25.02.2005 Boomerang
La lettre électronique du CRIF, dans sa
revue de presse consacrée aux
propos de Dieudonné à Alger, cite l'éditorialiste du
Figaro, Ivan Rioufol, pour lequel
« à côté de Dieudonné, Le Pen fait figure d'enfant de chœur ». Même BHL, qui se contentait de voir dans le comique breton le
rejeton peu spirituel du borgne de la Trinité sur Mer, n'avait pas osé ! Finalement, dans sa surenchère provocatrice, monomaniaque et névrotique, et la très logique descente aux enfers qui l'accompagne, l'humoriste rend service à tous ceux qui entendaient se démarquer à moindres frais de propos antérieurs eux aussi contestables. A commencer par le
président du CRIF en personne (et toujours en exercice), qui déclarait voici quelques temps au quotidien israélien
Ha'aretz que
"le succès de Le Pen é(tait) un message aux musulmans de se tenir tranquilles" après avoir proposé au premier ministre israélien de
"mettre en place un ministère de la propagande comme Goebbels" (sic !). La morale de l'histoire, s'il devait y en avoir une : à force d'emprunter la dialectique de son adversaire, on finit par lui ressembler.
24.02.2005 Sarkozy, commandeur des croyants ?
Dans un rapport préconisant des mesures de discrimination positive dans la fonction publique (page 9, article à paraître dans l'OC), la juriste Gwénaële Calvès cite des propos de l'ancien ministre de l'intérieur (parus dans
Libération du 4 décembre 2003), pour qui
" "Musulman" n'est pas un critère religieux [...]
le terme désigne toutes les personnes issues de l'immigration maghrébine, turque ou d'Afrique noire, même si elles sont athées. Car on est musulman comme on est Juif : dans le regard de l'Autre". Un avis d'expert qui donne corps aux
inquiétudes de l'Observatoire quant à la possible
reductio ad islam des populations issues de l'immigration dans le discours public. Mais une opinion qui trahit, chez ce lecteur assidu et déclaré de la
Bible, un survol un peu rapide de l'œuvre de
Sartre, une profonde méconnaissance des fondamentaux de la religion musulmane, et une approche très lacunaire de la géographie religieuse. Peut-on suggérer au président en exercice du parti majoritaire de suivre les cours de
"fait religieux" prochainement dispensés dans nos établissements scolaires dans le cadre du "socle commun de connaissances" ?
22.02.2005 PSA : des hommes qui aiment les femmes
Le groupe de construction automobile PSA-Peugeot-Citroën s'est vu décerner par le ministère de la parité et de l'égalité professionnelle le label Egalité qui encourage
"l'exemplarité des entreprises, associations et administrations qui se sont engagées résolument sur la voie de l'égalité professionnelle". C'est bien, on est content d'apprendre que le groupe va embaucher plus d'ouvrières. Car, au-delà du baratin servi au gouvernement et à une presse trop occupée à recopier pour vérifier, le pouvoir au sein de l'entreprise n'est pas près de se féminiser. En effet, sur les douze membres du conseil de surveillance , le véritable centre de décision du groupe PSA, il n'y a qu'une femme. Et encore, il s'agit d'une fille de Pierre Peugeot, l'un des fondateurs du groupe ! On devrait décerner un Label Naïveté au gouvernement Raffarin...
22.02.2005 « Les beurs se font leur chanson »
Nouvel exemple du communautarisme agissant : la tenue prochaine à l'Institut du Monde Arabe (avec le soutien de la radio FIP et de la chaîne musicale MCM entre autres) du festival
« Les Beurs se font leur chanson ». A l'affiche, des chanteurs et musiciens aussi différents que Karim Kacel, Rachid Taha, Souad Massi, Magyd Cherfi (ex Zebda), Ridan, Gavroche… dont l'origine maghrébine constitue à peu près le seul point commun. Est-ce servir la singularité de ces artistes que de les rassembler sous une bannière ethnique ? On peut en douter. A quand un festival
« Les Feujs donnent de la voix » avec Patrick Bruel, Dany Brillant, Michel Jonasz, Enrico Macias, Georges Moustaki…ou bien
« Les Bretons poussent la chansonnette » avec Etienne Daho, Alan Stivell, Miossec, Alain Barrière ? Très bientôt sans doute
21.02.2005 Appartement « républicain »
Intéressante, cette remarque d'Hervé Gaymard au sujet de la location par L'État de son appartement de 600m2 (14 000 euros/mois) dans l'un des quartiers les plus chics de la capitale.
« On a d'abord cherché un appartement républicain », a-t-il expliqué au journal
Le Monde.
« Même si l'appartement était vétuste, pas très beau, je m'en fichais ? » Qu'entend exactement le numéro 2 du gouvernement par appartement
« républicain » ? Cette épithète dans son esprit signifierait-elle « bas de gamme » ou réservé à la plèbe ? On ne peut l'imaginer une seconde chez ce grand serviteur de l'Etat qui, comme nombre de ses collègues, envoie ses enfants dans l'école privée plutôt que dans celle de la République...
17.02.2005 Les punisseurs punis
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné huit militants d'Act Up Paris à 600 euros d'amende avec sursis pour avoir aspergé de faux sang la façade du palais de l'Elysée lors d'une manifestation en novembre 2004. Malgré le caractère symbolique de la peine, les militants condamnés se disent scandalisés :
"C'est la première fois que l'on est condamnés. (...) C'est un précédent grave qui met en cause un de nos modes d'action très efficace pour interpeller l'opinion publique" a déclaré Eric Labbé, porte-parole d'Act-up Paris, en évoquant les descentes violentes dont les activistes gay sont coutumiers. Une exigence d'impunité qui fait sourire quelques mois après qu'Act Up ait milité sans relâche pour que les personnes reconnues coupables d'homophobie soient condamnées à de lourdes amendes et à des peines de prison.
16.02.2005 Rapport de l'ECRI sur le racisme en France
Troisième rapport sur la France adopté le 25 juin 2004, ECRI (Commission européenne contre le Racisme et l'Intolérance) (50 pages) :
consulter le rapport en format PDF
15.02.2005 Résistant de la dernière heure
Dans son numéro 2098,
Le Nouvel Observateur publiait une critique relativement bienveillante à l'égard du roman d'Eric Bénier-Burckel,
Pogrom (Flammarion), qualifié de
"célinien en diable", ce qui, en littérature, est plutôt un compliment. Trois semaines plus tard, le directeur de l'hebdomadaire, Laurent Joffrin, se ravise. Visiblement ébranlé par l'accusation d'antisémitisme imputée à ce livre par une tribune du
Monde et relayée par le président du CRIF, Roger Cukierman, et le premier ministre lui-même, Laurent Joffrin se joint à la curée en expliquant que l'article du
Nouvel Obs avait omis de préciser le caractère antisémite de l'ouvrage. Rien que ça ! Pas très observateur, l'Obs... Ou pas très courageux. Les lecteurs du livre ont sans doute la réponse.
15.02.2005 Villepin se défausse sur les assoces
Mettant ses pieds dans les pantoufles de ses prédecesseurs, le ministre de l'intérieur, Dominique de Villepin a profité d'une réunion organisée à Lyon sur le thème de la lutte contre les discriminations pour débiter une rengaine éculée en appelant les associations qui pullulent dans ce domaine à se mobiliser pour l'égalité des chances. C'est oublier un peu vite que l'égalité des chances, qui est un principe fondamental de la République est surtout du ressort de l'Etat qui a la responsabilité de la garantir et qui, plus que tout autre acteur, a la légitimité et les moyens pour le faire. Si, du moins, il en a la volonté...
14.02.2005 Rallumer le pétard mouillé
Comme aux Etats-Unis, où le jour de la Saint-Valentin est une journée d'action du mouvement gay en faveur du
mariage homosexuel (
National To Marry Day), les avocats de Noël Mamère et leurs soutiens entendent relancer la polémique. Réunis dans une association baptisée C'est L'Bouquet ! et épaulés par des élus communistes et Verts, ils s'apprêtent à faire déposer une douzaine de demandes de mariages entre personnes de même sexe. Visiblement échaudés par l'effet dévastateur que le thème homosexuel a eu sur la campagne de John Kerry lors de l'élection présidentielle américaine et par le faible intérêt de l'opinion pour cette question, les socialistes semblent réservés sur l'initiative de C'est L'Bouquet !, à l'instar de Jacques Bravo, le maire du 9ème arrondissement de Paris, qui s'est refusé à inscrire un tel mariage.
13.02.2005 Réquisitoire annuel du CRIF contre le gouvernement
Malgré le recul significatif du nombre d'actes antisémites récensés au cours du dernier trimestre 2004 (sur une année il est vrai marquée par
une forte hausse des actes antisémites et racistes), le gouvernement s'est fait vertement sermonner à l'occasion du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Soulignant
"une incompatibilité entre la politique étrangère de la France et la politique intérieure de lutte contre l'antisémitisme", le président du CRIF, Roger Cukierman -dont on a un peu vite oublié
la positive attitude à l'égard de Le Pen en 2002- s'est livré à un amalgame qu'il dénonce pourtant chez ceux qui associent les Palestiniens aux jeunes de banlieue et importent ainsi le conflit israëlo-palestinien dans le débat intérieur français. La présence massive de ministres et de responsables de parti à cet exercice masochiste qu'est devenu le dîner du CRIF montre que la pratique du dîner de cons a survécu à la disparition de Jacques Villeret...
09.02.2005 Les Verts abjurent la désobéissance civile
Dans un communiqué, les Verts exigent que des sanctions judiciaires soient prises à l'encontre du député UMP Christian Vanneste en raison de ses propos controversés sur l'homosexualité. Les Verts écrivent notamment :
"Un député vote les lois, il ne doit pas les braver impunément". Une position qui trouve toute sa saveur quand on se souvient que Noël Mamère soutenait exactement l'inverse pour justifier son initiative de marier deux hommes ou arracher des plans d'OGM.
09.02.2005 Cyber-corbeaux
Sous prétexte de lutter, en vrac, contre le racisme, l'antisémitisme, la contrefaçon ou la pédophilie, les pouvoirs publics et les fournisseurs d'accès se sont associés dans le cadre de l'opération
"Net + sûr". Ainsi, l'Association des fournisseurs d'accès (AFA) encourage les internautes à signaler les abus sur un site prévu à cet effet (www.pointdecontact.net) sur lequel ils peuvent procéder à des dénonciations anonymes de
"propos tenus par des tiers sur des forums de discussions, par e-mail ou sur des sites Web". Déjà 900
"signalements" auraient été transmis à la police.
"Net + sûr" ou comment réhabiliter tranquillement la pratique honteuse de la lettre anonyme...
08.02.2005 Disparition de Madeleine Rebérioux
A juste titre, la presse rend hommage à la mémoire de Madeleine Rebérioux, historienne et militante de gauche qui fut présidente de la Ligue des droits de l'homme. Parmi ses nombreux combats, il faut notamment rappeler ses prises de position courageuses contre la loi Gayssot qu'elle dénonçait comme une menace pour la recherche historique et l'usage de la liberté d'expression. Dans deux textes disponibles sur internet (
"Le Génocide, le juge et l'historien", paru dans la revue
L'Histoire en novembre 1990 et
"Contre la loi Gayssot, publié dans
Le Monde le 21 mai 1996), elle mettait en garde contre les effets d'une restriction de la liberté d'expression utilisée pour contrer les révisionnistes. Il faut relire ses arguments :
"Ce texte est hautement critiquable pour trois raisons : il confie à la loi ce qui est de l'ordre du normatif et au juge chargé de son application la charge de son application la charge de dire la vérité en histoire alors que la vérité historique récuse toute autorité officielle (...); il entraîne quasi-inéluctablement son extension un jour à d'autres domaines qu'au génocide des juifs (...); il permet aux négationnistes de se présenter comme des martyrs, ou tout au moins comme des persécutés". A la place d'une mémoire fondée sur l'interdit, elle proposait une seule solution :
"Connaître et faire connaître. Dès lors que pour condamner l'antisémitisme et la xénophobie, nous disposons de la loi de 1972, en matière de recherche, répression égale régression". Des propos qui résonnent étrangement aujourd'hui...
07.02.2005 Le gouvernement propose un recensement ethnique dans les entreprises
Le gouvernement vient de proposer aux partenaires sociaux d'établir des statistiques ethniques du personnel des entreprises. Pour quoi faire ? Un simple diagnostic, dit-on. Sauf que l'on peut difficilement imaginer que les résultats d'une telle enquête n'attiseraient pas la tentation du « proportionnellement correct », autrement dit celle de renvendiquer une part adéquate de « minorités visibles » de telle ou telle origine dans chaque entreprise.
Le spectre des quotas raciaux prend forme, et ce d'autant plus ces derniers temps qu'un coin a d'ores et déjà été enfoncé par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), qui réfléchit à la mise en place de méthodes de recueil d'informations sur le type racial ou l'origine ethnique.
« Parmi les hypothèses étudiées figurent le lieu de naissance, déjà autorisé, la couleur de la peau ou encore un éventuel classement par types, à la manière américaine : “caucasien”, “afro-français”, “maghrébin”... » (
Le Figaro du 4 février 2005). La CNIL a même d'ores et déjà autorisé le groupe Casino à mener une étude sur les patronymes pour mesurer les différentes catégories ethniques : Asie, Maghreb, Afrique noire.
Voilà du grain à moudre pour les partisans de la « surveillance statistique », qui veulent faire figurer dans le bilan social des entreprises la composition ethnique du personnel afin d'honorer les méritants et de stigmatiser les cancres dans la course à la diversité. Sachons par ailleurs que, comme le rappelle
Le Figaro,
« si la réglementation n'impose pas de quotas de salariés issus de l'immigration, il est néanmoins déjà possible d'attaquer une entreprise en justice pour “discrimination indirecte” si son personnel n'est “manifestement” pas à l'image de son bassin d'emploi. Cette disposition, transcrite du droit européen, n'a pas encore été utilisée pour la discrimination raciale en France. »
Surveillance statistique, quotas raciaux : l'épuisement de la société canadienne dans des débats sans fin nous montre ce vers quoi nous nous dirigeons la fleur au fusil, avec en prime, chez nous, une extrême droite qui n'attend que cela pour revenir à la charge. Bienvenue dans le meilleur des mondes... (source :
Revue républicaine)
07.02.2005 "Un amour à taire" porté aux nues
Au festival du film de télévision à Luchon, avalanche de prix pour le téléfilm
Un amour à taire qui entretient la confusion sur le thème de la
déportation homosexuelle en France : prix spécial du jury, du public, du scénario, du jeune espoir féminin et du jeune espoir masculin. Il faut croire qu'il n'y avait pas d'historien dans le jury du festival.
06.02.2005 La Constitution : Oh, OUI !
Aujourd'hui Autrement, le parti
"sociétal" créé par Jean-Luc Roméro au sein de l'UMP, a décidé de faire campagne pour le OUI à la Constitution européenne. On n'en attendait pas moins d'un parti qui a Brigitte Lahaie comme vice(sic)-présidente...
04.02.2005 (Trop) vu à la télé
Selon le baromètre annuel TNS Sofres pour
La Croix et
Le Point, les Français trouvent que le
"mariage gay" de Bègles, les gesticulations de Nicolas Sarkozy et la loi sur le voile ont été surmédiatisés en 2004. Encore une preuve du décalage des médias à l'égard de l'opinion. Malgré le bourrage de crâne, le bon sens populaire existe encore.
02.02.2005 Sarkozy en flagrant délit de racolage
Jusqu'où s'arrêtera la drague éhontée de la droite à l'endroit du mouvement gay ? On apprend ainsi simultanément que Patrick Bloche, un député PS connu pour avoir fait voter le pacs et qui défend aujourd'hui l'adoption par les couples homosexuels, a été nommé président de la mission parlementaire sur la famille et que Nicolas Sarkozy a fait une apparition surprise à une réunion de Gay Lib, le groupuscule homo de l'UMP. Devant les
"gays de droite", qui tenaient une réunion sur l'identité gay avec Pierre Bergé et Joseph Macé-Scaron du Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy a revendiqué sa décision -dont il ne s'est guère vanté à la télévision- d'aligner le régime fiscal du pacs sur celui du mariage :
"Parce que c'est moi qui l'ai initié, les gens étaient rassurés. A quoi servirait la popularité si ce n'est à combattre la bêtise ?"», a-t-il déclaré, selon le magazine
Têtu. A sa fondation, il était question de baptiser l'UMP "La Maison Bleue"; avec Sarkozy, le parti majoritaire est bien parti pour devenir La Maison Rose !
01.02.2005 Une chose et son contraire
Ceux qui croient encore aux sondages doivent être bien perplexes en lisant les résultats de celui que vient de réaliser BVA sur la discrimination positive. En effet, 58% des personnes interrogées estiment que ce serait «une bonne chose» de favoriser les personnes issues de l'immigration. Elles sont aussi 58% (les mêmes ?) à penser que l'intégration des personnes étrangères ou d'origine étrangère se passe bien dans l'Hexagone. Ainsi, les Français seraient pour une mesure destinée à régler un problème dont ils considèrent par ailleurs qu'il n'existe pas. Comprenne qui pourra.