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Bientôt, une loi anti-homophobie ?

Les idéologues gays qui n'avaient pas pu obtenir du gouvernement de Lionel Jospin le vote d'une loi anti-homophobie ont désormais bon espoir d'obtenir gain de cause auprès du gouvernement de droite qui lui a succédé.



(droits réservés)
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Ils ont de bonnes raisons d'y croire depuis l'adoption par l'Assemblée nationale, le 21 janvier 2003, d'un amendement aggravant les peines encourues pour les actes homophobes. Cet amendement fut défendu personnellement par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, qui, sans pour autant avancer le moindre fait étayant son propos, déclara devant les députés : « L'homophobie est un véritable problème. Ce n'est pas un fantasme. Elle existe et, malheureusement, elle se développe ». En reprenant presque mot pour mot la rhétorique des associations gay, Nicolas Sarkozy a sans doute voulu leur indiquer que leurs réseaux et leurs affidés pouvaient désormais compter sur la droite pour leur donner satisfaction. Le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s'est d'ailleurs engagé quelques mois plus tard à faire voter dans les plus brefs délais une « loi anti-homophobie » en concertation avec les associations homosexuelles qui n'ont pourtant aucune légitimité démocratique et dont on sait qu'elles ont une conception extrêmement large de l'homophobie…

La revendication d'une loi « pénalisant les actes et les propos homophobes » apparaît aujourd'hui comme la nouvelle croisade des khmers roses, visiblement plus galvanisés que rassasiés par l'adoption du PACS. Dans la mesure où la droite et la gauche rivalisent de zèle pour satisfaire les revendications des militants gays, les conditions politiques sont réunies pour que cette loi soit prochainement votée.
C'est écrit. Les Français ne couperont pas à cette loi liberticide d'inspiration libertaire.

Mais qui doit donc se sentir visé par le doigt accusateur pointé par les petits flics zélés de l'idéologie homosexuelle ? Le sociologue Eric Fassin a tracé les contours de l'infamie : « Il est fort possible qu'en France la tolérance (envers les homosexuels) soit plus répandue (…). Cette attitude « éclairée » caractérise en particulier, par-delà les seules élites, des couches plus étendues qu'on pourrait caractériser sociologiquement (par des diplômes ou des revenus assez élevés) ou bien idéologiquement (progressistes de gauche et modernisateurs de droite). » Dès lors, où va donc se nicher l'homophobie ? Chez les petits employés qui sont aujourd'hui aussi maltraités et aussi peu payés que les ouvriers, chez les demeurés qui n'ont pas pu faire de brillantes études, chez les smicards ahuris qui n'ont toujours pas compris la différence entre le progressisme de gauche et le modernisme de droite qui se sont acharnés avec le même zèle à leur pourrir la vie depuis un quart de siècle. Ca ne vous rappelle rien ? Cette définition des secteurs réputés homophobes de la société correspond pourtant trait pour trait à celle de la France qui a dit non à Maastricht. La fameuse « France moisie » vomie par Philippe Sollers, encore. Si les homos se suicident, c'est la faute aux prolos ! Il fallait y penser… La revendication d'une loi anti-homophobie est donc une occasion supplémentaire de stigmatiser le peuple de France à qui, décidément, rien ne sera donc épargné.

L'écrivain Didier Eribon, qui apparaît comme l'un des principaux théoriciens du délit d'homophobie, a ainsi échafaudé une intéressante théorie pour mieux traquer les ennemis des homosexuels (voir notamment Papiers d'identité, un recueil de ses textes publié par Fayard). Selon lui, chaque homosexuel est directement concerné par cette œuvre de salubrité publique dans la mesure où « l'injure, réelle ou potentielle, est omniprésente dans sa vie ». Brillant inventeur de la notion d'« injure potentielle », Didier Eribon la définit ainsi : « des mots dont je peux redouter le choc, la violence, sans qu'ils aient besoin d'être prononcés puisque je sais qu'ils peuvent l'être et que leur menace est toujours présente. Ainsi, l'injure exerce ses effets même quand elle n'est pas proférée »! C'est l'intention qui compte… Minority Report !
Avec le concept d'« injure potentielle », l'homophobe, c'est… l'Autre ! L'hétérosexuel. Celui qui remarque qu'un homosexuel est homosexuel sans lui adresser pour autant ce regard fraternel et complice avec lequel, paraît-il, les gays se reconnaissent entre eux d'un simple coup d'œil.

La Terreur rose qu'annonce le vote d'une loi anti-homophobie ne frappera pas seulement les individus suspectés d'homophobie mais aussi les tièdes qui n'auront pas manifesté avec suffisamment d'enthousiasme leur homophilie. Ainsi, Didier Eribon, qui excelle dans la fonction d'accusateur public, dénonce publiquement le fait que des personnalités qu'il avait sollicitées aient refusé de signer une pétition concernant les droits des homosexuels : « Certains refus m'ont surpris, comme celui de la dessinatrice Claire Bretecher, ou, plus étonnant encore, celui du sociologue Robert Castel, qui fut autrefois un vrai progressiste ». Leur acte d'accusation est donc établi en fonction d'une curieuse logique du qui-n'est-pas-avec-nous-est-contre-nous et Didier Eribon conclut sur cet édifiant raccourci : « Cela permet de constater une fois encore à quel point le rapport à l'homosexualité est l'un des points sensibles où peut se juger la réalité de l'ouverture d'esprit et de l'engagement progressiste des intellectuels ». Voilà qui a le mérite d'être clair… Périssent les tièdes !
Quiconque ne se définit pas, sinon comme un adepte de la cause, du moins comme un fervent supporter de l'homosexualité se voit donc relégué dans la catégorie des intolérants, des obscurantistes et des ennemis de la modernité. Il fallait y penser !

Le gouvernement est bien inspiré d'avoir entrepris de relancer les « programmes immobiliers de la justice » dont Pierre Bédier est le secrétaire d'Etat. Il faut en effet prévoir de construire de nouvelles prisons car, au vu des listes de suspects qui sont dressées ici et là par les procureurs du mouvement gay, les futurs bagnards condamnés en vertu de la future loi anti-homophobie risquent d'être légion.

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Voir le dossier de l'Observatoire du communautarisme consacré au projet de loi pénalisant les propos homophobes ou sexistes

Dimanche 07 Septembre 2003
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Articles | Ouvrages | Entretiens | Références | Tribunes


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