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SNCM : réactions syndicales contre la «corsisation» en douce mais mutisme de l'ÉtatQuand la "corsisation des emplois" avance sous le silence assourdissant des pouvoirs publics...
(droits réservés)
Le conflit de la Société nationale Corse-Méditerranée (SNCM) ne souciait a priori pas davantage qu'une banale épreuve de force sociale dans une société de transports collectifs, comme il y en a tant en France. Sauf que le relevé de conclusions adopté dimanche par la compagnie et le Syndicat des travailleurs corses (STC), prévoit d'une part d'élever considérablement la prime d'insularité (130 euros par mois avec un effet rétroactif au 1er janvier 2004) et d'autre part de « rééquilibrer les nouveaux recrutements en faveur des insulaires ». En somme, le texte comprend des dispositions visant ni plus ni moins que la « corsisation des emplois », concept chéri des indépendantistes.
La nouvelle n'a heureusement pas manqué de soulever un véritable tollé de la part de l'essentiel du monde syndical (CGT, FO, CFTC). Pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, « il y a un problème sur un volet qui relève, selon nous, du communautarisme et qui pose un problème par rapport aux valeurs républicaines ». Jacques Voisin, secrétaire général de la CFTC, a lui aussi prévenu sur LCI : « Si le relevé de conclusions devait se transformer en accord, la CFTC participera à sa dénonciation comme elle l'a fait au mois de mars », rappelant que « la justice » avait alors « donné raison à ceux qui avaient dénoncé l'accord, à cause de la préférence insulaire ». Quant à la CGT, première à réagir dès dimanche soir, elle a demandé à « l'Etat actionnaire de frapper de nullité » un accord qu'elle juge « discriminatoire et lourd de conséquences ». L'État, justement, était resté muet jusqu'à hier soir. Or on pouvait s'étonner que les Pouvoirs publics, pourtant si prompts à dénoncer les discriminations de toutes sortes, ne se soient pas manifestés sur cette affaire où la discrimination est précisément envisagée comme pratique dûment officialisée dans une compagnie... nationale. Finalement, François Goulard, secrétaire d'État aux Transports et à la Mer, récemment signalé pour sa participation à l'inauguration de l'établissement parisien de Diwan (Inauguration de l'école Diwan de Paris : François Goulard en immersion), a répondu sur sur LCI qu'il ne « voyait pas ce qui pose problème », jugeant même l'accord « tout à fait conforme au droit ». Il donne ainsi raison à Alain Mosconi, le secrétaire national du STC et offre ainsi une retentissante victoire aux nationalistes. Plutôt que de longues gloses, rappelons alors que, le 10 juillet dernier lors de la manifestation des indépendantistes contre la venue en Corse de Dominique de Villepin, M. Mosconi fut le seul à prendre la parole pour interroger la foule : « Face à la répression, la décorsisation des emplois, la politique de colonisation de peuplement, de spéculation sur notre terre, que nous reste-t-il pour résister ? » Réponse : « Les bombes, le plastic ! » Compte tenu de l'atmosphère xénophobe qui règne actuellement dans les milieux nationalistes, le moins que l'on puisse dire est que M. Goulard aurait été mieux inspiré de rester silencieux. -------------------------- Texte tiré du site partenaire Revue républicaine Voir le communiqué de presse du Premier ministre : "Recrutements à la SNCM" (21/09/2004) Sur la Corse, lire notamment sur le site de l'Observatoire du communautarisme : -Le feu identitaire dévore l'Europe -Les nouvelles provocations de Jean-Guy Talamoni à Corte -Une carte d'identité corse ? Lundi 20 Septembre 2004
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