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Une nomination et des questions (vol. 2)Que manifeste la récente nomination d'Aïssa Dermouche comme préfet du Jura?
Aïssa Dermouche, nouveau préfet du Jura (droits réservés)
C'est fait.
Le directeur de l'Ecole supérieure de commerce de Nantes, Aïssa Dermouche, a été nommé en conseil des ministres préfet du Jura le 14 janvier 2004, jour de son 57e anniversaire. A l'instar du maire de Nantes, le socialiste Jean-Marc Ayrault, beaucoup de commentateurs ont salué la nomination d'un homme "nommé pour ses compétences, qui sont remarquables et "une promotion républicaine exemplaire de ce que la France peut permettre" . L'intéressé lui-même s'est dit "très honoré" de cette nomination, qu'il considère comme "une reconnaissance de son parcours et de son bilan". Français d'origine kabyle né en Algérie le 14 janvier 1947 à Laperrine dans une famille d'extraction modeste, Aïssa Dermouche a quitté son pays à 18 ans, après des études secondaires à Alger. Ses études en France lui ont permis d'obtenir un DEA de Sciences sociales, un autre de Gestion et, en 1978, par un doctorat de 3e cycle en Sciences de l'Information. Il a par la suite fait carrière, tout d'abord en tant que consultant, puis comme professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Nantes qu'il a intégrée en 1976. Il en deviendra le directeur en 1989, quadruplant l'effectif de l'école qui est désormais de près de 2 000 étudiants, dont 20% d'étudiants étrangers venus de 36 pays. Chevalier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du Mérite, membre de la très élitiste association du Siècle, un cercle de réflexion réunissant des décideurs économiques, des chefs d'entreprises et hommes politiques, Aïssa Dermouche semble faire l'unanimité. C'est sans doute la raison pour laquelle le président de la République a revendiqué être à l'origine de la nomination d'un préfet issu de l'immigration matérialisant la volonté claironnée -et controversée- du ministre de l'intérieur de désigner un "préfet musulman". En analysant froidement la nomination d'Aïssa Dermouche, on observe néanmoins que le nouveau préfet du Jura n'a aucune compétence en droit public et que, pour méritoire qu'il soit, son parcours professionnel ne contient pas non plus d'expérience dans la haute administration ou dans les collectivités locales. Aussi peut-on voir cette nomination "symbolique" soit comme la promotion artificielle d'un homme pour son origine ethnique ou sa confession -il s'agirait alors d'un bel exemple de discrimination positive- soit comme la volonté de l'Etat de briser le monopole de l'ENA en ouvrant la fonction prestigieuse et essentielle de préfet à la société civile, geste politique dont on attend dès lors d'autres exemples. On aimerait croire à la deuxième hypothèse... Mercredi 14 Janvier 2004
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Julien Landfried invité du Forum en direct du Nouvelobs.com mardi 27 mars