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L'Allemagne et les mouvements identitaires en France, des années 20 à la Deuxième Guerre mondiale. Un aperçupar Lionel Boissou, article paru dans les Cahiers pour l'analyse concrète, n°53, 2004Dans cet article érudit, Lionel Boissou rappelle le rôle déterminant de l'Allemagne dans la promotion des régionalismes ethniques anti-républicains dans la période de l'entre-deux guerres. Une politique que certains lobbies ethnicistes allemands poursuivent aujourd'hui dans le cadre d'organisations européennes.
Cet article a été reproduit avec l'autorisation de l'auteur et de la revue Cahiers pour l'analyse concrète
L'Allemagne et les mouvements identitaires en France, des années 20 à la Deuxième Guerre mondiale. Un aperçu, par Lionel Boissou, article paru dans les Cahiers pour l'analyse concrète, n°53, 2004 Lire l'article en format PDF Introduction : Après la défaite allemande de 1918 s'évanouit l'espoir pour L'Allemagne de dominer l'Europe continentale. Domination politique et économique, mais pas seulement. De puissants lobbys comme les chevaliers d'industrie d'Outre-Rhin, le Grand État major allemand ou l'« Alldeutscher Verband », (la « Ligue Pangermaniste ») nourrissaient également pour le Reich, en cas de victoire allemande, de nouvelles ambitions territoriales. C'est ainsi que circulaient dès avant-guerre et durant celle-ci divers plans prévoyant que le Reich allemand amputerait la France de nouveaux lambeaux de son territoire mais le sort des armes en décida autrement : la défaite paraissant inéluctable, le Grand État-Major allemand demanda l'armistice qui devait non seulement sceller la défaite militaire du IIe Reich mais aussi entraîner des conséquences que l'Allemagne n'était pas préparée à affronter : troubles sur le territoire allemand dus à la révolution qui venait d'éclater avec constitution de conseils d'ouvriers et de soldats ainsi que leur corollaire immédiat : la proclamation, pour la première fois sur le sol allemand, de la République en novembre 1918. Peu de temps auparavant, l'omnipotent Grand État-Major allemand avait contraint l'Empereur Guillaume II à abdiquer et à s'exiler en Hollande. Mais surtout, le Traité de paix de Versailles sera lourd de conséquences pour l'Allemagne avec des pertes importantes de territoires. Nous ne mentionnerons que pour mémoire les territoires que l'Allemagne dut céder ou rétrocéder à l'ouest de ses frontières : les Cantons d'Eupen-Malmédy à la Belgique et surtout l'Alsace-Lorraine qui faisait ainsi retour à la France. Dès lors, au cours des décennies qui vont suivre, la nostalgie des territoires perdus va s'exacerber pour finalement déboucher, sur le plan politique, sur une agitation quasi-permanente ainsi que, à terme, sur des revendications territoriales. De nombreuses organisations en principe privées ou semi-officielles vont rapidement se mettre en place ou être simplement réactivées pour, officiellement, perpétuer et entretenir les liens « culturels » existants entre l'Allemagne et les territoires perdus par elle, aussi bien d'ailleurs à l'Est qu'à l'Ouest de ses nouvelles frontières. C'est précisément à ces organisations ou, plus exactement aux principales d'entre elles que nous allons nous intéresser. Après avoir brièvement présenté leur programme, nous essaierons de montrer ce que fut leur action et leur influence sur les mouvements identitaires de France dans l'entre-deux guerres, puis de 1939 à 1945. -------------------------- Dimanche 03 Juillet 2005
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