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Discours et positions
Laurent Fabius choisit de lancer sa pré-campagne présidentielle contre Nicolas Sarkozy : « la pseudo solution communautariste n'a jamais été la mienne et elle ne le sera jamais »Extraits du discours de Laurent Fabius, Créteil, 12 mars 2006Lors de son discours de Créteil, le 12 mars 2006, le candidat à la candidature socialiste à l'élection présidentielle a critiqué le modèle défendu par le président de l'UMP, Nicolas Sarkoy, et mis au centre de son projet présidentiel la laïcité et le "vivre-ensemble". Laurent Fabius a par ailleurs annoncé son refus de modifier la loi de 1905.
Laurent Fabius (droits réservés)
« Pour une République laïque
Chers amis, Les défis de la promotion sociale et de l'intégration nationale sont lourds, parfois gigantesques, mais ils sont décisifs, puisqu'il s'agit du contenu de l'égalité, des droits et des devoirs au sein de notre République, bref de rebâtir notre « vivre ensemble ». Face à ces défis, certains professent le repli communautariste : organiser la société en une juxtaposition de groupes définis par leurs origines géographiques ou ethniques, leurs croyances philosophiques ou religieuses. Une variante civile de ce qu'est le libéralisme en matière économique : ici les riches, ailleurs les pauvres ; ici les hommes, ailleurs les femmes ; ici les blancs, ailleurs les autres. Fasciné par le modèle américain, le chef de l'UMP est le fer de lance de cette conception. Cette pseudo solution communautariste n'a jamais été la mienne et elle ne le sera jamais. Elle empêche l'épanouissement des jeunes, l'émancipation des femmes, reléguées au rôle d'éternelles mineures, éternelles soumises, éternelles victimes, alors que c'est par elles que passe une intégration réussie. Elle prétend faire coexister des différences, mais elle porte en réalité des conflits en germe : mes intérêts contre les tiens, mon territoire contre le tien, mes croyances contre les tiennes et ma mémoire contre la tienne. Elle fait le lit des intégrismes. Au contraire, il faut que chacun, avec ses spécificités, se sente à l'aise dans la République et puisse pleinement y réussir. Beaucoup de progrès restent à accomplir pour que la République retrouve tous ses enfants et offre la même perspective de fraternité à tous. Alors, prenons les dispositions concrètes pour le faire (logement, emploi, école, loisirs). Pour ma part, je n'accepterai jamais de parler du creuset républicain au passé, de considérer nos valeurs comme de la ringardise. Respectons les différences de cultures, de croyances et de foi, agissons pour que chaque culte puisse être pratiqué à égalité de droits, mais cantonnons-les dans la sphère des choix individuels et des pratiques privées. C'est pourquoi, dès le Congrès de Dijon, je m'étais exprimé en faveur de l'interdiction des signes religieux à l'école. Certains dirigeants s'étaient alors montrés hésitants, voire hostiles. Cela ne m'a pas détourné de ma route et, aujourd'hui, je le redis avec clarté : le candidat de droite sera celui des communautarismes, le nôtre doit être celui de la citoyenneté. Par une politique d'égalités en actes, nous ferons en sorte que chacun se reconnaisse dans la République et y trouve vraiment sa place. La loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat ne sera pas modifiée. Nous refuserons tout fichage ethnique de la population. Je défendrai et je promeuvrai, parce qu'elle est la clef du « vivre ensemble », la laïcité. » Source : www.laurent-fabius.net Lundi 13 Mars 2006
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