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L'homophobie made in France

Créée en 1994, l’association SOS Homophobie se présente comme un «observatoire de l’homophobie en France» et publie chaque année un rapport dont la presse relaie généreusement les conclusions.



(droits réservés)
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SOS Homophobie est soutenue financièrement par une ribambelle de bailleurs de fonds de la "communauté gay" (Pierre Bergé, le Centre Gay et Lesbien, Act-Up...) et, depuis peu, par la mairie de Paris.

A la lecture du rapport 2003 de l'association, qui use et abuse de collages d'articles de presse pour illustrer son propos, on découvre ainsi que l'homophobie n'est pas aussi taboue que SOS Homophobie le prétend puisqu’elle fait, au même titre que d’autres faits de société, l’objet d’un traitement journalistique régulier, y compris dans la presse régionale. Informée par des délateurs zélés qui lui font suivre des courriers électroniques outranciers provenant notamment de sites internet d’extrême-droite, SOS Homophobie n’hésite pas à reproduire ces textes dans son rapport, visiblement ravie de démontrer à ses lecteurs que les extrémistes sont des extrémistes. On pourrait pourtant utiliser le même procédé malhonnête en utilisant les messages hétérophobes qui pullulent sur les sites gay…

Mais il faut bien ça à SOS Homophobie pour justifier ses commentaires alarmistes sur l'homophobie de la société française car ses éléments chiffrés ne sont guère probants.

Si l'on en croit la presse, le principal intérêt de cette association réside dans sa Ligne Azur permettant de recevoir les appels des victimes de l’homophobie ordinaire, de les écouter et de les orienter vers des juristes susceptibles de faire rendre gorge à leurs tortionnaires. Il est dommage que les journalistes qui vantent chaque année le courage des justiciers de SOS Homophobie n’aient pas poussé la lecture de ce fameux rapport jusqu’à la page détaillant les appels reçus. Ils y auraient lu en effet que, malgré la promotion dont elle fait l’objet, l’association reçoit moins de quatre-cents appels par an sur sa Ligne Azur, sans qu’il soit d’ailleurs possible de savoir combien de plaignants ont appelé à plusieurs reprises. A peine un appel par jour ! Ce maigre échantillon ne permet pas à SOS Homophobie d’établir des statistiques sérieuses, et encore moins de porter des jugements sur la société française.

Emportée dans son élan militant, l’association voit pourtant l’homophobie partout et son dernier rapport va jusqu’à dénoncer le fait qu’un centre de transfusion sanguine ait écrit dans une notice à destination des donneurs de sang que l’homosexualité était contre-indiquée pour les candidats au don. Homophobie ou sage application du principe de précaution?

On apprend aussi à la lecture de son rapport que SOS Homophobie intervient régulièrement auprès d’établissements scolaires pour exposer sa vision paranoïaque de la société française devant des élèves qu’elle considère mal informés par des programmes scolaires "homophobes" (absence de référence à l'homosexualité dans les cours de sciences de la vie, omission de la question de la pédérastie dans l'étude des philosophes grecs, commentaires relatifs à la "relation destructrice" de Verlaine et Rimbaud...). Comme le dit l'association : "pour déconstruire les préjugés, il est essentiel que les professeurs et tous les personnels en contact avec les jeunes puissent disposer d'une information et d'une formation adéquate"... C'est dans ce but que SOS Homophobie qui, rappelons-le, est composée de militants dont l'expertise n'a fait l'objet d'aucune validation, a mis au point un module d'intervention scolaire qu'elle présente déjà dans certains établissements scolaires.

C'est un point commun à tous les mouvements communautaires d'essayer d'agir en priorité chez les plus jeunes. Ils ont aussi en commun de compter sur la lâcheté des pouvoirs publics pour y parvenir.

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Le site Internet de SOS Homophobie (www.sos-homophobie.org)
Le rapport 2003 de SOS Homophobie en téléchargement en format PDF :
www.france.qrd.org/assocs/sos/ra2003.pdf

Samedi 09 Août 2003
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