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Le naufrage à quai du marché gayLe marché gay tant vanté par les publicitaires prend des allures de mirage
Thomas du Loft 2 à l'inauguration de la boutique gay du Virgin Megastore (droits réservés)
Que reste-t-il au Salon de l'Agriculture si on lui retire sa foule enthousiaste et les animaux de la ferme ? Un hangar désert fait de longs couloirs et de stands déprimants.
C'est à peu près le triste spectacle qu'offrait le salon Rainbow Attitude (www.rainbowattitude.com). Car le « 1er salon gay et gay friendly » qui prétendait attirer la « clientèle homosexuelle » n'a pas fait recette… A l'exception du distributeur de préservatifs gratuits du SNEG (Syndicat national des entreprises gaies) (www.sneg.org), on ne se bousculait guère Porte Versailles le week-end des 18 et 19 octobre. Cet échec n'est d'ailleurs pas la première désillusion du fameux « marketing gay ». Déjà, au mois d'août 2003, le portail internet gay.com (http://fr.gay.com) mettait la clé sous la porte faute de pouvoir être rentable. La maison-mère de gay.com, basée à San Francisco a en effet décidé de licencier l'équipe éditoriale du site pour ne conserver qu'un service de drague et un forum de discussion. Et récemment, la boutique gay du Virgin Megastore du Carrousel du Louvre -inaugurée bruyamment en octobre 2002- a dû retirer de ses rayons la partie disques du fait du manque d'intérêt de ses rares visiteurs pour un achat de musique différencié. Quant au magazine Têtu (www.tetu.com), en dépit de l'exposition de sa couverture sur les kiosques et les vitrines des marchands de journaux, il n'a jamais réussi à dépasser les trente-mille lecteurs et accumule les déficits depuis plusieurs années. A tel point que les mauvaises langues prétendent que ce mensuel est « la danseuse » du richissime Pierre Bergé qui en est le bailleur de fonds (perdus). Dans les médias, on avait déjà assisté à l'échec de l'émission Good As You diffusée en 2002-2003 sur Canal Jimmy et dont l'audience n'avait jamais décollé. D'ailleurs, la chaîne câblée gay Pink TV (www.pinktv.fr) qui repose sur la pari périlleux de trouver un public sur une programmation communautaire au prix de 9 euros par mois ne cesse de repousser sa date de lancement : attendue en novembre, elle est désormais reportée au 25 janvier, officiellement pour des "raisons techniques"... Les homosexuels français ne sont pas des gays américains et ils semblent réticents à affirmer leur « identité » en faisant usage de leur portefeuille. Ne gâchons pas notre plaisir : la faillite du marketing communautaire est une bonne nouvelle. Elle offre un cinglant démenti à ceux qui espèrent prospérer sur l'éruption identitaire qui s'est emparée de plusieurs secteurs de la population française. Elle montre aussi que, malgré les injonctions des publicitaires et des revendications des réseaux militants qui entendaient sceller un pacte avec le Grand Capital pour développer leurs stratégies de lobbying, les Français ne sont pas prêts de renoncer à l'universalisme qui est un des fondements de leur culture nationale. Enfin une lueur d'espoir… ________________________ Voir aussi : • Communautarisme et marketing : une histoire d'amour • La nouvelle servitude des homosexuels • L'article de L'Express (www.lexpress.fr/express/info/societe/dossier/homos/dossier.asp?nom=) qui fait le point sur "Les illusions du marché gay" • La triste programmation de la chaîne gay • Le livre gay ghettoïsé Lundi 20 Octobre 2003
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