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Piscine saumâtrePlusieurs mairies aménagent des plages horaires réservées aux femmes dans les piscines municipales, sous la pression d'associations confessionnelles.
(droits réservés)
Dans certaines villes, les piscines municipales réservent des horaires spéciaux aux femmes pour leur baignade et certaines municipalités vont jusqu’à obturer les baies vitrées et à sélectionner un personnel exclusivement féminin pour encadrer ces séances (1).
A Lille et Mons-en-Baroeul (2), ces mesures ont été prises sous la pression d’associations musulmanes qui jugent contraires à leurs principes religieux la mixité dans les piscines. A Sarcelles et Strasbourg, des mesures analogues ont été prises par la mairie pour satisfaire aux exigences d’organisations communautaires juives. Légitimement questionnés par la presse sur les raisons d’une telle ségrégation qui contrevient aux principes républicains les plus élémentaires et à l’esprit du service public, les élus concernés ont eu le plus grand mal à cacher les motivations clientélistes de leur décision. Sans rire, Martine Aubry, maire de Lille, s’est piteusement justifiée en expliquant que cette manifestation spectaculaire de sexisme offrait aux femmes musulmanes « une occasion de s’émanciper ». Un bel exemple de logique orwellienne : l’esclavage, c’est la liberté ! Quand on sait que dans cette brochette d’élus ségrégationnistes il y en a deux qui se présentent comme présidentiables (Martine Aubry et Strauss-Kahn, maire de Sarcelles), on frémit en imaginant ce que leur lâcheté municipale donnerait à l’Elysée… Mais l’Etat doit lui aussi s’expliquer sur ce grave dérapage. En effet, ces mesures ne datent pas d’hier puisqu’elles sont appliquées à Strasbourg et Mons-en-Baroeul depuis 1996 et qu’elles ont été prises à Lille dès 2000, sous le mandat de l’ancien premier ministre Pierre Mauroy. Dans la mesure où la séparation des hommes et des femmes pour des motifs dictés par des croyances religieuses contrevient au principe d’égalité qui est le ciment des institutions républicaines, les préfets concernés avaient le devoir de contrôler ces arrêtés municipaux et de les déclarer illégaux. Comme cela fut fait à juste titre dans les Bouches-du-Rhône lorsque la mairie de Vitrolles avait institué une prime de naissance réservée aux seuls français de naissance... Si les élus se mettent à genoux et que les préfets ferment les yeux, quel obstacle empêchera les obscurantismes religieux de façonner la société française à leur image ? ---------------------------- 1)Le Figaro, 11 juin 2003 2)La municipalité de Mons-en-Baroeul est depuis revenue sur sa politique, sous la pression médiatique. Voir la dépêche AFP du 12 décembre 2003 Voir aussi "Les piscines pour dames font des vagues", Natacha Polony, Marianne, 05/01/2004 Samedi 6 Septembre 2003
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