Débats et polémiques à ATTAC autour de la question de la laïcité - www.communautarisme.net/attaclaicite
15 Mars 2005
Lettre d’un aborigène de la république (ou pourquoi je signe avec des indigènes), par Bernard Dréano
A propos de l'Appel "Nous sommes des Indigènes de la République"
presse OC
15 mars 2005
Bernard Dréano est président du Cedetim (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale - organisation membre du Collège des fondateurs d'Attac)
Cher(e)s ami(e)s et camarades,
Pourquoi vous êtes-vous rassemblés sur la place ? Il paraît que les barbares doivent arriver aujourd’hui.*
Les barbares sont sous nos murs. Il paraît même que certains sont déjà dans nos murs. Ils portent dans leurs yeux la haine et dans leurs coeurs la guerre, une guerre qu’ils appellent Djihad. Et nous avons peur, peur de ces femmes furtives qui se cachent sous des voiles noirs et refusent de montrer jusqu’à leurs visages, peur de ces jeunes garçons hâbleurs dont les bêtises adolescentes semblent soudain armées du glaive de la foi. Les barbares sont de retour, nos barbares, nos ennemis familiers, ceux du croissant contre la croix, ceux du fellagha contre la France. Ceux de l’obscure régression à laquelle nous opposons notre lumière du progrès, comme toujours au nom de l’universel. Ils pourraient même, modernes vandales, ruiner l’édifice de liberté que nous avons tant de mal à construire et à préserver et que nous appelons République.
C’est ce discours là que j’entends maintenant chaque jour, pour condamner certains de mes amis, certaines des initiatives militantes auxquelles je participe, comme le Collectif une école pour toutes et tous ou les Assises de l’anticolonialisme. Je dis bien condamner, promettre à la damnation, car on ne peut évidemment pas discuter avec les barbares. Certains autres de mes amis, ou de mes camarades de longue date, participent sans vergogne à ces excommunications brutales, ou du moins les approuvent tacitement. Est-ce parce que j’ai signé l’appel des indigènes de la république qu’ils évitent mon regard, s’abstiennent de répondre à mes arguments, quand je leur dis que les barbares ne sont pas là où ils le pensent ? Oserons-t-ils continuer à esquiver le débat quand ils recevront cette lettre qui leur est très précisément destinée ? Ou devrais-je cesser de les considérer comme des amis, comme des camarades ?
Lire la suite sur le site du Cedetim
Pourquoi vous êtes-vous rassemblés sur la place ? Il paraît que les barbares doivent arriver aujourd’hui.*
Les barbares sont sous nos murs. Il paraît même que certains sont déjà dans nos murs. Ils portent dans leurs yeux la haine et dans leurs coeurs la guerre, une guerre qu’ils appellent Djihad. Et nous avons peur, peur de ces femmes furtives qui se cachent sous des voiles noirs et refusent de montrer jusqu’à leurs visages, peur de ces jeunes garçons hâbleurs dont les bêtises adolescentes semblent soudain armées du glaive de la foi. Les barbares sont de retour, nos barbares, nos ennemis familiers, ceux du croissant contre la croix, ceux du fellagha contre la France. Ceux de l’obscure régression à laquelle nous opposons notre lumière du progrès, comme toujours au nom de l’universel. Ils pourraient même, modernes vandales, ruiner l’édifice de liberté que nous avons tant de mal à construire et à préserver et que nous appelons République.
C’est ce discours là que j’entends maintenant chaque jour, pour condamner certains de mes amis, certaines des initiatives militantes auxquelles je participe, comme le Collectif une école pour toutes et tous ou les Assises de l’anticolonialisme. Je dis bien condamner, promettre à la damnation, car on ne peut évidemment pas discuter avec les barbares. Certains autres de mes amis, ou de mes camarades de longue date, participent sans vergogne à ces excommunications brutales, ou du moins les approuvent tacitement. Est-ce parce que j’ai signé l’appel des indigènes de la république qu’ils évitent mon regard, s’abstiennent de répondre à mes arguments, quand je leur dis que les barbares ne sont pas là où ils le pensent ? Oserons-t-ils continuer à esquiver le débat quand ils recevront cette lettre qui leur est très précisément destinée ? Ou devrais-je cesser de les considérer comme des amis, comme des camarades ?
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Rédigé par presse OC le 15 Mars 2005 à 13:42
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