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United Colours of France TélévisionsPour ne pas se faire piquer le thème en vogue de la "diversité" dans les médias par TF1, France Télévisions a défini des mesures pour favoriser la représentation des "minorités".
Dessin de Franck Resplandy (droits réservés)
Le 20 mars 2006, les dirigeants de France Télévisions rendaient publiques les grandes lignes de leur plan en faveur de la diversité à l'antenne.
Les propositions de France Télévisions sont au nombre de cinq : - Faire en sorte que les chaînes du groupe France Télévisions incitent fortement les réalisateurs, les producteurs et les agents à mieux prendre en compte la diversité française tant dans l'attribution des rôles que dans la constitution des équipes techniques. Des objectifs de résultats seront assignés aux chaînes. - Engager une réflexion avec le CNC pour financer des projets sur les fonds qui seront consacrés aux oeuvres contribuant à la cohésion sociale. - Consacrer une part significative de la taxe d'apprentissage du groupe France Télévisions à des bourses d'étudiants "issus des minorités" et souhaitant se former aux "métiers de la fiction". - Dégager une dotation spécifique pour RFO dans le budget 2007 de France Télévisions pour que la chaîne puisse produire ses propres programmes de fiction. - Organiser des projections et des débats au sein d'établissements scolaires situés en ZEP. Il y avait semble-t-il urgence pour France Télévisions à présenter ces mesures, deux semaines après que le rival TF1 eût annoncé de façon tonitruante le recrutement d'un journaliste noir, Harry Roselmack, pour présenter son journal télévisé. Pour se démarquer de TF1, le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, a souligné que sa stratégie avait vocation à s'inscrire dans le long terme : "La diversité doit s'incrire dans la durée à mille lieues des coups médiatiques ponctuels". Certaines des propositions du groupe de télévision publique ne posent guère de problème. C'est le cas des débats proposés aux écoles, du coup de pouce budgétaire à la chaîne des DOM-TOM et des "oeuvres contribuant à la cohésion sociale". Des mesures assez fumeuses qui ne mangent pas de pain... En revanche, on peut franchement s'interroger sur des mesures comme l'action sur les casting des programmes et les bourses attribuées à des étudiants "issus des minorités". Des quotas qui ne veulent pas dire leur nom ? Une discrimination positive déguisée ? Avec ces propositions, Patrick de Carolis ne fait d'ailleurs que reprendre le P.A.P.I. (plan d'action positive pour l'intégration) lancé en janvier 2004 par son prédécesseur, Marc Tessier, pour assurer une "juste représentativité" des différentes composantes de la communauté française à la télévision publique. Il se propose même "d'amplifier" ce plan de discrimination positive : "L'idée de ce plan était d'agir sur les contenus des programmes, sur les ressources humaines et sur l'éthique. A son arrivée à la tête du groupe, Patrick de Carolis m'a dit: on continue et on amplifie" si l'on en croit Edouard Pellet, délégué à l'Intégration et à la Diversité à France Télévisions. France Télévisions n'a pas pris soin de définir au préalable ce que recouvrait cette notion de "minorité" qui semble sous-tendre son plan. Une notion étrangère au système juridique français qui gagnerait à être précisée dans la mesure où elle peut s'apprécier en termes absolus (groupes objectivement distincts d'un groupe réputé majoritaires - les blancs ou gaulois pour s'en tenir à l'approche ethnique) ou en termes relatifs (approche strictement quantitative qui suppose un recensement et qui peut donner des résultats différents selon l'environnement de référence : minoritaire dans les beaux quartiers, un noir ne l'est pas forcément dans une cité de banlieue). Et que dire des "objectifs de résultat" qui seront suivis dans ce domaine ? Cela signifie-t-il que la télé publique va tenir des comptabilités de noirs, de maghrébins ? Dans ce cas, dans quelle case seront logés les métis ? A-t-on aussi prévu quelque chose pour les asiatiques ? Et comment va-t-on définir la fameuse "juste représentativité" que France Télévisions se propose d'atteindre ? Si certains groupes sont insuffisamment représentés à l'écran, cela veut logiquement dire que d'autres sont sur-représentés ; et dans ce cas, lesquels ? Aussi démagogique et factice que soit le coup de l'embauche d'un journaliste noir pour un programme-phare, l'approche de TF1 est tout compte fait moins malsaine que celle choisie par France Télévisions qui s'est engagée sur une pente glissante. La mise en lumière d'Harry Roselmack contribuera sans doute à elle seule à faire envisager différemment la réalité nationale. Pendant ce temps-là, les pontes de la télé publique, piégés par leurs quotas et leurs "objectifs de résultat" plaqués sur une réalité floue et mouvante, se livreront à des comptes d'apothicaires sordides pour savoir s'ils ont assez de noirs ou de maghrébins dans leurs téléfilms. ----------------------------------- Lire les propositions de France Télévisions (source : Satellifax) sur le site Toute La Télé : cliquer ici Mardi 28 Mars 2006
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