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Lobbying pour une Europe chrétienne

Les institutions catholiques poursuivent un lobbying intensif en Europe, au niveau communautaire, pour que la future Constitution fasse référence au christianisme. Un travail efficace et discret...



La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) (droits réservés)
La Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) (droits réservés)
Il est des faits moins médiatiques que les lycéennes voilées ou que les affrontements communautaires : il s'agit du lobbying que met en oeuvre l'Eglise au niveau communautaire européen pour obtenir un certain nombre d'aménagements dans la future Constitution européenne.

Deux lobbys religieux chrétiens sont en effet officiellement accrédités par le Parlement Européen (1) : la Commission des Episcopats de la Communauté Européenne (COMECE) (www.comece.org) et la Conférence des Eglises Européennes (CEC) (www.cec-kek.org).

La COMECE souhaite notamment inscrire une référence à "la contribution du christianisme" dans le préambule de l'actuel projet de Constitution européenne. Une pétition signée par 40 000 citoyens de nations appartenant à l'Union a ainsi été remise le 18 novembre 2003 au ministre des Affaires étrangères de l'Italie, qui assure la présidence de l'Union. Le Président du COMECE, Mgr Josef Homeyer, avait également adressé en juin 2003 une lettre au président de la Convention pour l'avenir de l'Europe, Valery Giscard d'Estaing, afin de demander une "référence à Dieu".

Dès juin 2002, alors que les opinions publiques européennes n'étaient absolument pas associées à la rédaction du projet de traité constitutionnel, le COMECE formulait très clairement ses positions aux membres de la Convention : "référence à Dieu, respect du statut des Eglises, instauration d'un dialogue structuré entre les Eglises et les institutions de l'Union" (2).

“Le rôle du Christianisme dans la formation de l’Europe est un fait historique indéniable”, déclarait le Cardinal Danneels, Archevêque de Malines-Bruxelles lors d'un débat organisé à l'occasion de la réunion plénière de la Convention. “Si l’on nie ce rôle, on le fait pour des raisons idéologiques (...). Même si toutes les valeurs que nous avons en commun ne sont pas exclusivement chrétiennes, elles sont toutes passées par le moule du Christianisme”. Voilà une étrange façon de voir les choses : les idées rationalistes seraient ainsi "passées par le moule du christianisme" !!! Certains historiens considèrent pourtant que les antagonismes du "siècle des Lumières", entre philosophie libérale et religion chrétienne, ne relevaient pas d'un simple malentendu !

Comptant dix permanents, le COMECE remplit un rôle de lobbying efficace et discret, qui trouve un certain relais parmi les parlementaires, puisque une dizaine de députés européens ont accompagné la pétition en faveur d'une référence explicite à l'"héritage chrétien" de l'Europe. Parmi eux, deux élues françaises de droite : Elisabeth Montfort et Marie-Thérèse Hermange (Parti Populaire Européen, PPE).

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1)La COMECE et la CEC sont en effet inscrits sur les listes officielles de "groupes d'intérêt accrédités" auprès du Parlement européen, qui sont l'une des marques du caractère oligarchique de l'Europe communautaire.
2)L'avenir de l'Europe - Engagement politique, valeurs et religion, Contribution du secrétariat de la COMECE au débat sur l'avenir de l'Union européenne dans la Convention européenne, mai 2002 : lire le document en format PDF

Voir aussi "Les lobbys de Dieu"
(lexpress.fr/express/kiosque/dossier/news/dossier.asp?nom=057), François Geoffroy, L'Express, 04/12/2003

Mardi 9 Décembre 2003
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