|
Abonnement à la lettre d'information
Menu
Rubriques
Cap Vivre Ensemble | Recherches sur le nationalisme basque
GRIB (Groupe Information Bretagne) | Recherches sur le nationalisme breton
L'école en débat : le blog de Sophie Ernst
|
Articles
Les fonds islamiques à l'assaut de la bourseLes fonds islamiques, conformes aux principes de la Charia, se développent sur les marchés financiers, en particulier à New York.
« Markets fluctuate... Principles don't » (droits réservés)
Depuis le 11 septembre 2001, on considère souvent que le capitalisme financier et le monde islamique sont désormais irréconciliables dans la perspective du choc des civilisations. Le développement exponentiel des fonds islamiques apporte un sérieux démenti à cette idée reçue.
Les fonds islamiques ont été lancés à partir de 1999. Il s'agit de produits financiers reposant sur les règles de la Charia pour la construction des portefeuilles d'investissement. Cette contrainte a pour effet de circonscrire le champ d'investissement en excluant les secteurs d'activité qui ne sont pas conformes aux principes de la Charia : l’alcool, les jeux, le spectacle, l'armement, le tabac, la viande de porc, les services financiers traditionnels (qui reposent sur la perception de taux d'intérêt, prohibée par la Charia). En outre, les fonds islamiques n'investissent pas dans des sociétés dont l'endettemment représente plus d'un tiers des fonds propres ou dont l'actif est composé à plus de 45% de créances sur la clientèle dans la mesure où la Charia condamne la pratique des achats à crédit. La stricte application de ces critères est contrôlée par des comités religieux garantissant le respect de la Charia dans la politique d'investissement du fonds (Sharia boards). Ainsi, comme le relate le Financial Times(1), un investissement du Al Dar Islamic Fund dans le groupe de cosmétiques L'Oréal a été jugé non conforme par les religieux du Sharia Board dans la mesure où la loi islamique interdit aux femmes d'utiliser des produits de beauté devant des étrangers même si d'autres spécialistes de la Charia considèrent qu'un tel investissement n'est pas prohibé dès lors que les femmes se maquillent ou se parfument uniquement chez elles... Le marché des fonds islamiques est en pleine croissance. Rien que sur le marché new-yorkais, leur encours est estimé à environ 6 milliards de dollars mais les spécialistes de Wall Street considèrent que la finance islamique constitue un marché potentiel de 300 milliards de dollars. Cet eldorado explique sans doute pourquoi les grandes places financières internationales ont créé des indices de référence (benchmark dans le jargon professionnel) pour favoriser la comparaison des performances des différents fonds islamiques : le Dow Jones Islamic Market Index à New York ou le FTSE Global Islamic Index à Londres, par exemple. Comme quoi, les fondamentalistes musulmans et les traders à bretelles n'ont pas eu de mal à se réconcilier sur l'oreiller du grand lupanar de la mondialisation financière et des intérêts bien compris... Bientôt ici? Non, déjà là car les banques françaises ne sont pas en reste sur ce créneau. La Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Agricole Indosuez, le Crédit Lyonnais, Dexia et d'autres encore sont déjà présentes sur le marché des fonds islamiques. Ayant parfaitement compris que le capitalisme ne s'embarrasse guère de considérations morales, mais que leurs clients, en revanche, peuvent suivre des convictions éthiques ou religieuses, dans leurs actes de consommation, les banques ont réglé ce dilemme en créant des gammes dites éthiques. Des fonds "environnementaux" pour les écolos ou les anciens du Larzac qui se sont enrichis après s'être coupés les cheveux, des fonds "sociétaux" respectant la défense des minorités ethniques ou sexuelles dans les politiques de recrutement pour les adeptes -les plus aisés- du politiquement correct, des fonds "éthiques" pour les mamies catholiques qui refusent que leur pécule finance les guerres et les entreprises qui font travailler les enfants... Tout est possible et l'imagination des financiers n'a pour seules limites que les attentes des investisseurs. L'argent n'a pas d'odeur mais il est de plus en plus important de faire croire qu'il a des principes. Comme le dit le slogan marketing du Dow Jones Islamic Fund (voir la photo) : "Markets fluctuate... Principles don't". ------------------ (1) "Investors unsure about sharia", Charles Batchelor, Financial Times, 12 mai 2004. Sur le même sujet : - La présentation de l'Islamic Market Index de Wall Street. www.djindexes.com/jsp/islamicMarketOverView.jsp - La présententation du FTSE Global Islamic Index de la City. webserver2.ftse.com/pages/global-islamic.html - La liste des fonds islamiques cotés. www.failaka.com/Library/Articles/Islamic%20Funds%204-2003.PDF Samedi 01 Mai 2004
Lu 12395 fois
Articles | Ouvrages | Entretiens | Références | Tribunes |
Dans ce dossier
|
|
Observatoire du communautarisme - Depuis juillet 2003 - Nous écrire : 66 rue de l'arbre sec 75001 Paris et courriel : contact@communautarisme.net
|
||

Présentation de l'observatoire
Express





