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Discrimination positive : cas pratiquesAux Etats-Unis, la discrimination positive s'applique de façon très concrète dans les offres d'emploi ou les procédures d'entrée à l'université. Un dispositif qui pose de nombreuses questions.
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Aux Etats-Unis, on le sait, la discrimination positive est une réalité. Là-bas, au-delà des débats qui peuvent opposer les défenseurs et les adversaires de l'affirmative action, elle marque concrètement de son empreinte les procédures de sélection de candidats à des places à l'université ou des emplois.
On repère généralement l'application du principe de la discrimination positive à une simple mention insérée dans les dossiers de candidature ou les offres d'emploi. On peut ainsi lire dans la description du profil requis des phrases comme "Les femmes et les candidats de couleur sont encouragés à postuler" (women and candidates of color are encouraged to apply) ou "les minorities sont encouragées à postuler" (minorities are encouraged to apply). Une autre variante est celle qui dit que "les candidats appartenant à des minorités sous-représentées sont encouragés à postuler" (underrepresented minority candidates are encouraged to apply) tandis qu'une autre se fait plus insistante : "minorités fortement encouragées à postuler" (minorities strongly encouraged to apply). Parfois, plus sobrement, l'employeur précise uniquement qu'il respecte "l'égalité d'accès à l'emploi" (we are an Equal Opportunity Employer). Cela signifie qu'il applique, comme la plupart des grandes entreprises américaines -Disney ou Coca-Cola, pour ne citer que les plus emblématiques- les principes d'affirmative action définis par l'EEOC (The U.S. Equal Employment Opportunity Commission). Cette commission fédérale fut créée en 1965 dans le but de favoriser l'application concrète des droits civils reconnus aux Noirs un an auparavant (Civil Rights Act). Aujourd'hui, elle est chargée de mesurer les discriminations dans l'accès à l'emploi et de faire appliquer l'affirmative action. Ces différentes mentions montrent combien la notion de discrimination positive est ambiguë. En effet, on peut s'interroger sur la définition juridique de catégories telles que "candidats de couleur" ou "minorité sous-représentées". Sous-représentées où ? Par rapport à quoi ? A Washington, par exemple, où les Noirs représentent plus des deux tiers de la population, va-t-on jusqu'à considérer que ce sont les Blancs qui constituent une "minorité sous-représentée" ? Dans les professions culturelles où les homosexuels sont généralement très bien représentés, ces mentions insérées dans les offres d'emploi peuvent-elles aussi s'adresser aux candidats hétérosexuels ? A partir de quel pourcentage d'homogénéité ethnique un métis sera-t-il encore vu comme un candidat de couleur ? En répondant à une offre précisant que "les candidats de couleur sont fortement encouragés à postuler", un blanc a-t-il une chance de voir sa candidature examinée ? Pour une annonce invitant explicitement les femmes et les candidats issus des minorités à faire acte de candidature, les employeurs préfèreront-ils une femme ou un noir ? Voire une femme noire... ou, mieux, une femme noire homosexuelle ? Vue de près, la discrimination positive soulève beaucoup plus de questions qu'elle n'apporte de réponse. -------------- Voir aussi : - la description (en anglais) de l'Equal Opportunity Employer sur le site d'un employeur américain - le site de l'EEOC:www.eeoc.gov Voir aussi le dossier de l'Observatoire du communautarisme consacré au débat sur la discrimination positive Dimanche 6 Juin 2004
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