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Quand Dieudonné joue de la dialectique, Pierre Tévanian, l'un des animateurs de la contestation « anti-colonialiste », s'emmêle les pinceaux

Quand Pierre Tevanian, l'un des principaux adeptes de la dénonciation de la "gestion coloniale des quartiers", rencontre Dieudonné, qui a glissé de la critique du communautarisme juif à une forme de judéophobie d'inspiration conspirationniste, se révèle un certaine psychologie du militant multiculturaliste contemporain : haine de soi (et des "petits blancs"), paranoïa anti-coloniale, misérabilisme victimaire, hyper tolérance à l'altérité confinant au relativisme culturel radical. Un document précieux.



Quand Dieudonné joue de la dialectique, Pierre Tévanian, l'un des animateurs de la contestation « anti-colonialiste », s'emmêle les pinceaux
Professeur de philosophie au lycée de Drancy, président du Comité local Paris 20ème du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples), animateur du site Internet "Les mots sont importants" (lmsi.net), Pierre Tevanian fait également partie des initiateurs du Collectif "Une école pour tous" et de l'appel "Nous sommes les indigènes de la République !".

Suite à un article à propos des débats autour de la mémoire de l'esclavage que P. Tevanian a publié sur son site internet lmsi.net, intitulé "Un négationnisme respectable", Dieudonné a souhaité rencontrer Pierre Tevanian. Le site Internet des partisans de Dieudonné, intitulé les "Ogres (Ouvertures Géographique Religieuse Ethnique Sociale) - Utopistes concrets" a publié le 14 juillet 2005 la transcription de l'enregistrement audio de cette rencontre. En dépit de plusieurs demandes de l'arroseur arrosé, les animateurs du site des "Ogres" ont refusé de procéder au retrait de la transcription en question. On reste pantois devant la naïveté presque masochiste de ce philosophe de profession, qui veut croire au pouvoir des discussions argumentées et de bonne foi, et qui s'emploie à analyser les argumentaires, à déconstruire les discours, à scruter l'inconscient des mots. Or, devant Dieudonné, qui le prend au mot, le contourne, le détourne, le retourne avec une habileté manifeste, le « déconstructeur » ne sait plus sur quel pied danser, s'enlise à chaque fois qu'il croit devoir se justifier, se retrouve sur un terrain plus que glissant et finalement se voit torpillé avant d'avoir réalisé ce qui lui arrive. « Les mots sont importants », certes ! Mais peut-être faut-il disposer d'un peu plus de flair ?

L'Observatoire du communautarisme a jugé utile de publier la transcription de cet entretien en ce qu'elle constitue un document particulièrement pertinent. Il révèle simultanément deux psychologies qui s'entretiennent mutuellement. L'une relève sans doute de la psychopathologie, lorsque la veine comique de la satire anticommunautariste vire à l'obsession classiquement judéophobe du complot sioniste international, mais elle montre ici sa redoutable capacité à ratiociner et à manipuler, à créer de prétendues solidarités de persécutés. L'autre relève d'une sensibilité de gauche, lorsque la culpabilité, l'hostilité de principe à la majorité « blanche » et la posture systématique de la dénonciation victimiste deviennent ses principes stucturants. On voit bien par quels procédés Dieudonné prend le dessus : il joue systématiquement de la solidarité des persécutés, et du besoin qu'a son interlocuteur de se justifier. C'est un terrible pas de deux, où la volonté d'être au plus près des opprimés finit par cheminer à côté du plus délirant des racismes.

Pierre Tévanian a acquis une certaine audience dans les courants gauchistes et multiculturalistes, dont les ancrages sont divers : gageons qu'ils vont être surpris de découvrir jusqu'où leur porte-parole peut se laisser glisser… Oui, les mots sont importants.


Lire l'entretien en ligne sur le site "Les Ogres" ou au format PDF ci-dessous.
Les échanges de courriels entre la rédaction du site "Les Ogres" et Pierre Tevanian figurent à la fin de la transcription de l'entretien.

Dimanche 18 Septembre 2005
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dieudonne-p.tevanian.pdf dieudonne-p.tevanian.pdf  (181.5 KB)

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