré que les homosexuels ne pouvaient pas se marier. Quant au Ministre de l'intérieur, qui a pour mission de contrôler la légalité des actes des collectivités locales par l'intermédiaire des préfets, il observe un silence prudent. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Dominique de Villepin est moins courageux face au mouvement gay que devant Colin Powell à l'ONU !

Enfin sorti de sa réserve, le Président de la République a dit le 29 avril qu'il était défavorable au mariage homosexuel. Courageux mais pas téméraire, il s'est toutefois déclaré "ouvert à un débat national" sur cette question. C'est assez mal parti lorsqu'on se plonge dans les grands journaux quotidiens qui, jusqu'à présent, n'ont publié que des tribunes d'opinion favorables au mariage gay. Ainsi, dans son édition du 2 mai, Le Monde annonçait un "débat" sur le mariage gay se limitant à la publication d'un texte de Daniel Borillo, le juriste qui avait lancé l'idée fausse d'une absence d'interdiction du mariage homosexuel dans le code civil. Quant aux partis politiques, ils ont tous laissé se développer en leur sein des groupuscules homosexuels qui, de droite ou de gauche, développent le même point de vue aligné sur celui des instances communautaires : les gays UMP réunis dans les associations Gay Lib ou On est là! ont sur le mariage homosexuel la même position maximaliste que ceux de la commission LGBT des Verts ou des socialistes d'Homosexualité et Socialisme.

Les partisans du mariage homosexuel débattent souvent avec eux-mêmes. Vu la maigreur de leurs arguments et l'absence d'un mouvement de la société -y compris parmi les homosexuels- en faveur du mariage gay, cette absence de débat est d'ailleurs le principal danger auxquels ils sont confrontés. Ayant comme seuls arguments une interprétation fallacieuse de l'égalité des droits -qui néglige ses pendants naturels que sont les devoirs et l'utilité sociale- et la référence à des exemples étrangers, les nouveaux apôtres du mariage s'exposent au risque de s'effondrer sous le poids de leurs énormités. Dire que la France doit suivre l'exemple américain est un argument à double tranchant : il pourrait en effet être repris de la même façon par des groupes chrétiens désireux de faire prêter serment au Président de la République sur la Bible ou par des associations de victimes réclamant le rétablissement de la peine de mort.

En attendant qu'elle atteigne les limites du grotesque -peut-être lorsque Noël Mamère mariera deux hommes à Bègles en faisant sciemment le choix de l'illégalité comme autrefois les Mégret à Vitrolles lorsqu'ils avaient décidé de réserver le versement d'une prime au premier enfant aux familles françaises de souche-, cette mascarade aura montré une fois de plus l'état de déliquescence de la classe politique et de l'Etat républicain.

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Voir aussi sur le site de l'Observatoire du Communautarisme :
Le mariage homo, vite!
Le mariage gay : un débat surréaliste


Dimanche 2 Mai 2004
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