Débats et polémiques à ATTAC autour de la question de la laïcité - www.communautarisme.net/attaclaicite
La laïcité adversaire de la mondialisation néolibérale, par Bernard Teper, membre du groupe de travail Laïcité d'Attac
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
2005
Bernard Teper est président de l'Ufal (Union des familles laïques -organisation membre du Collège des fondateurs d'Attac) et membre du conseil scientifique d'Attac
Jean Jaurès répondait à tous ceux qui voulaient bâillonner la laïcité sous prétexte de tolérance :
« La plus perfide manœuvre des ennemis de l'école laïque, c'est de la rappeler à ce qu'ils appellent la neutralité (…) en effet, il n'y a que le néant qui est neutre (…) »
« Quand vous aurez mis dans l'esprit des enfants la science avec ses méthodes et la nature avec ses lois, c'est la nature elle-même qui agira dans leur intelligence et qui rejettera le caprice et l'arbitraire. Et que pourrait dire alors ceux qui accusent à tout propos l'institution de violer la neutralité scolaire ? Voudront-ils, selon le mot admirable de Spinoza, obliger la nature elle-même à délirer comme eux ? »
Sur le plan idéologique et religieux, la laïcité est anticléricale, mais pas anti-religieuse. Sur le plan institutionnel, la laïcité nous entraîne à refuser le traité constitutionnel européen, notamment à cause de l'article I-52 qui institutionnalise les églises dans la sphère publique (voir exigence 14 d'ATTAC).
Sur le plan économique, la laïcité est la matrice de tout système solidaire de protection sociale et de tous services publics républicains. Pour ces derniers, elle implique de penser et de produire une logique citoyenne de gestion articulée avec la représentation nationale (voir position d'ATTAC sur la santé et la sécurité sociale par exemple).
La laïcité s'oppose donc à la logique capitaliste (tendance à l'envahissement de la sphère publique par la sphère privée) et à la logique « soviétique » (c'est à dire l'inverse !).
Actualité de la laïcité face à la mondialisation néo-libérale.
La logique de la mondialisation néo-libérale est de généraliser la marchandisation et la privatisation des activités humaines. Elle entraîne donc le recul de l'Etat social et donc le principe de solidarité. Pour cela, elle a besoin d'une alliance avec les communautés ethniques et religieuses appliquant la charité au lieu de la solidarité pour remplacer les systèmes solidaires de protection sociale et les services publics qui disparaissent. En ce sens, le développement récent du néo-communautarisme et de ses formes intégristes subséquentes sont des produits de la mondialisation néo-libérale, ou bien vont dans le sens de ses intérêts.
Actualité de la laïcité pour le droit à l'émancipation de toutes les femmes et de tous les hommes.
La plupart des intégrismes sur lesquels fleurit le neo-communautarisme, s'appuient sur le refus de l'égalité hommes/femmes et sur la volonté d'enfermement et de régression pour les femmes. On le voit sur les actions des intégristes chrétiens contre le droit à la contraception et à l'IVG, on le voit aussi avec les actions des néo-communautaristes islamistes et de leurs alliés contre le droit légitime des femmes et contre l'égalité hommes/femmes.
De ce point de vue, l'actuelle poussée néo-communautariste, alimentée par la mondialisation néo-libérale doit être fermement combattue. Seul un projet émancipateur organisé autour de l'ensemble des principes énoncés ci-dessus peut la combattre en donnant l'espoir d'un autre monde solidaire.
« La plus perfide manœuvre des ennemis de l'école laïque, c'est de la rappeler à ce qu'ils appellent la neutralité (…) en effet, il n'y a que le néant qui est neutre (…) »
« Quand vous aurez mis dans l'esprit des enfants la science avec ses méthodes et la nature avec ses lois, c'est la nature elle-même qui agira dans leur intelligence et qui rejettera le caprice et l'arbitraire. Et que pourrait dire alors ceux qui accusent à tout propos l'institution de violer la neutralité scolaire ? Voudront-ils, selon le mot admirable de Spinoza, obliger la nature elle-même à délirer comme eux ? »
Sur le plan idéologique et religieux, la laïcité est anticléricale, mais pas anti-religieuse. Sur le plan institutionnel, la laïcité nous entraîne à refuser le traité constitutionnel européen, notamment à cause de l'article I-52 qui institutionnalise les églises dans la sphère publique (voir exigence 14 d'ATTAC).
Sur le plan économique, la laïcité est la matrice de tout système solidaire de protection sociale et de tous services publics républicains. Pour ces derniers, elle implique de penser et de produire une logique citoyenne de gestion articulée avec la représentation nationale (voir position d'ATTAC sur la santé et la sécurité sociale par exemple).
La laïcité s'oppose donc à la logique capitaliste (tendance à l'envahissement de la sphère publique par la sphère privée) et à la logique « soviétique » (c'est à dire l'inverse !).
Actualité de la laïcité face à la mondialisation néo-libérale.
La logique de la mondialisation néo-libérale est de généraliser la marchandisation et la privatisation des activités humaines. Elle entraîne donc le recul de l'Etat social et donc le principe de solidarité. Pour cela, elle a besoin d'une alliance avec les communautés ethniques et religieuses appliquant la charité au lieu de la solidarité pour remplacer les systèmes solidaires de protection sociale et les services publics qui disparaissent. En ce sens, le développement récent du néo-communautarisme et de ses formes intégristes subséquentes sont des produits de la mondialisation néo-libérale, ou bien vont dans le sens de ses intérêts.
Actualité de la laïcité pour le droit à l'émancipation de toutes les femmes et de tous les hommes.
La plupart des intégrismes sur lesquels fleurit le neo-communautarisme, s'appuient sur le refus de l'égalité hommes/femmes et sur la volonté d'enfermement et de régression pour les femmes. On le voit sur les actions des intégristes chrétiens contre le droit à la contraception et à l'IVG, on le voit aussi avec les actions des néo-communautaristes islamistes et de leurs alliés contre le droit légitime des femmes et contre l'égalité hommes/femmes.
De ce point de vue, l'actuelle poussée néo-communautariste, alimentée par la mondialisation néo-libérale doit être fermement combattue. Seul un projet émancipateur organisé autour de l'ensemble des principes énoncés ci-dessus peut la combattre en donnant l'espoir d'un autre monde solidaire.
La laïcité, un idéal en péril, par Francine Palisson, animatrice du groupe de travail Laïcité d'Attac
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
2005
La laïcité met en jeu des principes philosophiques fondateurs dont la traduction juridique a été donnée par la loi de 1905,(séparation de l'Etat et des églises). Oublier ou taire cet idéal fondateur, c'est ébranler ce cadre juridique ; et c'est bien ce que nous percevons quand on parle de « laïcité ouverte », « neutralité positive ». Ces expressions visent à restaurer de façon rampante l'emprise des cléricalismes religieux sur la cité.
La laïcité implique une affirmation forte de l'état républicain, dépositaire du bien commun et donc d'une authentique citoyenneté. Elle s'y attache par l'école publique, par la solidarité redistributive, la justice sociale afin d'assurer à tous la dignité d'existence. Cependant, elle n'interdit pas la manifestation du pluralisme ; elle doit rendre lisible ce qui est commun aux êtres humains, et non exalter ce qui les divise.
1- Un monde commun à tous.
Dans la cité laïque, la loi commune laisse chacun libre de choisir sa façon de vivre et sa démarche spirituelle, elle s'inscrit dans les limites requises par le respect de la vie privée. Pour qu'il n'y ait aucune confusion, il faut souligner que la laïcité exclut aussi bien l'athéisme officiel que la religion officielle, ainsi que le système concordataire.
La laïcité doit faire du peuple tout entier, sans privilège ni discrimination, la référence de la communauté politique, c'est alors que celle-ci mérite son nom de République.
Peuple (laos), renvoie à ce qui unit tous les humains sans tutelle reconnue à une partie qui se penserait investie d'une mission et qui entendrait dire la norme. Par essence, elle n'est pas anti-religieuse, si l'anti-cléricalisme a constitué une réponse historique au refus de l'Eglise de reconnaître la stricte égalité des croyants et des non croyants dans
les institutions publiques, il n'était pas premier dans la définition de l'idéal laïque.
2- Laïcité et droits de l'homme.
Les droits de l'homme, non pas la litanie d'un humanitarisme qui tend à se substituer à toute conscience politique, ne peuvent exister qu'à partir d'une exigence de valeur émancipatrice. L'unité des communautés humaines doit se fonder sur la République dans le sens de communauté politique. La République, communauté de citoyens se construit sur des lois communes fondées sur la définition des droits et des devoirs. L'Etat n'est pas l'arbitre des croyances, il n'impose ni interdit un credo. L'époque qui a prévalu si longtemps (un roi, une loi, une foi) et réactivé par Louis XIV avec la révocation de l'Edit de Nantes, est révolue ; mais la confusion est loin d'avoir disparu. L'Etat est souvent assimilé à une instance de domination par ceux qui refusent son rôle régulateur et redistributeur. On en vient à oublier que l'Etat, tel qu'il a été refondé par la Révolution française, n'est pas une entité extérieure au peuple.
Il faut réfléchir à la nature qui rassemble ce peuple : ce n'est ni l'union communautariste, ni l'union organique autour d'une ascendance ethnique, ni celle d'un particularisme de coutumes qui seraient toutes exclusives des autres (ex Yougoslavie, Proche-Orient). L'union laïque délit les hommes, les libère, ce qui d'autant mieux les unit. Mais pour jouir d'une autonomie de jugement qui rend chacun maître de ses pensées, le rôle de l'école est décisif, elle n'est pas là pour s'adapter au monde, mais pour former la capacité de jugement du citoyen, sans imposer un credo, citoyen capable d'obéir, mais le cas échéant de se révolter.
3- Ya-t-il plusieurs laïcités ?
Contrairement à la conception qu'en ont certains, la laïcité ne peut déroger aux trois principes fondamentaux que sont la liberté de conscience, l'égalité pour tous les citoyens et l'indépendance de la sphère publique.
- ni la Pologne, imposant la prière à l'école,
- ni l'ex Union soviétique érigeant le marxisme en philosophie officielle, ne furent des pays laïques, pas plus que les pays concordataires ne sont des versions de la laïcité.
Pour qu'un croyant, un agnostique ou un athée puissent vivre ensemble, ils doivent définir des règles communes hors de toute référence à toutes options particulières ; la laïcité n'entre pas en concurrence avec les différentes options spirituelles, elle affranchit de toute tentation cléricale, alors que dans le cas contraire on instrumentalise la spiritualité dans un but de domination. Spinoza et Hugo ont tous deux souligné que le cléricalisme semblait souvent plus soucieux de la terre que du ciel !
Il nous faut rappeler l'importance d'une traduction juridique claire, il y a trois cas de figures.
1er cas, les guerres de religions, ce qui est hélas encore actuel, (affrontements inter-religieux entre musulmans et hindoux, catholiques et protestants en Irlande du nord…).
2ème cas, la mosaïque des communautarismes, comme dans certaines dérives des pays anglo-saxons (Canada, Etats-Unis).
3ème cas, la république laïque qui permet d'affirmer l'idée d'un monde commun aux êtres humains, sans nier leurs différences, et en les dotant d'un statut qui assure leur coexistence.
Attention à ne pas confondre public et privé, privé et individuel ; par exemple une messe est une association de croyants qui usent de leur liberté privée, même si elle se manifeste publiquement, il en est ainsi pour toute réunion de mouvements religieux ou philosophiques.
Selon le droit, est public ce qui concerne le peuple dans son ensemble et qui relève de la légitimité de l'Etat : nation, région, départements, communes.
La laïcisation du droit libère les mœurs : sexualité et procréation, vie affective et mariage, liberté de la femme face à la tutelle machiste, l'homosexualité de l'opprobe où elle a été tenue. Mais en réalité certains partisans de la « laïcité ouverte » rêvent de renégocier ce qu'ils s'obstinent à nommer « un pacte laïc ».
La vraie liberté de l'école : assurer à tous une instruction capable d'élargir les références et de fonder l'autonomie de jugement. « Apprendre ce que l'on ignore, pour pouvoir , le moment venu se passer de maître ».
Les enfants et les jeunes ne sont pas des « consommateurs », voir l'introduction dans les établissements scolaires du jeu du CIC, les « masters d'économie ». Les groupes de pression de l'hégémonie capitaliste sont aussi dangereux que les groupes de pression cléricaux et communautaristes.
L'école de la République se doit de tenir à distance tous les groupes de pression, non seulement religieux, mais aussi économiques, sociaux et médiatiques. Toutefois la liberté de conscience ne peut se réduire au fait d'admettre n'importe quoi, toutes les idées ne se valent pas, et l'école laïque ne peut désarmer le jugement critique par un relativisme sans visage qui serait confondu avec la liberté ou l'égalité.
Un autre piège qu'il nous faut déjouer, le communautarisme, les apprentis sorciers du communautarisme, visent à une destruction de la laïcité qu'ils baptisent pudiquement « Laïcité ouverte », sous le respect des différences.
4- La laïcité menacée.
C'est le cas de cette partie de la République, l'Alsace-Moselle, qui échappe à la loi de séparation au prétexte qu'en 1905, cette région n'était pas intégrée à la République française.
Une autre menace, et celle là déjà en cours, la privatisation supposée nécessaire « des services publics à la française », le financement public d'écoles privées, hérité du régime de Vichy constitue un manquement à la laïcité, puisqu'il définit l'instruction publique comme une prestation de service.
Quand on parle de laïcité ouverte est-ce qu'on pense qu'on pourrait parler de « droits de l'homme ouverts » ? Vient ensuite la notion de « culture religieuse ». Acquérir la connaissance des doctrines religieuses et des faits historiques liés, c'est se constituer une culture, mais ce ne peut pas plus s'appeler « culture religieuse » que le fait de connaître la doctrine communiste ne peut s'appeler « doctrine communiste ». Attention au glissement sémantique. Les religions n'ont pas le monopole du sens.
Le retour de l'ordre moral ? L'idée républicaine de bien commun articule droits sociaux et solidarité redistributive, il faut voir les véritables causes de la misère du monde, et cesser d'attribuer à la laïcité la perte de sens et d'idéal. Au contraire, laïcité et justice sociale vont de pair, la déshérence sociale ne peut se résoudre par un supplément d'âme religieux qui impliquerait une restauration d'emprise publique pour les religions.
On ne peut effacer la politique au profit de la vogue humanitaire et de la vague éthique.
L'aspiration laïque en Europe.
L'idéal laïc est une figue originale du rapport au religieux. En Europe il existe des formes variées de ce rapport. Si la France était seule en 1789, on constate des aspirations constantes à cet idéal dans toute l'Europe : ex la Suède récemment ; mais une tendance en France, comme dans d'autres pays européens, se fait jour à travers certains penseurs cléricaux qui rêvent de communautariser la laïcité à l'image de ce qui se passe en Belgique, où la laïcité se trouve ravalée au rang d'une option spirituelle, alors qu'elle a vocation à assurer la concorde entre les divers croyants, les agnostiques et les athées. Nous pouvons trouver d'autres exemples avec l'Espagne, alors que la constitution de 1978 stipule qu' « aucune religion n'est religion d'Etat », l'Eglise a conservé certains avantages, « statut spécial ». En Italie, évolution similaire (constitution de 1948), mais la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est trouvé limitée par certaines dispositions héritées des accords de Latran, 1929, où Mussolini avait érigé le catholicisme en religion d'état, ambiguïté qui a perduré jusqu'au nouveau concordat de 1984, abolissant ce principe.
Dans les pays dominés par les traditions protestantes, il n'y a pas eu de véritable laïcisation (Angleterre, Pays-bas, Danemark,Allemagne) : pour l'essentiel , la liberté de conscience y est respectée. On se souvient tout de même de la querelle des crucifix en Allemagne, ainsi que de la prière obligatoire dans les écoles anglaises.
Un autre danger existe, « le respect des croyances » qui veut exprimer le « religieusement correct ». C'est au nom de ce dernier type de respect, qu'aux Etats-Unis, des protestants ont pu demander la suspension des cours de biologie qui enseignaient les théories darwiniennes, incompatibles avec le dogme de la création divine.
La situation des libertés est mieux établie dans un pays laïque, mais le danger existe d'une remise en question ; l'Instance Européenne, en faisant droit aux groupes de pression religieux, tend à revenir sur ce caractère originaire. L'article I-51 du projet de traité constitutionnel, en est la preuve, et nous devons exiger son retrait.
Les penseurs anti-laïcs en France et sûrement dans d'autres pays, se servent de l'argument européen pour prétendre que la France laïque, étant la seule, ne peut pas continuer, alors que les penseurs laïcs européens utilisent la France comme modèle.
La laïcité implique une affirmation forte de l'état républicain, dépositaire du bien commun et donc d'une authentique citoyenneté. Elle s'y attache par l'école publique, par la solidarité redistributive, la justice sociale afin d'assurer à tous la dignité d'existence. Cependant, elle n'interdit pas la manifestation du pluralisme ; elle doit rendre lisible ce qui est commun aux êtres humains, et non exalter ce qui les divise.
1- Un monde commun à tous.
Dans la cité laïque, la loi commune laisse chacun libre de choisir sa façon de vivre et sa démarche spirituelle, elle s'inscrit dans les limites requises par le respect de la vie privée. Pour qu'il n'y ait aucune confusion, il faut souligner que la laïcité exclut aussi bien l'athéisme officiel que la religion officielle, ainsi que le système concordataire.
La laïcité doit faire du peuple tout entier, sans privilège ni discrimination, la référence de la communauté politique, c'est alors que celle-ci mérite son nom de République.
Peuple (laos), renvoie à ce qui unit tous les humains sans tutelle reconnue à une partie qui se penserait investie d'une mission et qui entendrait dire la norme. Par essence, elle n'est pas anti-religieuse, si l'anti-cléricalisme a constitué une réponse historique au refus de l'Eglise de reconnaître la stricte égalité des croyants et des non croyants dans
les institutions publiques, il n'était pas premier dans la définition de l'idéal laïque.
2- Laïcité et droits de l'homme.
Les droits de l'homme, non pas la litanie d'un humanitarisme qui tend à se substituer à toute conscience politique, ne peuvent exister qu'à partir d'une exigence de valeur émancipatrice. L'unité des communautés humaines doit se fonder sur la République dans le sens de communauté politique. La République, communauté de citoyens se construit sur des lois communes fondées sur la définition des droits et des devoirs. L'Etat n'est pas l'arbitre des croyances, il n'impose ni interdit un credo. L'époque qui a prévalu si longtemps (un roi, une loi, une foi) et réactivé par Louis XIV avec la révocation de l'Edit de Nantes, est révolue ; mais la confusion est loin d'avoir disparu. L'Etat est souvent assimilé à une instance de domination par ceux qui refusent son rôle régulateur et redistributeur. On en vient à oublier que l'Etat, tel qu'il a été refondé par la Révolution française, n'est pas une entité extérieure au peuple.
Il faut réfléchir à la nature qui rassemble ce peuple : ce n'est ni l'union communautariste, ni l'union organique autour d'une ascendance ethnique, ni celle d'un particularisme de coutumes qui seraient toutes exclusives des autres (ex Yougoslavie, Proche-Orient). L'union laïque délit les hommes, les libère, ce qui d'autant mieux les unit. Mais pour jouir d'une autonomie de jugement qui rend chacun maître de ses pensées, le rôle de l'école est décisif, elle n'est pas là pour s'adapter au monde, mais pour former la capacité de jugement du citoyen, sans imposer un credo, citoyen capable d'obéir, mais le cas échéant de se révolter.
3- Ya-t-il plusieurs laïcités ?
Contrairement à la conception qu'en ont certains, la laïcité ne peut déroger aux trois principes fondamentaux que sont la liberté de conscience, l'égalité pour tous les citoyens et l'indépendance de la sphère publique.
- ni la Pologne, imposant la prière à l'école,
- ni l'ex Union soviétique érigeant le marxisme en philosophie officielle, ne furent des pays laïques, pas plus que les pays concordataires ne sont des versions de la laïcité.
Pour qu'un croyant, un agnostique ou un athée puissent vivre ensemble, ils doivent définir des règles communes hors de toute référence à toutes options particulières ; la laïcité n'entre pas en concurrence avec les différentes options spirituelles, elle affranchit de toute tentation cléricale, alors que dans le cas contraire on instrumentalise la spiritualité dans un but de domination. Spinoza et Hugo ont tous deux souligné que le cléricalisme semblait souvent plus soucieux de la terre que du ciel !
Il nous faut rappeler l'importance d'une traduction juridique claire, il y a trois cas de figures.
1er cas, les guerres de religions, ce qui est hélas encore actuel, (affrontements inter-religieux entre musulmans et hindoux, catholiques et protestants en Irlande du nord…).
2ème cas, la mosaïque des communautarismes, comme dans certaines dérives des pays anglo-saxons (Canada, Etats-Unis).
3ème cas, la république laïque qui permet d'affirmer l'idée d'un monde commun aux êtres humains, sans nier leurs différences, et en les dotant d'un statut qui assure leur coexistence.
Attention à ne pas confondre public et privé, privé et individuel ; par exemple une messe est une association de croyants qui usent de leur liberté privée, même si elle se manifeste publiquement, il en est ainsi pour toute réunion de mouvements religieux ou philosophiques.
Selon le droit, est public ce qui concerne le peuple dans son ensemble et qui relève de la légitimité de l'Etat : nation, région, départements, communes.
La laïcisation du droit libère les mœurs : sexualité et procréation, vie affective et mariage, liberté de la femme face à la tutelle machiste, l'homosexualité de l'opprobe où elle a été tenue. Mais en réalité certains partisans de la « laïcité ouverte » rêvent de renégocier ce qu'ils s'obstinent à nommer « un pacte laïc ».
La vraie liberté de l'école : assurer à tous une instruction capable d'élargir les références et de fonder l'autonomie de jugement. « Apprendre ce que l'on ignore, pour pouvoir , le moment venu se passer de maître ».
Les enfants et les jeunes ne sont pas des « consommateurs », voir l'introduction dans les établissements scolaires du jeu du CIC, les « masters d'économie ». Les groupes de pression de l'hégémonie capitaliste sont aussi dangereux que les groupes de pression cléricaux et communautaristes.
L'école de la République se doit de tenir à distance tous les groupes de pression, non seulement religieux, mais aussi économiques, sociaux et médiatiques. Toutefois la liberté de conscience ne peut se réduire au fait d'admettre n'importe quoi, toutes les idées ne se valent pas, et l'école laïque ne peut désarmer le jugement critique par un relativisme sans visage qui serait confondu avec la liberté ou l'égalité.
Un autre piège qu'il nous faut déjouer, le communautarisme, les apprentis sorciers du communautarisme, visent à une destruction de la laïcité qu'ils baptisent pudiquement « Laïcité ouverte », sous le respect des différences.
4- La laïcité menacée.
C'est le cas de cette partie de la République, l'Alsace-Moselle, qui échappe à la loi de séparation au prétexte qu'en 1905, cette région n'était pas intégrée à la République française.
Une autre menace, et celle là déjà en cours, la privatisation supposée nécessaire « des services publics à la française », le financement public d'écoles privées, hérité du régime de Vichy constitue un manquement à la laïcité, puisqu'il définit l'instruction publique comme une prestation de service.
Quand on parle de laïcité ouverte est-ce qu'on pense qu'on pourrait parler de « droits de l'homme ouverts » ? Vient ensuite la notion de « culture religieuse ». Acquérir la connaissance des doctrines religieuses et des faits historiques liés, c'est se constituer une culture, mais ce ne peut pas plus s'appeler « culture religieuse » que le fait de connaître la doctrine communiste ne peut s'appeler « doctrine communiste ». Attention au glissement sémantique. Les religions n'ont pas le monopole du sens.
Le retour de l'ordre moral ? L'idée républicaine de bien commun articule droits sociaux et solidarité redistributive, il faut voir les véritables causes de la misère du monde, et cesser d'attribuer à la laïcité la perte de sens et d'idéal. Au contraire, laïcité et justice sociale vont de pair, la déshérence sociale ne peut se résoudre par un supplément d'âme religieux qui impliquerait une restauration d'emprise publique pour les religions.
On ne peut effacer la politique au profit de la vogue humanitaire et de la vague éthique.
L'aspiration laïque en Europe.
L'idéal laïc est une figue originale du rapport au religieux. En Europe il existe des formes variées de ce rapport. Si la France était seule en 1789, on constate des aspirations constantes à cet idéal dans toute l'Europe : ex la Suède récemment ; mais une tendance en France, comme dans d'autres pays européens, se fait jour à travers certains penseurs cléricaux qui rêvent de communautariser la laïcité à l'image de ce qui se passe en Belgique, où la laïcité se trouve ravalée au rang d'une option spirituelle, alors qu'elle a vocation à assurer la concorde entre les divers croyants, les agnostiques et les athées. Nous pouvons trouver d'autres exemples avec l'Espagne, alors que la constitution de 1978 stipule qu' « aucune religion n'est religion d'Etat », l'Eglise a conservé certains avantages, « statut spécial ». En Italie, évolution similaire (constitution de 1948), mais la séparation de l'Eglise et de l'Etat s'est trouvé limitée par certaines dispositions héritées des accords de Latran, 1929, où Mussolini avait érigé le catholicisme en religion d'état, ambiguïté qui a perduré jusqu'au nouveau concordat de 1984, abolissant ce principe.
Dans les pays dominés par les traditions protestantes, il n'y a pas eu de véritable laïcisation (Angleterre, Pays-bas, Danemark,Allemagne) : pour l'essentiel , la liberté de conscience y est respectée. On se souvient tout de même de la querelle des crucifix en Allemagne, ainsi que de la prière obligatoire dans les écoles anglaises.
Un autre danger existe, « le respect des croyances » qui veut exprimer le « religieusement correct ». C'est au nom de ce dernier type de respect, qu'aux Etats-Unis, des protestants ont pu demander la suspension des cours de biologie qui enseignaient les théories darwiniennes, incompatibles avec le dogme de la création divine.
La situation des libertés est mieux établie dans un pays laïque, mais le danger existe d'une remise en question ; l'Instance Européenne, en faisant droit aux groupes de pression religieux, tend à revenir sur ce caractère originaire. L'article I-51 du projet de traité constitutionnel, en est la preuve, et nous devons exiger son retrait.
Les penseurs anti-laïcs en France et sûrement dans d'autres pays, se servent de l'argument européen pour prétendre que la France laïque, étant la seule, ne peut pas continuer, alors que les penseurs laïcs européens utilisent la France comme modèle.
Il y a un an la loi du 15 mars..., par Respublica
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
ReSPUBLICA N° 339, le 15 mars 2005
Il y a un an, le 15 mars 2004, la loi contre les signes religieux à l'école était votée, à une très forte majorité, à l'assemblée nationale. Quand la campagne commença (suite à une tribune parue dans Libération, en mai 2003, signée par Bernard Teper, Pierre-André Taguieff, Michèle Tribalat et Catherine Kintzler), cette proposition fut combattue par toutes les forces politiques, associatives et syndicales de l'époque. Certes, on trouvera, parmi ses opposants, les dignitaires chrétiens, juifs et musulmans. On vit l'extrême droite chrétienne hurler au laïcisme, et organiser, derrière Bernard Antony, du Front national, une manifestation de protestation. Bayrou, voulant défendre les petites croix catholiques, fut également dans le camp des opposants à la loi, comme Sarkozy, qui avait donné des gages à l'UOIF, et qui avoua ensuite sa préférence pour la laïcité ouverte.
Mais le plus grand affrontement ne se situa pas de ce côté. Le débat sur la laïcité fit exploser le consensus qui régnait, sur la question, dans toutes les organisations de gauche. Les bureaucrates avaient confisqué le débat des années durant, le couvercle de la marmite ne pouvait que se soulever ! Cette loi a servi à deux choses.
Elle a d'abord, bien qu'imparfaite, freiné l'offensive que l'intégrisme islamique menait, en toute impunité, pour le plus grand plaisir des autres religions, dans les écoles et partout ailleurs, depuis plus de quinze ans.
Elle a permis, à travers les commissions Stasi et Debré, de libérer la parole, et d'enfin pouvoir exprimer la gravité des souffrances des jeunes filles dans les quartiers populaires, suite aux démissions de l'Etat. Les témoignages de Jean-Claude Santana et de l'équipe de La Martière, de Martine Ruppé et Roland Clément, enseignants à Flers, de Nadia Amiri, infirmière, de Fadela Amara, et bien d'autres acteurs sociaux seront déterminants dans la prise de conscience des élus de la République quant à la nécessité de légiférer au plus vite.
Surtout, cette période a été un révélateur du délabrement d'une partie de la gauche, sur la laïcité, et de sa complaisance avec les bigots musulmans provoiles, eux qui ruent dans les brancards à la première offensive catholique ! Démasqués, le Mrap et Aounit, la LDH et Tubiana, les Verts Lipietz-Mamère, la tendance LCR Samary-Zafari- Socialisme par en Bas, la FSU tendance SNUIPP, les syndicats Sud Solidaires Annick Coupé, les féministes à la Delphy, l'équipe Tevanian Les Mots sont importants, les communistes communautaristes autour d'Alternatives citoyennes, les associations de type Cedetim, les sociologues communautaristes genre Bouamama, sans oublier bien sur l'inimitable Ternisien et son collègue Tincq, du journal "Le Monde", Alain Gresh, du Monde Diplomatique et le journal "Politis" de Bernard Langlois, qui consacreront toute leur énergie à multiplier les tribunes favorables à Ramadan et aux partisans du voile, et à présenter les laïques comme des liberticides.
Les citoyens de gauche, les vrais, les républicains, découvriront avec stupéfaction la hargne antilaïque de toute cette frange de gauche, qui ira du soutien aux manifestations de jeunes filles voilées dans Paris, au film pyromane "Un racisme à peine voilé", à l'appel à refuser la loi de rentrée, pour finir, par l'appel raciste et communautariste "Les indigènes de la République" (que toutes les personnes citées ne signeront pas).
Ils constateront que les dictatures islamistes, et le Vatican, multiplieront les prises de position, voire les menaces, contre la France et sa loi.
Tout au long de cette année, cette gauche, au sein du collectif « Une Ecole pour tous-tes », en parfaite complémentarité avec les islamistes de l'UOIF et le Collectif des Musulmans de France, n'aura de cesse de mener une guerre sans merci à la laïcité, et à ses organisations.
Certains essaieront même de faire la peau à l'Ufal et à Respublica, à travers des campagnes de calomnies nauséeuses, parues dans "Le Monde" (merci pour la pub, Ternisien), Ras'l'Front (merci Monzat) et le site oumma.com (merci Geisser), et tenteront, tout aussi vainement, de salir notre collaborateur Jocelyn Bézecourt. D'ailleurs, dans son édition d'aujourd'hui (15 mars), Le Monde persiste dans sa stratégie.
D'une part il attribue, dans son édito, l'efficacité de la loi au Conseil Français du Culte Musulman et à l'émotion suscitée par la prise en otage des journalistes français en Irak en septembre 2004, et d'autre part, sous la plume de Ternisien, il assure avec la complaisance habituelle la promotion d'un livre de Thomas Abdallah Milcent censé analyser la situation.
Plus cette tendance perd, plus elle devient agressive. Ils ont ridiculisé toute la gauche le 7 novembre, en l'invitant à manifester avec l'extrême droite islamiste antisémite et "Une Ecole pour tous-tes", contre le racisme. Ils ont montré leur vrai visage à Londres, où, sous l'influence des trotskystes du SWP et des islamistes, ils ont parasité le forum, insulté la laïcité française, et injurié Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac. Ils ont été battu à plate couture le 8 mars, au sein du Collectif National des Droits des Femmes (CNDF), quand ils n'ont pas accepté la décision majoritaire des féministes de refuser enfin la présence d'"Une Ecole pour tous-tes", et que des pans entiers ont rejoint les manifestations de "Ni Putes Ni Soumises" du 6 mars. Aujourd'hui, ils accompagnent les pires discours communautaristes, alimentent un neo-racisme, déguisé en lutte contre le colonialisme, et entendent dévoyer la commémoration du 8 mai 1945, qui marque la victoire contre le fascisme, en instituant le procès de la République, obligatoirement raciste et colonialiste, et en encourageant le repli communautariste. Un de leurs meilleurs relais, Alain Lipietz, se bat lui au Parlement européen, soutenu par des parlementaires britanniques de toute obédience, pour déclarer la loi française illégale.
De plus en plus minoritaires dans l'opinion, ils radicalisent leur discours, qui est une aubaine pour les incendiaires de la République, qui veulent transférer en France le conflit israëlo-palestinien, et qui trouvent qu'on en fait trop pour Auschwitz, que finalement Dieudonné n'a peut-être pas tout-à-fait tort. Heureusement, de plus en plus, se lève dans toute la société une réaction laïque. Même si elle n'est pas toujours exprimée clairement, les Français tiennent à ce modèle de société. Ils n'ont pas envie de voir le président de leur pays jurer sur la Bible, pas envie de voir les curés passer à la caisse comme en Alsace-Moselle, pas envie de voir les rabins et les imams devenir des salariés d'Etat, pas envie de voir des mosquées envahir l'espace public, financées par les contribuables, et pas davantage envie de voir les règles obscurantistes religieuses prendre le pas sur les lois de la République. C'est cela que les citoyens français comprennent, sentent, au fond de leurs tripes. C'est pourquoi ils jugeront avec la plus grande sévérité les militants « de gauche » qui confondent défense de la laïcité avec racisme, et complicité avec l'islamisme avec tolérance.
Mais le plus grand affrontement ne se situa pas de ce côté. Le débat sur la laïcité fit exploser le consensus qui régnait, sur la question, dans toutes les organisations de gauche. Les bureaucrates avaient confisqué le débat des années durant, le couvercle de la marmite ne pouvait que se soulever ! Cette loi a servi à deux choses.
Elle a d'abord, bien qu'imparfaite, freiné l'offensive que l'intégrisme islamique menait, en toute impunité, pour le plus grand plaisir des autres religions, dans les écoles et partout ailleurs, depuis plus de quinze ans.
Elle a permis, à travers les commissions Stasi et Debré, de libérer la parole, et d'enfin pouvoir exprimer la gravité des souffrances des jeunes filles dans les quartiers populaires, suite aux démissions de l'Etat. Les témoignages de Jean-Claude Santana et de l'équipe de La Martière, de Martine Ruppé et Roland Clément, enseignants à Flers, de Nadia Amiri, infirmière, de Fadela Amara, et bien d'autres acteurs sociaux seront déterminants dans la prise de conscience des élus de la République quant à la nécessité de légiférer au plus vite.
Surtout, cette période a été un révélateur du délabrement d'une partie de la gauche, sur la laïcité, et de sa complaisance avec les bigots musulmans provoiles, eux qui ruent dans les brancards à la première offensive catholique ! Démasqués, le Mrap et Aounit, la LDH et Tubiana, les Verts Lipietz-Mamère, la tendance LCR Samary-Zafari- Socialisme par en Bas, la FSU tendance SNUIPP, les syndicats Sud Solidaires Annick Coupé, les féministes à la Delphy, l'équipe Tevanian Les Mots sont importants, les communistes communautaristes autour d'Alternatives citoyennes, les associations de type Cedetim, les sociologues communautaristes genre Bouamama, sans oublier bien sur l'inimitable Ternisien et son collègue Tincq, du journal "Le Monde", Alain Gresh, du Monde Diplomatique et le journal "Politis" de Bernard Langlois, qui consacreront toute leur énergie à multiplier les tribunes favorables à Ramadan et aux partisans du voile, et à présenter les laïques comme des liberticides.
Les citoyens de gauche, les vrais, les républicains, découvriront avec stupéfaction la hargne antilaïque de toute cette frange de gauche, qui ira du soutien aux manifestations de jeunes filles voilées dans Paris, au film pyromane "Un racisme à peine voilé", à l'appel à refuser la loi de rentrée, pour finir, par l'appel raciste et communautariste "Les indigènes de la République" (que toutes les personnes citées ne signeront pas).
Ils constateront que les dictatures islamistes, et le Vatican, multiplieront les prises de position, voire les menaces, contre la France et sa loi.
Tout au long de cette année, cette gauche, au sein du collectif « Une Ecole pour tous-tes », en parfaite complémentarité avec les islamistes de l'UOIF et le Collectif des Musulmans de France, n'aura de cesse de mener une guerre sans merci à la laïcité, et à ses organisations.
Certains essaieront même de faire la peau à l'Ufal et à Respublica, à travers des campagnes de calomnies nauséeuses, parues dans "Le Monde" (merci pour la pub, Ternisien), Ras'l'Front (merci Monzat) et le site oumma.com (merci Geisser), et tenteront, tout aussi vainement, de salir notre collaborateur Jocelyn Bézecourt. D'ailleurs, dans son édition d'aujourd'hui (15 mars), Le Monde persiste dans sa stratégie.
D'une part il attribue, dans son édito, l'efficacité de la loi au Conseil Français du Culte Musulman et à l'émotion suscitée par la prise en otage des journalistes français en Irak en septembre 2004, et d'autre part, sous la plume de Ternisien, il assure avec la complaisance habituelle la promotion d'un livre de Thomas Abdallah Milcent censé analyser la situation.
Plus cette tendance perd, plus elle devient agressive. Ils ont ridiculisé toute la gauche le 7 novembre, en l'invitant à manifester avec l'extrême droite islamiste antisémite et "Une Ecole pour tous-tes", contre le racisme. Ils ont montré leur vrai visage à Londres, où, sous l'influence des trotskystes du SWP et des islamistes, ils ont parasité le forum, insulté la laïcité française, et injurié Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac. Ils ont été battu à plate couture le 8 mars, au sein du Collectif National des Droits des Femmes (CNDF), quand ils n'ont pas accepté la décision majoritaire des féministes de refuser enfin la présence d'"Une Ecole pour tous-tes", et que des pans entiers ont rejoint les manifestations de "Ni Putes Ni Soumises" du 6 mars. Aujourd'hui, ils accompagnent les pires discours communautaristes, alimentent un neo-racisme, déguisé en lutte contre le colonialisme, et entendent dévoyer la commémoration du 8 mai 1945, qui marque la victoire contre le fascisme, en instituant le procès de la République, obligatoirement raciste et colonialiste, et en encourageant le repli communautariste. Un de leurs meilleurs relais, Alain Lipietz, se bat lui au Parlement européen, soutenu par des parlementaires britanniques de toute obédience, pour déclarer la loi française illégale.
De plus en plus minoritaires dans l'opinion, ils radicalisent leur discours, qui est une aubaine pour les incendiaires de la République, qui veulent transférer en France le conflit israëlo-palestinien, et qui trouvent qu'on en fait trop pour Auschwitz, que finalement Dieudonné n'a peut-être pas tout-à-fait tort. Heureusement, de plus en plus, se lève dans toute la société une réaction laïque. Même si elle n'est pas toujours exprimée clairement, les Français tiennent à ce modèle de société. Ils n'ont pas envie de voir le président de leur pays jurer sur la Bible, pas envie de voir les curés passer à la caisse comme en Alsace-Moselle, pas envie de voir les rabins et les imams devenir des salariés d'Etat, pas envie de voir des mosquées envahir l'espace public, financées par les contribuables, et pas davantage envie de voir les règles obscurantistes religieuses prendre le pas sur les lois de la République. C'est cela que les citoyens français comprennent, sentent, au fond de leurs tripes. C'est pourquoi ils jugeront avec la plus grande sévérité les militants « de gauche » qui confondent défense de la laïcité avec racisme, et complicité avec l'islamisme avec tolérance.
Ces altermondialistes en perte de repères..., par Bernard Cassen
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Politis, 20 janvier 2005
Bernard Cassen est président d'honneur d'Attac France
Tariq Ramadan leur a fait perdre tous leurs repères et les « balade »… Qui ? Quelques journalistes et une frange, très minoritaire, de la mouvance altermondialiste dans laquelle on retrouve notamment quelques féministes et une poignée de porte-parole en vue de composantes du « mouvement social ».
Le prédicateur genevois a réussi le tour de force de transformer une partie d'entre eux en chargés de relations publiques de sa personne et de ses thèses. Non pas qu'il les ait sollicités, car le personnage est trop grand seigneur pour demander quoi que ce soit. Mais il sait pouvoir compter sur une montée au créneau spontanée de leur part : seront immédiatement dénoncés comme « procès en sorcellerie » ou manifestation d'« islamophobie » non seulement toute critique, mais aussi tout questionnement, voire tout rappel un peu embarrassant de positions de l'intéressé.
Le phénomène a de quoi intriguer. Il tient au moins à trois facteurs : l'ascendant et le talent de Ramadan ; la naïveté de certains de ses « compagnons de route » ; et, pour un tout petit nombre d'entre eux, la tentation d'un projet politique sur le modèle britannique.
Lire la suite sur communautarisme.net
Le prédicateur genevois a réussi le tour de force de transformer une partie d'entre eux en chargés de relations publiques de sa personne et de ses thèses. Non pas qu'il les ait sollicités, car le personnage est trop grand seigneur pour demander quoi que ce soit. Mais il sait pouvoir compter sur une montée au créneau spontanée de leur part : seront immédiatement dénoncés comme « procès en sorcellerie » ou manifestation d'« islamophobie » non seulement toute critique, mais aussi tout questionnement, voire tout rappel un peu embarrassant de positions de l'intéressé.
Le phénomène a de quoi intriguer. Il tient au moins à trois facteurs : l'ascendant et le talent de Ramadan ; la naïveté de certains de ses « compagnons de route » ; et, pour un tout petit nombre d'entre eux, la tentation d'un projet politique sur le modèle britannique.
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Laïcité et féminisme : le nerf de la guerre de l'altermondialisme, par Bernard Teper
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Discours prononcé lors de l'Assemblée générale annuelle d'ATTAC, 26 novembre 2004
Bernard Teper est président de l'Ufal (Union des familles laïques -organisation membre du Collège des fondateurs d'Attac) et membre du conseil scientifique d'Attac
Je n'ai pas l'habitude d'intervenir dans les débats de notre assemblée générale nationale. Mais j'entends ici et là des propos visant à démocratiser Attac. J'interviens pour dire que c'est dans l'ensemble du mouvement altermondialiste que le problème de la démocratie est posée. Attac est un mouvement d'éducation populaire tourné vers l'action ou il y a une liberté d'expression et une liberté pour penser le lien entre réflexion et action. Bien sur, c'est un mouvement encore perfectible. Mais comme nous venons de participer au Forum Social Européen (FSE), je me permets de comparer les pratiques entre Attac, à l'intérieur du mouvement altermondialiste,et au FSE, qui est une expression de ce mouvement altermondialiste.
Lire la suite sur le site des Pénélopes
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A propos du séminaire « Hijab : le droit de la femme de choisir » tenu au FSE de Londres, par Bernard Cassen
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
26 octobre 2004
Bernard Cassen est président d'honneur d'Attac France
Le Forum social européen (FSE) de Londres d'octobre 2004 aura notamment été marqué par des débats caricaturaux sur la nouvelle loi sur la laïcité en France, au cours desquels militants islamistes et "compagnons de route" auront rivalisé dans la caricature et l'amalgame entre laïcité et "racisme". Bernard Cassen, président d'honneur de l'Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens (ATTAC), relate ici l'atmosphère d'un "séminaire" et nous livre ses réflexions.
Samedi 16 octobre 11h 30-13 h 30
Séminaire "Hijab : le droit de la femme de choisir"
Le séminaire sur le voile (hijab) du FSE se présentait dans la composition suivante dans le programme :
Séminaire "Hijab : a woman's right to choose". Avec : Raghad Altikriti (Muslim Association of Britain) ; Shami Chakrabarti (Liberty) ; Christine Delphy (Collectif Ecole Pour Toutes et Tous) ; Tariq Ramadan (Collectif des Musulmans de France) ; Arlene Rodrigues (Assembly for the Protection of Hijab) ; Salma Yaqoob (Stop the War Coalition). Co-Chairs : Milena Buyum (NAAR) and MCB representative (tbc). Organisateurs : National Assembly Against Racism (Britain) ; Muslim Association of Britain ; Stop the War Coalition (Britain). Soutenu par : Assembly for the Protection of Hijab ; Muslim Council of Britain ; Collectif Une Ecole Pour Toutes et Tous (France) ; Collectif des Musulmans de France ; Collectif des Feministes pour l'Egalite (France) ; National Union of Students Black Students (Britain) ; 1990 Trust (Britain).
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Samedi 16 octobre 11h 30-13 h 30
Séminaire "Hijab : le droit de la femme de choisir"
Le séminaire sur le voile (hijab) du FSE se présentait dans la composition suivante dans le programme :
Séminaire "Hijab : a woman's right to choose". Avec : Raghad Altikriti (Muslim Association of Britain) ; Shami Chakrabarti (Liberty) ; Christine Delphy (Collectif Ecole Pour Toutes et Tous) ; Tariq Ramadan (Collectif des Musulmans de France) ; Arlene Rodrigues (Assembly for the Protection of Hijab) ; Salma Yaqoob (Stop the War Coalition). Co-Chairs : Milena Buyum (NAAR) and MCB representative (tbc). Organisateurs : National Assembly Against Racism (Britain) ; Muslim Association of Britain ; Stop the War Coalition (Britain). Soutenu par : Assembly for the Protection of Hijab ; Muslim Council of Britain ; Collectif Une Ecole Pour Toutes et Tous (France) ; Collectif des Musulmans de France ; Collectif des Feministes pour l'Egalite (France) ; National Union of Students Black Students (Britain) ; 1990 Trust (Britain).
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Oser réaffirmer la laïcité, par Henri Pena-Ruiz
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Libération, 23 avril 2004
Henri Pena-Ruiz est philosophe, membre de la commission Stasi, et membre du conseil scientifique d'Attac
Le volet social de la commission Stasi n'a pas encore été pris en compte par la loi.
Il est des moments où le courage politique consiste à redire la norme, et à lui redonner force de droit. C'est ce qui a été fait avec la loi destinée à réaffirmer la laïcité de l'école publique, inspirée par les travaux de la commission présidée par Bernard Stasi. Mais il est d'autres moments où il faut donner à la norme ainsi réaffirmée les moyens d'être crédible socialement. C'est ce qu'il faudrait faire maintenant, en prenant appui sur le «volet social» du même rapport. Car ce rapport forme un tout, et entend promouvoir de façon générale et multiforme la laïcité. Ce sera le meilleur moyen d'ôter leurs arguments aux adversaires de la loi.
On a trop longtemps opposé deux types d'émancipation pourtant solidaires : l'émancipation laïque et l'émancipation sociale. Cette opposition, hélas, demeure, et conduit à bien des malentendus. Ceux qui récusent le recours à la loi en ont une étrange idée dès lors qu'ils la disent liberticide, alors que, dans un Etat de droit, la loi politique a pour raison d'être de soustraire les rapports entre les hommes à la loi du plus fort. Vérité valable également pour les rapports sociaux et économiques. On peut ainsi remarquer que la justice sociale effective, assortie de l'égalité des chances, renforce la légitimité de l'exigence juridique et politique républicaine. Les deux émancipations se nourrissent d'ailleurs réciproquement.
La laïcité consiste essentiellement à faire du peuple tout entier, sans privilège ni discrimination, la référence de la communauté politique. Celle-ci mérite, dès lors, son nom de République, chose commune à tous : nul credo obligé, nul privilège clérical. Le clergé d'une religion particulière n'est pas contesté tant qu'il se contente d'administrer les choses de la foi pour ceux qui lui reconnaissent librement un tel rôle.
C'est dire que la république laïque ne craint pas, mais appelle bien plutôt, l'esprit critique. Nous sommes aux antipodes d'une communauté qui ne favorise la solidarité qu'en assujettissant les consciences. La laïcité ne confond pas non plus l'idéal d'une libre discussion avec la généralisation du relativisme : la distinction entre croyance et connaissance doit rester bien marquée, sauf à inaugurer un nouveau type d'obscurantisme, et à faire le lit de nouvelles tyrannies. Généreux pari sur la liberté et les lumières, la laïcité entend faire des acteurs de l'espace public des hommes déliés, maîtres de leurs pensées, affranchis de toute tutelle, détenteurs d'une raison «devenue populaire», selon le mot de Condorcet.
Lire la suite sur le site de l'Académie de Versailles
On a trop longtemps opposé deux types d'émancipation pourtant solidaires : l'émancipation laïque et l'émancipation sociale. Cette opposition, hélas, demeure, et conduit à bien des malentendus. Ceux qui récusent le recours à la loi en ont une étrange idée dès lors qu'ils la disent liberticide, alors que, dans un Etat de droit, la loi politique a pour raison d'être de soustraire les rapports entre les hommes à la loi du plus fort. Vérité valable également pour les rapports sociaux et économiques. On peut ainsi remarquer que la justice sociale effective, assortie de l'égalité des chances, renforce la légitimité de l'exigence juridique et politique républicaine. Les deux émancipations se nourrissent d'ailleurs réciproquement.
La laïcité consiste essentiellement à faire du peuple tout entier, sans privilège ni discrimination, la référence de la communauté politique. Celle-ci mérite, dès lors, son nom de République, chose commune à tous : nul credo obligé, nul privilège clérical. Le clergé d'une religion particulière n'est pas contesté tant qu'il se contente d'administrer les choses de la foi pour ceux qui lui reconnaissent librement un tel rôle.
C'est dire que la république laïque ne craint pas, mais appelle bien plutôt, l'esprit critique. Nous sommes aux antipodes d'une communauté qui ne favorise la solidarité qu'en assujettissant les consciences. La laïcité ne confond pas non plus l'idéal d'une libre discussion avec la généralisation du relativisme : la distinction entre croyance et connaissance doit rester bien marquée, sauf à inaugurer un nouveau type d'obscurantisme, et à faire le lit de nouvelles tyrannies. Généreux pari sur la liberté et les lumières, la laïcité entend faire des acteurs de l'espace public des hommes déliés, maîtres de leurs pensées, affranchis de toute tutelle, détenteurs d'une raison «devenue populaire», selon le mot de Condorcet.
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Contre la révision de la loi de 1905, par Henri Pena-Ruiz
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Regards sur l'actualité n°208, février 2004
Henri Pena-Ruiz est membre du conseil scientifique d'Attac
Résumé de l'article :
La question du financement des mosquées a ravivé le débat sur la loi de 1905 portant séparation des Églises et de l'État. Fin 2002 – début 2003, plusieurs membres du gouvernement (Pierre Bédier, secrétaire d'État aux Programmes immobiliers de la justice, Jean-François Copé, porte-parole du Gouvernement) se sont prononcés publiquement en faveur d'une révision de cette loi, pour permettre un financement sur fonds publics (plutôt que sur fonds privés d'origine étrangère) de la construction de nouvelles mosquées. De son côté, le président de la Fédération protestante de France, Jean-Arnold de Clermont, a souhaité « l'adaptation » de ce texte. Au Parti socialiste, enfin, le député – maire d'Évry (Essonne), Manuel Valls, est un des plus chauds partisans de la révision, législative ou réglementaire, de la loi de 1905.
Henri Pena-Ruiz répond ici à leurs arguments.
Lire la suite sur communautarisme.net
La question du financement des mosquées a ravivé le débat sur la loi de 1905 portant séparation des Églises et de l'État. Fin 2002 – début 2003, plusieurs membres du gouvernement (Pierre Bédier, secrétaire d'État aux Programmes immobiliers de la justice, Jean-François Copé, porte-parole du Gouvernement) se sont prononcés publiquement en faveur d'une révision de cette loi, pour permettre un financement sur fonds publics (plutôt que sur fonds privés d'origine étrangère) de la construction de nouvelles mosquées. De son côté, le président de la Fédération protestante de France, Jean-Arnold de Clermont, a souhaité « l'adaptation » de ce texte. Au Parti socialiste, enfin, le député – maire d'Évry (Essonne), Manuel Valls, est un des plus chauds partisans de la révision, législative ou réglementaire, de la loi de 1905.
Henri Pena-Ruiz répond ici à leurs arguments.
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Laïcité et égalité, leviers de l'émancipation, par Henri Pena-Ruiz
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Le Monde diplomatique, février 2004
Henri Pena-Ruiz est membre du conseil scientifique d'Attac
A propos des lois politiques, le curé Lacordaire a dit l'essentiel : « Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Ainsi, en période de chômage, la loi qui réglemente le licenciement protège les salariés contre le diktat de la force économique. Dans une communauté de droit comme la République, la loi politique, vecteur de l'intérêt général, permet de soustraire les rapports des hommes à l'empire multiforme de la force. La laïcité réalise une telle exigence, et ne favorise ainsi que ce qui est d'intérêt commun. Elle promeut, avec l'autonomie morale et intellectuelle des personnes, la liberté de conscience, ainsi que la pleine égalité de leurs droits, sans discrimination liée au sexe, à l'origine ou à la conviction spirituelle.
La laïcité n'a jamais été l'ennemie des religions, tant que celles-ci s'expriment comme démarches spirituelles et ne revendiquent aucune emprise sur l'espace public. La séparation juridique de la puissance publique d'avec toute Eglise et tout groupe de pression, qu'il soit religieux, idéologique ou commercial, est pour cela essentielle. L'école publique et l'ensemble des services publics doivent être protégés contre toute intrusion de tels groupes de pression.
Il s'agit aujourd'hui de savoir si un espace public vecteur d'émancipation va pouvoir subsister. Qui ne voit que la valorisation excessive des différences, si constamment à la mode, conduit à la guerre ? En période de tensions sociales et internationales, il est grave de laisser croire que ces « différences » doivent pouvoir s'exprimer n'importe où, sans conditions. On expose ainsi les personnes qui entendent rester libres, et refusent tout fanatisme de la différence religieuse ou culturelle, à être couvertes de honte, stigmatisées, voire agressées.
Lire la suite sur le site du Monde diplomatique
La laïcité n'a jamais été l'ennemie des religions, tant que celles-ci s'expriment comme démarches spirituelles et ne revendiquent aucune emprise sur l'espace public. La séparation juridique de la puissance publique d'avec toute Eglise et tout groupe de pression, qu'il soit religieux, idéologique ou commercial, est pour cela essentielle. L'école publique et l'ensemble des services publics doivent être protégés contre toute intrusion de tels groupes de pression.
Il s'agit aujourd'hui de savoir si un espace public vecteur d'émancipation va pouvoir subsister. Qui ne voit que la valorisation excessive des différences, si constamment à la mode, conduit à la guerre ? En période de tensions sociales et internationales, il est grave de laisser croire que ces « différences » doivent pouvoir s'exprimer n'importe où, sans conditions. On expose ainsi les personnes qui entendent rester libres, et refusent tout fanatisme de la différence religieuse ou culturelle, à être couvertes de honte, stigmatisées, voire agressées.
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Le triomphe de la confusion, par André Bellon
Tribunes favorables à la laïcité et au républicanisme civique
Tribune parue dans Marianne, 15 décembre 2003
André Bellon est membre du conseil scientifique d'Attac
Si la philosophie d'autrefois imposait d'exprimer clairement ce qu'on concevait bien, force est de constater que le responsable moderne a le chic pour rendre confus les problèmes à traiter.
L'abus des oxymorons* aujourd'hui est symptomatique d'un discours public qui tente de rassembler en imposant des choix non clarifiés : ainsi en est-il de la proposition d'une « fédération d'Etats-nations » ; ainsi en est-il aussi de la « discrimination positive ».
Une discrimination n'est pas positive ou négative : elle discrimine, c'est tout. La formule est d'ailleurs une mauvaise traduction de l'affirmative action qui, aux Etats-Unis, avait pour but de favoriser la promotion sociale de personnes défavorisées et aida à l'apparition de couches moyennes d'origine noire ; son évolution, sous la présidence de Nixon, vers une forme de quota en direction des groupes ethniques se heurta d'ailleurs à une résistance des communautés elles-mêmes.
La discrimination positive n'est qu'un artifice pour faire oublier la discrimination, c'est-à-dire, d'après le dictionnaire, « le fait de séparer un groupe social d'un autre ». De deux choses l'une ; ou bien il s'agit tout simplement de donner à certaines personnes les moyens de se situer à égalité avec les autres et il n'y a rien là de très original : l'affectation de bourses aux élèves démunis, les services publics développés dans les zones populaires, sont des politiques très anciennes de promotion du principe d'égalité ; ou bien, il s'agit de valoriser une fraction de la population en tant que telle et la collectivité nationale s'émiette en catégories relevant de traitements différents : par exemple, la substitution du principe de parité au principe d'égalité signifie l'égalité de deux « groupes » et non plus l'égalité des individus ; ces deux catégories (hommes/femmes) auraient donc par nature des intérêts différents qui nécessitent qu'on les représente « en tant que ».
Lire la suite sur communautarisme.net
L'abus des oxymorons* aujourd'hui est symptomatique d'un discours public qui tente de rassembler en imposant des choix non clarifiés : ainsi en est-il de la proposition d'une « fédération d'Etats-nations » ; ainsi en est-il aussi de la « discrimination positive ».
Une discrimination n'est pas positive ou négative : elle discrimine, c'est tout. La formule est d'ailleurs une mauvaise traduction de l'affirmative action qui, aux Etats-Unis, avait pour but de favoriser la promotion sociale de personnes défavorisées et aida à l'apparition de couches moyennes d'origine noire ; son évolution, sous la présidence de Nixon, vers une forme de quota en direction des groupes ethniques se heurta d'ailleurs à une résistance des communautés elles-mêmes.
La discrimination positive n'est qu'un artifice pour faire oublier la discrimination, c'est-à-dire, d'après le dictionnaire, « le fait de séparer un groupe social d'un autre ». De deux choses l'une ; ou bien il s'agit tout simplement de donner à certaines personnes les moyens de se situer à égalité avec les autres et il n'y a rien là de très original : l'affectation de bourses aux élèves démunis, les services publics développés dans les zones populaires, sont des politiques très anciennes de promotion du principe d'égalité ; ou bien, il s'agit de valoriser une fraction de la population en tant que telle et la collectivité nationale s'émiette en catégories relevant de traitements différents : par exemple, la substitution du principe de parité au principe d'égalité signifie l'égalité de deux « groupes » et non plus l'égalité des individus ; ces deux catégories (hommes/femmes) auraient donc par nature des intérêts différents qui nécessitent qu'on les représente « en tant que ».
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Ce site présente les points de vue contradictoires qui s'expriment au sein de l'association Attac sur les questions de la laïcité, de la collaboration avec des organisations religieuses ou encore du communautarisme. |
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The Commemoration of Slavery in France and the Emergence of a Black Political Consciousness
This article tries to show how a black collective identity and consciousness emerged around the fight for the recognition of slavery as a crime... -
La diversité culturelle est une arme
La France avait la notion d'« exception culturelle », pour dire que les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres. Elle l'a... -
BHL ou l'empereur de la morale aux habits neufs
Personne n'oserait imaginer Floyd Landis ou Lance Armstrong prendre la tête d'un grand débat sur la lutte contre le dopage. Pourtant, nul ne semble... -
La laïcité face au communautarisme et à l'ultra-laïcisme
Deux dérives symétriques menacent la laïcité. L'une, qui cautionne le communautarisme, consiste à vouloir étendre à la sphère publique le régime de... -
La statistique ethnique tente une percée
Introduite, comme le test ADN, par l'intermédiaire d'un amendement, le droit à la collecte de statistiques dites ethniques est une initiative...
Site réalisé par l'Observatoire du communautarisme - www.communautarisme.net - juillet 2005