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Les mots sont importants. A propos de l'appel des « indigènes de la République »Lancé à l'initiative d'organisations musulmanes et de groupes d'extrème-gauche et diffusé initialement par le site musulman oumma.com le 18 janvier 2005, l'appel «Nous sommes les indigènes de la République !...»(*) provoque de vifs débats à gauche et révèle en creux le fond idéologique du courant multiculturaliste français, entre francophobie, terrorisme intellectuel et prétention à incarner les nouveaux «damnés de la terre» que seraient les immigrés et leurs enfants.
Dessin de Franck Resplandy (droits réservés)
C'est avec des sentiments mêlés que la grande majorité des Français « issus de l'immigration » va probablement accueillir l'appel « Nous sommes les indigènes de la République !... ».
D'un côté, il est certain que beaucoup auront l'heur d'apprendre qu'on dit enfin – peut-être maladroitement mais avec quelle fougue ! – ce qu'il leur arrive de penser tout bas. A savoir : que la France ne les a jamais vraiment acceptés et qu'ils ne sont pas considérés comme ils devraient l'être, continuant de faire les frais des inégalités sociales redoublées par les discriminations raciales (il ne fait certes pas bon s'appeler Mohammed pour louer un logement, prendre un crédit, trouver un travail ou passer à la télévision en prime time). D'un autre côté, ce texte va les agacer. D'abord parce qu'on parle en leur nom avec un discours d'une radicalité qu'ils sont sans doute loin de partager tout à fait. Ensuite parce que ce texte leur répète qu'ils ne sont pas des Français comme les autres et, partant, les dépossèdent de leur qualité de Français alors même qu'ils ont l'impression de déployer tous les efforts imaginables pour être reconnus comme des citoyens à part entière. Enfin parce que la France est leur pays et qu'il est toujours douloureux d'en entendre dire du mal. En vérité, les enfants de l'immigration post-coloniale ont besoin d'entendre une autre voix que celle de leurs faux amis qui, sur le mode du discours compassionnel, les enferment dans un ghetto identitaire qui suinte le ressentiment et la rancœur. L'incrimination victimaire
Angélisation des uns, enfermés dans un statut d'éternelles victimes, et démonisation de l'autre. Ainsi fonctionne ce que Régis Debray propose d'appeler l'« incrimination victimaire » [1] qui, dans le cas qui nous intéresse, conduit à imputer l'origine de tous les problèmes que traversent « les personnes issues de l'immigration post-coloniale » à la société et à l'Etat français et à leur « passé-présent colonial ».
Ce double mouvement de victimisation/diabolisation repose sur une thèse qui a le vent en poupe. La thèse du continuum colonial
« La France a été un Etat colonial […] La France reste un Etat colonial ! » Le postulat du continuum colonial tient en ceci : en dépit des ruptures induites par les décolonisations, le colonialisme n'est pas mort. Il a été domestiqué, internalisé.
Outre le procédé malhonnête qui consiste à inverser les rôles en faisant passer les « autochtones » (c'est-à-dire les indigènes au sens propre du terme si les mots ont encore un sens) pour les colonisateurs et les « immigrés » pour les indigènes (a-t-on jamais vu une métropole coloniser son propre territoire ?), l'idée selon laquelle il existerait un « racisme républicain » [2] plus nocif – car plus insidieux – que tous les autres, est historiquement et moralement purement mensongère. A cet égard, il est plutôt cocasse de constater que ceux qu'irritait à juste titre le premier ministre israélien Ariel Sharon lorsqu'il tentait de faire passer la France pour un pays à « l'antisémitisme sauvage », considèrent en revanche que le racisme à l'égard des « immigrés » n'y est pas l'exception mais la règle. Qu'un regard condescendant, qui n'a d'ailleurs pas épargné les rapatriés d'Algérie, continue de persister à l'égard des « Arabes » est un fait. Que la permanence d'un imaginaire colonial se manifeste à travers un « racisme angélique » (Gaston Kelman) consistant à renvoyer les populations issues de l'immigration post-coloniale (et tout particulièrement les Noirs et les Arabes qui continuent d'être largement victimes des clichés racistes) à leurs origines, est une évidence. Soutenir, en revanche, que cet imaginaire colonial – qu'il convient par ailleurs de relativiser tant celui-ci tend à s'estomper jusqu'à disparaître complètement chez les nouvelles générations – transparaît à travers un racisme d'Etat qui conditionnerait toute politique d'intégration, est une mystification totale. Les origines « républicaines » du colonialisme
Celle-ci trouve son fondement avec la thèse de l'identité originelle entre République et colonialisme. Or, la République n'est pas plus consubstantielle au colonialisme qu'elle ne l'est à la révolution industrielle et les deux derniers siècles montreraient plutôt qu'il y a exclusion réciproque entre l'une et l'autre.
La colonisation fait partie des errements de la France moderne. La République y a contredit tous ses principes. C'est malgré la liberté, l'égalité et la fraternité qu'elle inscrivait à ses frontons qu'elle a colonisé [3] et si le discours sur la « mission civilisatrice » de la France (Jules Ferry) a pu recouvrir les crimes coloniaux, il a également fourni son socle de légitimé aux luttes d'émancipations consécutives. Or, il ne s'agit pas pour nos pétitionnaires de reconnaître cette part de complexité inhérente à toute expérience historique. « La République, voilà l'ennemi ! »
Ainsi que l'écrit François Darras dans l'hebdomadaire Marianne, « ce qui, de bout en bout, est stigmatisé, assimilé à l'esclavagisme, ce n'est ni la monarchie qui pratiqua la traite des Noirs, ni l'Empire qui rétablit la servitude, ni le capitalisme qui exacerbe les discriminations ethniques et sociales, qui ghettoïse les populations venues d'ailleurs, mais, obsessionnellement, l'ignoble République » [4].
La véritable motivation des auteurs de ce texte est de jeter le discrédit sur l'idéal républicain, « universalisme abstrait » (Vincent Geisser) réduit à un « nationalisme arc-bouté au "chauvinisme de l'universel" » ! Parce que la République incarnée ne correspond pas à la République idéelle, on nous invite à jeter le bébé avec l'eau du bain. Que la République soit un mythe, on en convient. Mais c'est un « mythe sage ». Et c'est au nom de cet invisible à majuscule qu'on a – liste non exhaustive – aboli l'esclavage (par deux fois, en 1794 et en 1848) ; qu'on a rendu l'instruction gratuite, laïque et obligatoire ; qu'on s'est battu pour Dreyfus ; qu'on a barré la route aux ligues d'extrême droite, combattu la barbarie nazie et lutté contre Vichy ; qu'on a créé la Sécurité sociale ; qu'on a, enfin, décolonisé. D'ailleurs, la Vème République n'a-t-elle pas été baptisée par les accords d'Evian ? Sa raison d'être n'est-elle pas, justement, l'acceptation réaliste et pragmatique de la décolonisation ? L'outrance des propos
A l'appui de leur démonstration, les auteurs de ce texte sont prêts à tout, quitte à sacrifier le sens des réalités et les scrupules intellectuels – ramenés à d'inutiles politesses méthodologiques. Ne reculant ni devant la virulence sémantique, ni devant le raccourci mensonger (« Le traitement des populations issues de la colonisation prolonge, sans s'y réduire, la politique coloniale ») ou le travestissement de la réalité historico-politique (« [l'armée française] se conduit en Côte d'Ivoire comme en pays conquis »), ils élèvent la caricature au rang de mode d'expression à part entière [5].
L'héritage sartrien
Ce texte parle la langue classique de l'anticolonialisme sartrien : la métaphore de la « gangrène coloniale » ; le thème de la sous-humanité (« Il faut en finir avec les institutions qui ramènent les populations issues de la colonisation à un statut de sous-humanité ») et de la déshumanisation (« Nos parents, nos grands-parents ont été mis en esclavage, colonisés, animalisés ») ; enfin, le thème central de l'indigénat (« les populations des "quartiers" sont "indigénisées" » ; « la figure de l'"indigène" continue à hanter l'action politique, administrative et judiciaire ») tel que théorisé par Sartre dans sa préface aux Damnés de la terre [6], texte qui, selon Raymond Aron, « pourrait figurer dans une anthologie de la littérature fascisante » [7].
Les nouveaux habits de la radicalité progressiste
Mais ce que l'on n'aurait pas pu trouver chez Sartre, ce sont les thèmes désormais traditionnels du néo-progressisme (ou le « néo- » est un « pseudo- ») : l'assimilation de la laïcité républicaine à un péremptoire et définitif « racisme d'Etat » (« discriminatoire, sexiste, raciste, la loi anti-foulard est une loi d'exception aux relents coloniaux ») ; le sans-frontièrisme post-national qui rend scandaleusement colonialiste le fait qu'« on refuse le droit de vote à ceux qui ne sont pas "français" » ; la discrimination positive (« il est urgent de promouvoir des mesures radicales de justice et d'égalité qui mettent un terme aux discriminations racistes dans l'accès au travail, au logement, à la culture et à la citoyenneté ») s'appuyant sur la critique marxiste des « droits formels » [8] (« La République de l'Egalité est un mythe ») ; la « lepénisation des esprits » (« la gangrène coloniale s'empare des esprits » ; « cette offensive réactionnaire s'empare des cerveaux ») ; le tabou touchant à la reconnaissance d'une judéophobie d'origine arabo-musulmane (« on tente d'opposer […] les Juifs aux "Arabo-musulmans" et aux Noirs. Les jeunes "issus de l'immigration" sont ainsi accusés d'être le vecteur d'un nouvel antisémitisme »)…
La doctrine Jdanov du néo-progressisme
On est prévenu : « Attribuer le monopole de l'imaginaire colonial et raciste à la seule extrême droite est une imposture politique et historique. L'idéologie coloniale perdure, transversale aux grands courants d'idées qui composent le champ politique français ». L'indigence d'une telle assertion appelle la paraphrase rectificative suivante : attribuer le monopole de la pensée totalitaire à la seule extrême droite est une imposture politique et historique. La pensée manichéenne, qui dissout les problèmes dans les salauds, perdure à travers le néo-progressisme, en dépit des errements passés (stalinisme, castrisme, maoïsme)…
« Pour ces mêmes raisons, lit-on dans « l'Appel des indigènes », nous sommes aux côtés de tous les peuples (de l'Afrique à la Palestine, de l'Irak à la Tchétchénie, des Caraïbes à l'Amérique latine...) qui luttent pour leur émancipation, contre toute les formes de domination impérialiste, coloniale ou néo-coloniale ». Voilà formulée, dans sa glaciale simplicité, la doctrine Jdanov du néo-progressisme : le monde se divise en deux camps, celui de la lutte anticoloniale émancipatrice et celui de la domination, de l'impérialisme, du racisme et de l'exploitation. Dans cette conception du monde, il n'y a que deux types d'hommes : des « progressistes » et des « réac's ». Approche binaire qui exclut la capacité à penser le tragique que renferme tout épisode historique et promet encore de beaux jours à l'instrumentalisation de la mémoire. Des nouveaux réactionnaires aux nouveaux racistes…
Précisément, les auteurs de ce texte identifient leurs adversaires politiques, les « républicains », aux ennemis du genre humain. Car ce n'est pas l'extrême droite qui est ici prise pour cible, mais bien les républicains, assimilés à des « agents de la "pensée" bushienne » (sic), en laissant entendre – mensonge éhonté – que Max Gallo, Alain Finkielkraut ou Pierre-André Taguieff [9] seraient des suppôts du Grand Satan ! Ils recycleraient « la thématique du "choc des civilisations" » à travers leur dénonciation du « communautarisme » (terme qui paraît si douteux à nos pétitionnaires qu'ils prennent soin de l'encadrer de guillemets). Au passage, on est fondé à se demander pour quelles raisons Tariq Ramadan figure parmi les signataires de l'Appel, lui qui recommandait chaudement à ses disciples la lecture du livre de Huntington (livre « visionnaire » qui avait compris que l'heure était au « face à face des civilisations », le « renouveau islamique » permettant de résister à l'« occidentalisation du monde » [10]) ?
Quoi qu'il en soit, le « colonialisme post-colonial » français, avatar régional de l'impérialisme yankee, relayerait la politique des néo-conservateurs de l'administration Bush. Comprenne qui pourra… L'anticolonialisme démonologique rejoint ici la théorie du complot, cette « offensive réactionnaire » présentant les caractéristiques classiques du mythe conspirationniste telles que dégagées par Raoul Girardet [11]. On découvre ainsi qu'« une frange active du monde intellectuel, politique et médiatique français » pratique la dissimulation (« tournant le dos aux combats progressistes dont elle se prévaut »), se rend insaisissable (« frauduleusement camouflée sous les drapeaux de la laïcité, de la citoyenneté et du féminisme »), a une influence démesurée (« [elle] s'empare des cerveaux et reconfigure la scène politique. Elle produit des ravages dans la société française ») et s'insinue partout (« Déjà, elle est parvenue à imposer sa rhétorique au sein même des forces progressistes, comme une gangrène »). En d'autres termes, les républicains sont, à proprement parler, une vermine qu'il faut s'empresser d'éradiquer. Intégrer les intégristes
Mais cette diabolisation des républicains remplit une autre fonction : dès lors que la gangrène du néo-colonialisme menace la gauche elle-même, la gravité du péril légitime le recours aux rapprochements les plus douteux. Elle dédouane ainsi les néo-progressistes de leur alliance avec les islamistes et délivre un brevet de progressisme à ces derniers !
Les multiples précautions de langage et les ambiguïtés entretenues tout au long de ce texte pourtant si virulent révèlent d'ailleurs la volonté des auteurs de ne pas froisser leurs amis intégristes (« Sous le vocable jamais défini d'"intégrisme", les populations d'origine africaine, maghrébine ou musulmane sont désormais identifiées comme la Cinquième colonne d'une nouvelle barbarie qui menacerait l'Occident et ses "valeurs" »). Comme le note opportunément Leïla Babès, « il est tout de même étonnant que [la dénonciation de l'application du statut personnel aux femmes d'origine maghrébine et sub-saharienne] ne soit nullement accompagnée d'un positionnement clair en faveur des valeurs qui accompagnent tout naturellement ce dysfonctionnement : l'égalité des sexes, et l'ensemble des valeurs laïques. Mais on comprend que cela risque de faire apparaître au grand jour les contradictions inhérentes à ce front du refus et du ressentiment, que le seul moyen de surmonter est l'usage du langage de la confusion » [12]. Attiser le ressentiment et la défiance réciproque
Ils sont nombreux les Français de la deuxième ou troisième génération qui se sentent les laissés pour compte du pays, abandonnés par la République malgré les beaux discours.
Ce texte leur dit que non seulement il n'est pas souhaitable qu'ils s'intègrent (s'intégrer c'est trahir !), mais qu'au fond, toute intégration est vaine car le racisme structurel de la société française et de son Etat républicain les condamnent à demeurer des citoyens de seconde zone. Les autres, les « gaulois » (selon l'expression de Laurent Lévy), penseront que les « immigrés » aux noms de qui s'exprime ce texte, sont encore plus impudents et ingrats qu'ils ne l'imaginaient et qu'au bout du compte, ils resteront peut-être, en effet, définitivement étrangers à la France puisqu'ils se révèlent incapables d'adhérer aux valeurs républicaines qu'ils confondent avec on ne sait quel « néo-colonialisme ». Bref, ce texte vient souffler sur les braises de la rancœur mutuelle, prenant le risque de la transformer en affrontement [13] pur et simple. L'ethnicisation de la question sociale
La Marche des indigènes est ouverte à qui veut la rejoindre ? Hypocrisie. En vérité, cet appel soude les contours d'une lutte identitaire, isolant les « descendants de colonisés » du reste du mouvement social. Réduite à la problématique d'un néocolonialisme totalement fantasmé, la question sociale est ethnicisée. En effet, des « victimes de l'exclusion sociale et de la précarisation », on en rencontre également qui ne sont pas « d'origine africaine, maghrébine ou musulmane », et ailleurs que dans les banlieues. Ainsi, ce texte contribue à affaiblir les rangs de tous ceux qui luttent contre l'exclusion, le chômage et la précarité en divisant ceux qui sont « issus de l'immigration » et les autres, dont la détresse est complètement exclue du texte. Une aubaine pour le populisme d'extrême droite qui trouve dans les initiateurs de cet Appel les alliés objectifs de son programme « national-communautariste » (Pierre-André Taguieff).
Les mots sont importants
Partant d'un diagnostic erroné de la situation, nos pétitionnaires se racontent et nous racontent des histoires. Ils se payent de mots. Or, écrit Régis Debray, « parler le langage de la guerre pour ne pas faire la guerre, c'est perdre beaucoup de respects à la fois : celui qu'on doit aux militants des autres pays qui se trouvent effectivement aux prises avec le fascisme, l'oppression, la torture, car en volant leur langage, qui n'est pas pour eux un luxe mais un outil, on en dévalue les signes, et on ruine à terme toute solidarité à leur égard (qui suppose d'abord la perception des différences réelles dans les degrés d'oppression). Celui qu'on doit à ceux auxquels on s'adresse sur place et dont on parle. C'est perdre enfin le respect de soi-même. Mission accomplie » [14].
Définitivement, les mots sont importants… Notes
[1] L'expression est empruntée à Régis Debray in Haïti et la France. Rapport au ministre des Affaires Etrangères, La Table ronde, 2004. Lire le rapport en ligne sur le site de la documentation française
[2] Cf. Pierre Tévanian, Le racisme républicain. Réflexions sur le modèle français de discrimination, L'esprit frappeur, 2002. [3] On omet à cet égard trop souvent l'anticolonialisme de Georges Clemenceau qui, à propos de la conquête de Madagascar, s'exclamait : « Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit ! Pour ma part j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand…Race inférieure les Hindous ? Race inférieure les Chinois ? Non ! Il n'y a pas de droit des nations dites supérieures sur les nations inférieures. N'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. […] Je ne veux pas juger au fond la thèse qui a été apportée ici et qui n'est pas autre chose que la proclamation de la primauté de la force sur le droit ; l'histoire de France depuis la Révolution est une vivante protestation contre cette inique prétention » (Discours à la Chambre, 1885). [4] François Darras, « Et maintenant, les nouveaux racistes ! », Marianne, n° 410, 26 février au 4 mars 2005. (lire sur le site Lutte contre l'obscurantisme) [5] « dans le débat français […], on parle de "communautarisme" […] dès que plus de trois arabes se retrouvent ensemble » ; « l'intégration est la croyance que devraient acquérir les descendants de colonisés qu'eux aussi, ont des ancêtres gaulois » ; « les islamistes, intégristes, etc. [seraient ceux qui] refusent obstinément de manger du jambon, se rendent dans des mosquées (quelle horreur !), et certaines des femmes de cette catégorie vont jusqu'à porter un foulard qui cache leur chevelure », in Alix Héricord, Sadri Khiari, Laurent Lévy, « Indigènes de la République, réponses à quelques objections... », oumma.com, 25 février 2005. [6] Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961. [7] Raymond Aron, « Mon petit camarade », L'Express, 18 avril 1980. [8] …critique qui, si elle n'a pas dit son dernier mot, ne peut être le dernier mot du progressisme. [9] Cf. Alix Héricord, Sadri Khiari, Laurent Lévy, « Indigènes de la République… », art. cit. [10] Cf. Caroline Fourest, « L'OPA de Tariq Ramadan », ProChoix, n° 30, automne 2004, pp. 48-49 (entretien paru dans Charlie Hebdo du 10 novembre 2004). [11] Cf. Raoul Girardet, Mythes et mythologies politiques, Seuil, 1990. [12] Leila Babès, « Le conglomérat des opprimés de père en fils », mmlf.org, 30 janvier 2005. [13] Si la France demeure effectivement une puissance coloniale, ne convient-il pas alors d'utiliser contre elle les méthodes qui ont fait leurs preuves jusqu'à présent (guérilla, terrorisme, assassinat politique) ? [14] Régis Debray, Modeste contribution aux discours et cérémonies officielles du dixième anniversaire, François Maspero, 1978. (*)Lire l'appel « Nous sommes les indigènes de la République !... » sur le site oumma.com, sur le site lmsi.net ou sur le site TouTEsEgaux.net Lundi 14 Mars 2005
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