Au sujet de la dernière profanation en date d’un cimetière juif, on est fondé à s’interroger sur la réaction devenue coutumière des politiques et des journalistes devant pareils actes. Une idée devrait les inspirer pourtant avant que de se presser inconsidérément devant micros et caméras : un acte n’a pas toujours de valeur en soi.
C’est la qualité de ses auteurs et de leurs motivations qui lui donnent souvent sa signification, surtout dans l’ordre symbolique. Un exemple : Un clochard insulte un policier dans la rue ; un policier, le symbole de l’Etat par excellence. N’importe quel citoyen se verrait pour ce fait immédiatement interpellé et sanctionné durement. Devant cet indigent, pourtant, la réaction du gardien de la paix est celle de l’indulgence. Au mieux un petit sermon, au pire une nuit au poste. Pourquoi ? Parce que le policier de base, dans sa grande sagesse, fait la différence entre une parole ou un acte motivés, et une parole ou un acte inconséquents. L’homme politique ou le journaliste ne le peuvent-ils pas ?
Car que sait-on au juste des profanateurs de sépultures ? Dans les cas où ils ont pu être identifiés, il s’agissait non d’affreux antisémites ou antimusulmans puissamment organisés et fortement idéologisés, mais de parfaits imbéciles désireux de se faire valoir. Et le plus cocasse est qu’ils avouent souvent avoir décidé de leur méfait en découvrant le traitement spectaculaire par les médias d’une précédente profanation.
Un mea culpa en vue pour nos informateurs et moralisateurs patentés ?
Voir aussi sur le site de l'Observatoire du Communautarisme :
La faillite de la République des victimes