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Brèves

Amalgame

Les représentants de l'Etat français se justifient devant des journalistes israëliens sur la question de l'antisémitisme.



Nicole Guedj, avocate et élue UMP (droits réservés)
Nicole Guedj, avocate et élue UMP (droits réservés)
Une trentaine de journalistes israéliens ont été reçus dans la semaine du 12 janvier 2004 par le Président de la République, le Premier ministre ainsi que par plusieurs ministres, dont Nicolas Sarkozy (Intérieur) et Dominique Perben (Justice) afin de parler de l'antisémitisme en France et des moyens de le combattre.

Cette visite a été organisée par l'avocate Nicole Guedj (cf. photo), élue parisienne de l'UMP qui siégeait dans la commission Stasi, ainsi que par le rabbin Joseph Pevzner, directeur général d'établissements scolaires juifs.

Selon les organisateurs de ces rencontres, celles-ci ont été organisées en raison des "interrogations de l'opinion israélienne sur la situation des juifs en France et sur le racisme et l'antisémitisme", à la suite des incidents qualifiés d'antisémites qui se sont produits en France au cours des trois dernières années.

"Il est clair que les juifs vivent ici en France dans un pays de paix. Il faut le faire savoir car les descriptions exagérées (faites en Israël) sont négatives et nuisent aux juifs de France", a affirmé Nicole Guedj.

Outre le fait que certains observateurs se sont émus du poids des médias religieux au sein de cette délégation (alors que la presse israélienne est majoritairement laïque), une telle initiative soulève quelques questions.

Alors que l'on reproche souvent aux jeunes des cités de vouloir importer le conflit israëlo-palestinien dans les banlieues françaises, est-il opportun de donner le sentiment que les agressions à l'encontre de juifs français doivent faire l'objet d'un compte-rendu officiel à l'égard de l'opinion israëlienne ? Comment les Français de confession juive doivent-ils interpréter le fait que l'Etat se sente obligé de rendre des comptes à un pays étranger ? N'est-ce pas donner des gages à ceux qui prétendent que la France les abandonne et qu'ils n'ont d'autre issue que d'émigrer en Israël ? Comment pourra-t-on ensuite porter la contradiction à ceux qui évoquent les Français juifs sous l'angle de la "double allégeance" ?

La question des actes antisémites commis sur le territoire de la République est une question française qui appelle des solutions nationales en matière de sécurité, de justice et d'ordre public. Malheureusement, cette initiative des plus hauts représentants de l'Etat ouvre la porte aux amalgames les plus périlleux.

Lundi 12 Janvier 2004
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