En déplacement dans le département du Finistère le 11 janvier 2006, François Bayrou a exprimé sa volonté de voir la France ratifier la charte européenne des langues régionales et minoritaires.
A l'occasion d'une rencontre à Quimper avec des représentants d'associations culturelles bretonnes, le candidat UDF à l'élection présidentielle a inscrit cette revendication dans le cadre d'une reconnaissance des
"identités" régionales :
"Le droit à l'identité, personne ne peut vous en priver. C'est un droit élémentaire de la personne humaine".
Sur un plan plus pratique, François Bayrou a tracé deux axes de défense des
"langues de la France" : l'enseignement par immersion (type Diwan) et les médias (TV Breizh). Celui qui revendiquait jadis sa filiation historique avec les Girondins a par ailleurs prôné le renforcement de l'échelon régional à travers un rapprochement institutionnel des conseils généraux et régionaux et la décentralisation de la gestion des universités.
Le soutien de François Bayrou aux défenseurs des langues régionales n'est d'ailleurs pas nouveau : alors ministre de l'éducation, il avait pris la circulaire du 7 avril 1995 régissant l'enseignement des langues et cultures régionales en France qui appelait à généraliser la découverte de la langue et de la culture régionale dans chaque classe. A la tribune de l'Assemblée nationale, le dirigeant centriste avait défendu une conception des langues régionales à rebours de la tradition républicaine faisant de la langue française la pierre angulaire de l'identité nationale :
"Les langues régionales ont une tradition, une syntaxe, une longue histoire. Lorsqu'on n'évolue pas dans une communauté où ces langues sont parlées, lorsqu'on ne les pratique pas on a l'impression qu'il s'agit de survivances. Or, elles sont au contraire au coeur de notre identité".
Faut-il rappeler que le Conseil constitutionnel a donné un avis défavorable à la ratification de la Charte en soulignant que ce texte était en contradiction avec le principe de l'indivisbilité de la République française ? Quant à la longue tradition dont se gargarise le candidat de l'UDF pour légitimer la reconnaissance législative des langues régionales, elle se heurte à la décision -qui ne date pas d'hier (ordonnance de Villers-Cotterêts, 1539)- de faire du français la seule langue administrative de France.
François Bayrou se déclare partisan d'une VIème République mais sa défense des langues régionales renvoie plutôt au règne des Valois...
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Lire sur le site de campagne de François Bayrou :
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Le récit de sa visite dans le Finistère
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Les propositions de François Bayrou en faveur des langues régionales
Lire sur le site de l'Observatoire du Communautarisme :
- Un exposé de Françoise Morvan sur
Les ethnorégionalismes et la Charte des langues régionales et minoritaires