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Discours et positions

Ségolène Royal drague le vote antillais

En campagne dans les Antilles, la candidate socialiste s'est voulu la future présidente d'une "France métissée" et a promis une "préférence régionale" dans l'accès à l'emploi pour la population locale.



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En campagne dans les Antilles, où Nicolas Sarkozy a eu des difficultés dans un passé récent (voyage officiel annulé par crainte des activistes locaux), la candidate du Parti socialiste n'avait rien laissé au hasard pour s'assurer de l'accueil de la population et des formations politiques du mouvement identitaire antillais. Si l'on en croit Georges Frêche, le fait que la date de ce déplacement ait coïncidé avec celle de son exclusion du Parti socialiste -réclamée notamment par les militants antillais- n'était pas une simple coïncidence.

Après avoir évoqué des souvenirs d'enfance -Ségolène Royal a vécu trois ans en Martinique lorsque son père, militaire, y était affecté-, elle a rencontré le poète Aimé Césaire. Les courbettes de Nicolas Sarkozy en direction de la figure tutélaire des Antilles (le ministre de l'intérieur a récemment décidé de donner à l'aéroport du Lamentin le nom d'Aimé Césaire, pourtant toujours bien vivant...) n'y ont rien fait : l'auteur du célèbre Discours sur le colonialisme qui fut longtemps maire de Fort-de-France a apporté son soutien à la candidate du PS. Un soutien obtenu sur fond de références à "l'identité martiniquaise".

Entre une séance de tam tam et des slogans en créole, Ségolène Royal n'a reculé devant rien pour tenter de séduire les 630.000 électeurs que comptent les Antilles. Transportée par la chaleur de son comité d'accueil local, Ségolène Royal a notamment affirmé son opposition à "l'exécrable loi votée par la droite sur les soi-disants bienfaits de la colonisation. Cette lecture révisionniste de l'histoire était inacceptable. Le colonialisme, c'est un système de domination, de spoliation, et d'humiliation". C'était oublier un peu vite que les parlementaires socialistes n'avaient pas critiqué en session parlementaire cette loi tant décriée ... (cliquer ici)

Depuis les Antilles, Ségolène Royal s'est présentée comme porteuse du projet d'une "France métissée" : "Le métissage est une chance pour la France. Je serai la présidente de la République de la France métissée. Je souhaite une république accueillante à tous les siens et qui ne tolère plus aucune discrimination". Le métissage est un fait, fruit du mélange des populations qui ont fait la France au cours des siècles. Mais il y a une certaine démagogie à en faire un projet, comme si l'anti-racisme -né de l'affirmation du principe de respect des différences- avait vocation à aboutir à la disparition des différences d'origine à la faveur d'une uniformisation des pigments. Sous des dehors sympathiques, l'appel au métissage réintroduit dans le champ politique le primat des considérations raciales. On s'étonne aussi de trouver ce thème -qui passe mieux quand il s'exprime dans une chanson de Yannick Noah- dans la bouche d'une candidate qui, toute femme qu'elle est, incarne néanmoins l'élite resserrée issue de l'ENA, une institution dont le nom est rarement associé à la notion de métissage.

Plus terre à terre est la promesse de la candidate d'instituer un principe de "préférence régionale" pour l'accès prioritaires des jeunes du cru aux emplois publics et privés. Une mesure inégalitaire qui surprend quand on sait combien le Parti socialiste s'est opposé à la préférence nationale prônée par Jean-Marie Le Pen et le Front National.

C'est décidément une drôle de campagne.

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Lire le récit du voyage de Ségolène Royal sur le site Désirs d'Avenir : cliquer ici

Jeudi 01 Février 2007
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