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Entretiens
Extraits de l'entretien du journal « Tant pis pour vous » avec Jérôme Martin, pdt d'Act-Up ParisLe journal « Tant pis pour vous » a interviewé Jérôme Martin, président d'Act-Up Paris. Nous reproduisons ici des extraits de cet entretien.
Tant pis pour vous, n°2 (droits réservés)
Le site Internet de Tant pis pour vous
Présentation de l'entretien par l'équipe de Tant pis pour vous : De par la structure sociologique et culturelle de son équipe, la rédaction de Tant pis pour vous se targue d'être, en soi, une preuve supplémentaire que le communautarisme, non seulement ne règne pas encore totalement, mais surtout qu'il n'est pas l'aboutissement naturel d'un processus de décomposition observable dans la vie...comme dans les médias ! En fait, surtout dans les médias. Vivant les uns et les autres dans des quartiers populaires ou non, il ne nous a pas semblé que la haine de l'autre règnait au point qu'on nous dit médiatiquement... Il nous a donc semblé évident d'aller, de numéro en numéro, à la rencontre d'un représentant communautaire. Représentant de préférence controversé, virulent, contesté même éventuellement au sein de sa propre communauté. D'abord pour éviter et à nos lecteurs et à nous-même le discours tout prêt du représentant officiel, rompu à la joute médiatique et semé de formules fédératrices et convenues. Notre ambition : vérifier que le dialogue est toujours possible. Notre véritable ambition : restaurer le désaccord dans l'estime. Le numéro 3 de Tant pis pour vous, est sorti en kiosques le 25 août 2004. La rédaction de Tant pis pour vous : contact@tantpispourvous.com ----------------------- Reproduit avec l'autorisation du journal / Entretien réalisé par Karim Boukercha et Grégory Protche Jérôme Martin, président d'Act-Up s'étant opposé à la publication in extenso de l'entretien sur notre site www.communautarisme.net, nous n'en reproduisons que quelques courts extraits, comme la loi nous y autorise Au lendemain du Sidaction, au sortir d'une crise financière sans précédent, à la veille de la Gay Pride, à l'heure où les tri-thérapies lui font perdre plus des deux tiers de ses adhérents, et au moment où le “Bare-Backing” (refus de la capote) vient brouiller l'image plutôt favorable de la communauté gay, il nous a semblé utile d'aller à la rencontre de l'association ACT-UP… Jérôme Martin, enseignant, président d'Act-Up Paris depuis octobre 2003. Entré à Act-Up en 1998. Grégory : Dès le départ, il y a eu cette dimension morbide dans votre imagerie ? Jérôme Martin : Il s'agissait de représenter visuellement l'hécatombe. C'est symbolique, comme jeter du faux sang sur une façade… G : Et si les gens attaqués se défendent ? On s'allonge, se protège et crie “Vous frappez un malade du Sida !” G : Ces actes vous ont déjà valu des poursuites ? Oui. Si, sur la forme, on peut avoir tort, sur le fond, on a pratiquement toujours raison. Et puis, un procès nous permet de nous expliquer. En septembre 2003, on fait une action contre le laboratoire Pfizer. Ils ont porté plainte. Le soir même, on communique, “Pfizer porte plainte contre une association de malades” 12 heures plus tard, Pfizer retirait sa plainte. (...) K : Vous cassez chez “20 Ans” ou chez l'éditeur de Soral et Remès. Pourquoi pas une action en banlieue ? Une confrontation directe avec eux n'est pas intéressante…ça deviendrait “les PD blancs contre les méchants bougnoules de banlieue”. Le truc, ce serait de relayer des leaders communautaires…pour que ce ne soit pas les blancs, Paris portant la bonne parole. (...) G : Qu'est-ce qui vous donne votre légitimité ? Notre statut de séropositifs. Et le travail. Toutes les discussions se font du point de vue du malade. On n'aborde pas, dans nos publications et revendications, le point de vue du scientifique ou du travailleur social. Le fait même de parler à la première personne, c'est déjà de la politique. G : l'homosexualité avouée de Delanoë, pour vous, c'est un argument politique fort ? Sauf quand il met le frein sur le mariage homo. C'est bizarre qu'il ne vienne pas aux manifs contre l'homophobie. Je pense que c'est parce que c'est Act Up. On va l'attaquer, car ce qu'il fait est insuffisant. (...) G : Concernant l'origine américaine du mouvement. Là-bas, qu'on soit noir, juif, pd, etc, c'est un élément qui apparaît dans la définition de quelqu'un. Français, je ne me définis que par mon nom. Ce n'est pas la même chose : Français, ce n'est pas une catégorie opprimée. Montrer qu'on peut occuper une place importante en étant pd, c'est très important. Pour banaliser. G : Médiatiquement, c'est un sujet super traité. Il y a plein d'émissions où un homo parle, sans que l'homosexualité ne soit le thème. Alors que les Arabes, les noirs, ne viennent que pour parler du racisme ? Je suis d'accord. Mais on ne va pas établir une rivalité. La parole à la première personne pour les minorités, on travaille dessus. On parle par rapport à ce qui est fait. Le PACS ? C'est une vraie merde. Ça précarise les couples. Le mariage offre des compensations fiscales. G : Pourquoi les autres mouvements n'assument pas, comme toi, l'aspect matériel, qui est fondamental ? La LGBT (Lesbian Gay Bi et Trans), qui s'occupe de la Gay Pride, par rapport à nous, c'est SOS Racisme par rapport au MIB (Mouvement pour l'Immigration et les Banlieues) ! (rires). C'est un satellite du Parti Socialiste. (...) L'entretien in extenso sera bientôt en ligne sur le site de Tant pis pour vous, mais la meilleure solution reste de l'acheter en kiosques ! Dimanche 29 Août 2004
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