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Act Up : après l'impôt révolutionnaire, l'impôt communautaire !

Comment les anciennes bêtes noires d'Act Up se transforment en généreux mécènes.



Une descente d'Act Up (droits réservés)
Une descente d'Act Up (droits réservés)
Act Up Paris, que son ancien président, Didier Lestrade, qualifie de "leader charismatique de l'homosexualité en France", vient de rendre publique la liste de ses donateurs pour l'année 2003.

Parmi les mécènes de l'antenne parisienne d'Act Up figurent sans surprise le financier Pierre Bergé -qui signe aussi les chèques permettant au magazine Têtu de survivre malgré sa faible diffusion (30.000 exemplaires à peine) et son déficit chronique-, le styliste Jean-Paul Gaultier, le SNEG (syndicat nationale des entreprises gaies) et un paquet de restaurants parisiens arborant en vitrine le symbole communautaire du petit autocollant arc-en-ciel.

Le showbiz est aussi très bien représenté. On relève en effet sur cette liste la quasi-totalité des majors de l'industrie du disque (Universal, Mercury, Virgin, Sony Music...) ainsi qu'une brochette de chanteurs (Pascal Obispo, Jean-Louis Aubert, Etienne Daho, Manu Chao, Noir Désir...). Il y a même une contributrice d'outre-tombe puisque Barbara, qui avait cédé les droits de sa chanson Le couloir à l'association activiste, est toujours citée, sept ans après sa mort, parmi les soutiens des militants d'Act Up.

Malgré la disette culturelle qui frappe le monde du spectacle, de nombreux théâtres ont aussi tenu à apporter leur soutien à Act Up (La Comédie française, l’Opéra comique, le Théâtre Montparnasse, Les Folies Bergères...), tout comme les humoristes Smaïn, Anne Roumanoff et Laurent Ruquier.

Plus surprenante en revanche est la présence parmi les bailleurs de fonds d'Act Up de grands noms de l'industrie pharmaceutique : Schering-Plough, Glaxo Smith Kline, MSD Chibret, Gilead Sciences, Boehringer-Ingelheim... Il s'agit là d'un soutien inattendu pour quiconque a encore en mémoire les nombreuses actions coup de poing menées par Act Up pour dénoncer la politique de recherche des grands groupes sur le virus du sida et crier l'impatience des malades en attente de médicaments.

En y regardant de plus près, cependant, il n'est peut-être pas si étonnant que ses ennemis d'hier soient aujourd'hui des donateurs au profit d'Act Up...

En effet, tous ces laboratoires ont en commun d'avoir eu le désagrément de subir les descentes musclées des militants d'Act Up et de faire l'objet de campagnes de dénigrement, voire de boycott, généralement lancées par Act Up New York -la maison-mère américaine d'Act Up Paris- et largement relayées dans les médias.

Ainsi, le groupe Glaxo Smith Kline, qui était traité en février 2001 de "Global Serial Killer" par les militants américains d'Act Up était classé par Act Up Paris en octobre 2001 parmi les bons laboratoires ayant "entendu (leurs) revendications"... De même, en octobre 2002, le siège français du laboratoire Schering-Plough à Levallois-Perret était investi par des militants d'Act Up brandissant des pancartes "Schering-Plough nous ment". Moins d'un an plus tard, pas rancunier, ce laboratoire apportait son soutien financier à Act Up Paris. Un cheminement qui rappelle aussi celui du laboratoire Boehringer Ingelheim, lui aussi mécène d'Act Up en 2003, et dont le programme de don de doses de névirapine à des femmes enceintes séropositives avait été violemment critiqué par Act Up en juillet 2000.

Ces nombreux exemples montrent que les actions violentes menées en toute impunité depuis plusieurs années par les roses-bruns d'Act Up ne sont pas seulement, comme ils le prétendent, une façon d'alerter l'opinion sur les carences de la lutte contre le sida, mais aussi une méthode imparable de financement. Ce n'est sans doute pas un hasard si le laboratoire Abbot, qui n'a toujours pas craché au bassinet, est aujourd'hui la cible privilégiée d'Act Up...

En France, l'Etat semble aujourd'hui enfin déterminé à réprimer les dérives mafieuses du nationalisme corse et à faire la lumière sur la pratique honteuse de l'impôt révolutionnaire au profit du FLNC qui repose en fait sur un chantage : pour éviter d'être l'objet des attentats qui détruisent régulièrement des villas ou des locaux d'entreprise, de riches particuliers et de grandes sociétés (comme Nouvelles Frontières, obligée de subventionner le FC Bastia) doivent faire des dons aux organisations de la mouvance nationaliste. Dans le même élan légaliste, il est peut-être aussi temps que les pouvoirs publics se penchent sur les activistes d'Act Up qui, comme les nationalistes corses, se refusent à renoncer à la violence et financent leurs campagnes haineuses et leurs exactions à partir de ce qu'il faut bien appeler un impôt communautaire.

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Voir la liste des donateurs pour 2003 sur le site d'Act Up Paris :
http://www.actupparis.org/article1632.html
L'interview de Jérôme Martin, président d'Act Up Paris, dans le n° 2 du magazine Tant Pis Pour Vous


Jeudi 20 Mai 2004
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