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Tribunes

Non aux Gay Games !

par Bernard Debré, tribune parue dans Le Figaro, le 15 septembre 2005

Bernard Debré, pré-candidat au sein de l'UMP aux élections muncipales parisiennes de 2008, reprend dans cette tribune parue dans Le Figaro l'argumentaire développé en août 2005 par l'Observatoire du communautarisme, et demande au maire de Paris Bertrand Delanöe de ne pas soutenir directement le projet de Jeux olympiques homosexuels à Paris en 2010.



(droits réservés)
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Dernière innovation de l'été, le soutien de la Ville et de la Région à la candidature parisienne aux VIIIes Gay Games.

Vous avez bien lu, les jeux sportifs homosexuels !

Quelle dérive invraisemblable que ces jeux réservés aux homosexuels ! Sans compter le fait qu'il s'agisse d'une absurdité sans nom et d'une injure faite au sport, n'est-ce pas aussi une action illégale face à la loi française qui interdit toute discrimination ?

Faudra-t-il donc, pour participer à ces jeux, démontrer son homosexualité ? Acceptera-t-on les hétérosexuels, les transsexuels ? Mais comment prouver son homosexualité ? Par un certificat prouvant son orientation sexuelle ? Certificat bien entendu contraire à la loi. Qui établirait un tel certificat ? Une haute autorité jugera-t-elle les litiges ?

Et si les Gay Games sont ouverts à tous, pourquoi donc les appeler ainsi ? Trèves de bêtises, les Gay Games sont la traduction effarante d'un communautarisme dangereux, voulu par certains par provocation. Ils déboucheront immanquablement sur une stigmatisation, un repli sur soi et vraisemblablement sur la recrudescence de tensions.

Pourquoi n'y aurait-il pas des jeux réservés aux Noirs, aux chrétiens ou aux hétérosexuels ? J'entends d'ici les hurlements de tous ceux qui dénonceraient, avec raison, une ségrégation intolérable...

Chacun voit la bêtise et les graves dangers de ces jeux homosexuels. A mon sens, l'urgence serait plutôt de combattre l'homophobie encore trop présente dans le milieu sportif.

J'ajouterai, s'il en était encore besoin, que ces jeux trahissent l'esprit sportif qui est justement l'inverse d'une communautarisation de l'effort et de la compétition. Le sport est, par nature, fait pour gommer les différences, pour que l'on puisse communier dans le même esprit. Bien entendu, il ne faut pas stigmatiser les orientations sexuelles de qui que ce soit, et, en ce sens, les lois françaises sont exemplaires. Elles condamnent enfin, et à juste titre, toute stigmatisation ; qu'il s'agisse de racisme, d'antisémitisme ou d'homophobie.

Il ne faut donc pas, par une attitude provocante et absurde, que les homosexuels eux-mêmes s'isolent des autres. Des actes irresponsables pourraient faire voler en éclats le consensus élaboré non sans mal !

N'oublions pas qu'au milieu du XXe siècle, régnait dans le monde une intolérance mortelle : racisme anti-Noirs aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, homophobie partout en Europe, antisémitisme dont l'apogée fut le nazisme et la Shoah. Alors, de grâce, veillons à ne pas réveiller des sentiments inacceptables.

Paris ne devrait pas être une ville candidate à ces Gay Games. J'appelle celles et ceux qui sont adeptes de la tolérance et de l'humanisme, celles et ceux qui rejettent toute stigmatisation et tout communautarisme à refuser ces Gay Games. J'appelle Bertrand Delanoë à ne pas soutenir ces jeux.

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* Ancien ministre, député de Paris.

Jeudi 15 Septembre 2005
Julien
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