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Journée de commémoration de l'esclavage : pour le choix du 4 février

Pour en finir avec la controverse sur la date de commémoration de l'esclavage, l'Observatoire du Communautarisme propose d'instituer une Journée du souvenir le 4 février. Une date qui symbolise l'abolition de l'esclavage par la République française, en l'an II.



Jean-Baptiste Belley, par Girodet
Jean-Baptiste Belley, par Girodet
Alors que la France s'apprête à instituer une journée de commémoration de l'esclavage, le choix de la date donne lieu à des polémiques.

D'un côté, le Comité pour la mémoire de l'esclavage propose le 10 mai, date du vote en 2001 de loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité. De l'autre, un collectif d'associations de Noirs exige que soit retenue la date du 23 mai, en souvenir de la manifestation du souvenir qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris en 1998.

A vrai dire, ni l'une ni l'autre de ces dates ne s'imposent. Dans les deux cas, il s'agit d'événements tirés d'une actualité récente dont la date n'a guère retenu l'attention des citoyens. Les retenir pour une Journée officielle équivaudrait en fait à commémorer une commémoration.

L'Observatoire du Communautarisme, qui a suivi de près les débats des dernières années autour de l'esclavage, en particulier la controverse née de la loi du 23 février 2005 qui reconnaît « le rôle positif de la présence française outre-mer », propose une solution à ce dilemme.

Il s'agit de choisir plutôt la date du 4 février. Ce jour-là, en 1794, l'esclavage a été aboli dans les colonies françaises par la Convention. Un vote solennel des conventionnels qui, la veille, avaient accueilli au sein de leur assemblée trois représentants de Saint-Domingue : Louis Pierre Dufay, Jean-Baptiste Belley et Jean-Baptiste Mills (un blanc, un noir et un mulâtre). Par ce décret, les hommes de l'an II parachevaient la lutte pour l'égalité et la reconnaissance des droits de l'homme entamée par les encyclopédistes et menée avec ardeur par la Société des Amis des Noirs à partir de 1788.

Quel meilleur symbole que la date du 4 février pour commémorer à la fois l'esclavage et le rôle majeur qu'a joué dans son abolition la République française, qui a supprimé cette infamie à chaque fois qu'elle a triomphé, en 1794 comme en 1848 ?

En choisissant le 4 février, la France assumerait son histoire sans faire le lit du communautarisme ni verser dans le masochisme national, conformément à la volonté exprimée récemment par le président de la République.


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Ressources documentaires :
- Comité pour la mémoire de l'esclavage
- Loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité
- Comité du 23 mai 1998
- Séance du 16 pluviôse an II de la Convention nationale, aboutissant au vote du décret "qui abolit l'esclavage des Nègres dans les colonies" : cliquer ici
- Déclarations de Jacques Chirac sur une Journée de commémoration de l'esclavage

Mardi 24 Janvier 2006
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