Comment réagissez-vous en apprenant qu'aujourd'hui encore il y a quelques centaines de corps qui n'ont été réclamés par personne ?
Ces corps qui attendent, cela démontre l'état de délabrement de la société française. Délabrement de toutes les solidarités tandis que, à l'inverse, les communautarismes progressent aux dépens de l'Etat républicain. Creuset républicain, intégration, valeurs : ce ne sont plus que des mots rituels qui ont perdu tout sens et que les politiques rabâchent.
Vous voulez dire que, quand on n'est pas pris en compte par sa « communauté », on est largué ?
Oui. Même les solidarités familiales ne jouent plus. C'est d'une tristesse totale de constater que des « vieux » meurent et que, même après leur mort, personne ne s'en préoccupe.
Les jeunes vont se tremper les orteils au bord de la mer et laissent sans nouvelles leurs vieux dans la fournaise des villes. Au-delà de cet attristant constat, le propos invite à penser que la communautarisation, souvent présentée comme un mouvement de compensation des inégalités sociales et des difficultés d'intégration, apparaît également ici comme un facteur d'inégalité sociale.