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Brèves

Quand un comique juif ne fait plus rire les censeurs de la « communauté »

ou les déboires de Gad Elmaleh chez Thierry Ardisson

Entre Sainte Inquisition et Procès de Moscou, il existe en France des groupes de pression communautaires qui peuvent désormais porter atteinte non seulement à la liberté d'expression mais aussi au droit au silence.



Gad Elmaleh (droits réservés)
Gad Elmaleh (droits réservés)
15 mars 2003. Les écrans s'allument, en ce samedi soir, sur l'émission racoleuse de Thierry Ardisson, Tout le monde en parle. Autour de la table, après une séquence plutôt distrayante, en présence de Pascal Sevran, d'un mannequin slave et de l'humoriste Gad Elmaleh, en pleine promotion du film Chouchou, arrivent deux poids lourds du combat identitaro-religieux : Tawfik Mathlouthi, anti-sioniste notoire et créateur du Mecca-Cola (voir notre article à ce sujet), et Gilles-William Goldnadel, avocat extrémiste de la cause juive (voir notre portrait).

Gad Elmaleh, qui n'était pas prévenu de cette confrontation à haut risque et encore moins venu pour prendre position sur la question israélo-palestinienne, qui plus est dans des conditions pareilles, n'en revient pas, reste tétanisé par la surprise et laisse les deux passionnés s'étriper sous l'œil gourmand de l'animateur avant, finalement, de quitter le plateau. Sauf que le montage de l'émission, très « arrangé » par la production, met en avant le mutisme du comique, évidemment coupable puisqu'il aurait évidemment, en tant que juif, dû monter au front pour défendre Israël...

Malmené à la sortie du plateau par les nervis de Goldnadel, cible dès le lendemain d'une campagne d'appel au boycott de ses spectacles, vidéos et films, Gal Elmaleh se trouve avant d'avoir fait ouf cloué au pilori par la frange extrémiste juive comme traître à la « communauté ».

Le 31 mars, la vigueur et l'ampleur de la campagne (relayée par courriel et SMS) sont devenues telles que l'humoriste, meurtri, doit longuement s'expliquer à l'antenne de Radio J pour rappeler les conditions de tournage et de montage de l'émission d'Ardisson, faire son auto-critique et rappeler son attachement évident à Israël.

On savait que, pour certains inspirés de la Sainte Inquisition et des sinistres Procès de Moscou, on n'a pas le droit de tout dire quand on est un Juif connu et reconnu. Désormais, on n'a même plus le droit de se taire.


Dimanche 28 Septembre 2003
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