Partagée entre un radicalisme chic et médiatique chère aux nouvelles "chiennes de garde" et à l'association Ni Putes ni soumises et un penchant pour le différentialisme culturel, le mouvement féministe a-t-il un avenir ?
Pour la seconde fois, une magistrate espagnole soulève la question de l'inconstitutionnalité des récentes dispositions punissant plus sévèrement les auteurs masculins de violences conjugales.
Selon l'étude réalisée par l'institut BVA pour L'Express, hommes et femmes se déclarent à peu près également victimes de cette guerre conjugale, qu'on doit hésiter à qualifier de «violence», fléau trop grave pour être abandonné aux mots. Il faut s'en tenir aux faits : c'est le sens du combat mené sur ce sujet par la philosophe Elisabeth Badinter, dont L'Express publie le discours prononcé lors d'une conférence-débat organisée, le 16 juin, à Lyon, par Amnesty International.
Pour Catherine Kintzler, les droits des femmes doivent être promus et défendus parce que ce sont les droits de tout homme et l'état du droit dont jouissent les femmes donne aujourd'hui la mesure du droit dont jouit l'homme en général : c'est pourquoi le féminisme ne se confond pas avec un essentialisme, avec un culte de la discrimination, même positive.
Dans son dernier livre, Alain Soral montre notamment comment des associations féministes comme Ni Putes Ni Soumises revisitent la crise des banlieues sous l'angle réducteur de la guerre des sexes.
Des intellectuelles féministes veulent censurer un documentaire prévu sur Arte lors de la soirée thématique "Où sont passées les féministes ?". Une preuve de plus du "meilleur des mondes" que certains voudraient nous imposer...
Dans Le Figaro du 14 août 2003, Roselyne Bachelot se vante que son cabinet ministériel soit l'un des plus féminisés du gouvernement.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cet environnement plus féminin n'a pas rendu le ministère de l'environnement plus efficace.
Théoricienne du premier féminisme, la philosophe Élisabeth Badinter s'était déjà, courageusement, élevée contre la loi sur la parité. Celle-ci s'était in fine traduite dans la Constitution par l'inscription d'une différence de nature et d'intérêts entre les hommes et les femmes, pour la bonne cause certes, mais avec de bien mauvais moyens. Elle enchérit aujourd'hui avec Fausse route (éd. Odile-Jacob).