Observatoire indépendant d'information et de réflexion sur le communautarisme, la laïcité, les discriminations et le racisme


Brèves

Jours fériés religieux : l'innovation réactionnaire du rapport Stasi

Chargée de réfléchir sur la laïcité, la commission Stasi n'a rien trouvé de mieux que de proposer l'instauration de nouvelles fêtes religieuses.



Bernard Stasi et Jacques Chirac (droits réservés)
Bernard Stasi et Jacques Chirac (droits réservés)
C'est peu dire que l'on aura attendu avec impatience le fameux rapport des sages de la commission Stasi sur la laïcité.

Parmi les propositions contenues dans son rapport final, il y en a une qui a provoqué bien des débats : l'institution de jours fériés à l'école pour marquer la célébration de la fête juive de Yom Kippour et celle de la commémoration musulmane de l'Aïd-El-Kebir.

Pourtant, personne n'a souligné la singularité de cette recommandation inattendue. Car, si elle était appliquée, ce serait la première fois dans l'histoire de la République française que l'Etat instituerait des fêtes à caractère religieux. En effet, jusqu'à présent, les jours fériés qui, pour la plupart, trouvent leur origine dans des célébrations catholiques (Pâques, Noël, l'Assomption, l'Ascension et même, plus simplement, le dimanche) étaient des héritages de l'Ancien Régime d'autant plus acceptés par l'ensemble du corps social qu'il n'y avait alors ni congés payés ni trente-cinq heures.

Là, il s'agirait de faire voter par le Parlement de la République la création de commémorations religieuses. De la part d'une commission mandatée pour proposer des mesures en faveur de la laïcité, la proposition est pour le moins iconoclaste...

Quant on pense que la commission Stasi accueillait des laïcs aussi éminents que Régis Debray ou Henri Pena-Ruiz, on se pince en apprenant qu'ils ont approuvé unanimement cette idée !

Mardi 30 Décembre 2003
Lu 14144 fois


Express | Humour | Brèves | Bientôt ici ? | Portraits | Bons points | Contradictions | ''Moi aussi, je l'ai lu...''