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Homophobie : l'entêtement de Têtu

Un sondage Ipsos/Têtu s'efforce d'accréditer la thèse d'une société française homophobe. Pourquoi?



Le magazine gay Têtu (droits réservés)
Le magazine gay Têtu (droits réservés)
Le magazine Têtu -financé (à perte) par l'homme d'affaires Pierre Bergé et la publicité des marques de cosmétiques- ne supporte pas l'idée que l'homosexualité soit de mieux en mieux acceptée par la société française.

Aussi a-t-il commandé à l'institut Ipsos un sondage sur le thème "Les Français face à l'homophobie" dont les résultats ont été publiés dans le numéro de mars de Têtu. Plutôt que de mettre en avant le fait que la très grande majorité des personnes interrogées déclarent rejeter l'homophobie (70% jugent la manifestation de ce sentiment aussi grave que le racisme ou l'antisémitisme, 80% considèrent normal de réprimer l'homophobie au même titre que le racisme ou l'antisémitisme), le résultat du sondage insiste en priorité sur les réponses résiduelles permettant au client d'Ipsos de développer sa thèse d'une société française hostile aux homosexuels.

Ainsi, dans un article intitulé "Des réflexes homophobes chez 7 français sur 10", le directeur d'étude d'Ipsos Opinion rendant compte de l'enquête, Etienne Mercier, dresse malgré tout un tableau contrasté du rapport de la société française qui a dû "rassurer" son commanditaire :
"Si les Français se montrent donc majoritairement hostiles aux actes et aux paroles homophobes et sollicitent une répression des insultes et des injures lancées à l'encontre des homosexuels, il n'en reste pas moins vrai qu'une majorité d'entre eux perçoit toutefois les homosexuels, d'une façon ou d'une autre, comme des personnes " différentes " et qui plus est, ne semblent pas vraiment prêts à s'investir " personnellement " dans le combat pour le droit à l'indifférence."

Curieux... On croyait pourtant avoir entendu de nombreux porte-drapeaux du mouvement gay, et Têtu le premier, mettre en avant l'idée qu'il fallait reconnaître et accepter la "différence" des personnes homosexuelles. Eh bien, non, il ne fallait pas gober ce discours sur la différence! C'est un signe d'homophobie latente.

Il est assez instructif de se pencher sur les questions qui ont été posées aux 1002 personnes du panel constitué par Ipsos.

Par exemple, Ipsos déplore 31% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à la "proposition homophobe" (sic) selon laquelle "Les homosexuels ont une sexualité anormale". Sont-ils tellement plus bêtes que les 62% qui se disent en désaccord avec cette proposition. C'est quoi une "sexualité normale"? La question ne le dit pas...

De même, 20% déclarent souscrire (contre 76% en désaccord) à la proposition selon laquelle "Les homosexuels ne sont pas vraiment des gens comme les autres". Et alors? Ca veut dire quoi "être vraiment des gens comme les autres"? Qui aimerait être traité de "gens vraiment comme les autres"?

Enfin, Ipsos s'inquiète vivement du fait que 7% des personnes interrogées se soient déclarées favorables à la proposition nébuleuse énonçant que "Les violences contre les homosexuels sont parfois compréhensibles". Outre le fait que la question n'est pas d'une précision scientifique, on peut néanmoins faire remarquer à Ipsos et à Têtu que cela signifie que 93% des Français considèrent que les violences contre les homosexuels sont incompréhensibles. On observera aussi que la minorité répondant par l'affirmative représente un pourcentage très faible qui est par exemple deux fois inférieur au poids de l'extrême-droite dans le pays. N'en déplaise à Têtu, c'est plutôt rassurant.

Pour mieux comprendre l'objet du sondage, on méditera sur cette réflexion d'Ipsos qui constate que "43% des Français font aujourd'hui confiance au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin pour lutter efficacement contre l'homophobie", idée qui rassemble 70% des sympathisants de droite et seulement 31% des sympathisants de gauche. Les Français ne font pas confiance à Raffarin (sur l'homophobie, comme sur d'autres sujets)... Scoop! Les sympathisants de gauche ne lui font pas du tout confiance... Rescoop! Merci Ipsos.

En conclusion, il faut retenir deux choses de cette farce :

1) Le mouvement gay dont Têtu est un instrument a besoin de l'homophobie de la société française pour s'affirmer et occuper la scène médiatique. Sans homophobie, pas de lutte contre l'homophobie et plus d'invitations à la télé et à la radio. Le drame... Il faut que les Français soient homophobes, d'une façon ou d'une autre. C'est vital pour les progrès de la cause. Et si des chiffres démontrent l'inverse, alors il suffit d'en fabriquer d'autres!

2) Un institut de sondages est décidément une entreprise comme une autre.

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Le résultat du sondage Ipsos/Têtu ainsi que les tableaux détaillés sont consultables sur le site d'Ipsos : www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles/1310.asp

On peut aussi se reporter :
- au débat organisé par VSD sur le thème "La France est-elle homophobe?" : voir le site de VSD
- au livre Les Khmers roses

Voir le dossier de l'Observatoire du communautarisme consacré au projet de loi pénalisant les propos homophobes ou sexistes

Samedi 27 Mars 2004
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