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Le bulletin de CAPVEBulletin CAPVE n° 16 19/07/2005Sommaire du bulletin n° 16 daté du 3e trimestre 2003* page 1, présentation : Les pieds dans le plat * page 2, De la défense de la langue basque... à sa co-officialisation ; article écrit après les péripéties de l'étape Pau-Bayonne du Tour de France 2003, dans la perspective de la visite du ministre Nicolas Sarkozy dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Nous l'avons fait parvenir au conseiller du ministre chargé de préparer cette visite. (Lire l'article.
Les pieds dans le plat
Les enfants ont un goût insatiable pour le jeu et une capacité d’imagination débordante. En quelques mots, ils transforment le monde qui les entoure. Et si on jouait à …? On ferait comme si toi tu étais … Dans le monde politique local, on semble appliquer ces règles enfantines, agrémentées de comptines. Et si on faisait comme si... les nationalistes basques étaient des gens qui mettent de côté leur objectif politique quand ils intègrent une équipe municipale ; comme si… c’était normal, puisqu’ils ne font pas de politique, qu’on les nomme délégués de la commune à la Communauté d’agglomération ou au Conseil des élus ; etc. Et si on faisait comme si... le gouvernement de l’Euskadi voisine était aussi neutre que les gouvernements cantonaux suisses ; comme si... le PNV ne se mêlait jamais de ce qui se passe « en terres basques » au nord des Pyrénées ; comme si... l’Udalbiltza ne s’intéressait qu’aux affaires culturelles et pas à « relancer la construction nationale d’Euskal Herria » ; etc. Et si on faisait comme si… pour une cause aussi noble que la défense de la langue basque, on n’avait pas à se préoccuper des méthodes utilisées ni à émettre la moindre réserve, par exemple, sur les actions des « démo » à la gare de Bayonne ; comme si… on avait obligation, en matière d’enseignement du basque sur le BAB, de montrer une ardeur sans faille afin que « l’offre institutionnelle précède la demande sociale », en compensation des déconvenues de certains (les partisans de la division du département par exemple) ; comme si… on ignorait que la quasi totalité des associations ou organismes culturels, même les plus officiels comme le Conseil de la langue basque, étaient noyautés par les nationalistes ou leurs amis ; comme si... on se devait de leur accorder les yeux fermés les moyens financiers qu’ils réclament ; etc. Puisque notre association n’est liée à aucun parti politique, que nous n’avons élaboré aucune stratégie de conquête de pouvoir, que nous n’avons pas à nous préoccuper des réactions d’un électorat local ou régional, nous mettons, comme à l’habitude et sans complexe, les pieds dans le plat. Nous ne jouons pas. « É finita la commedia ». L’épisode de l’étape Pau-Bayonne du Tour de France a montré à quel point les hommes politiques sont dans l’incapacité d’imaginer, sur les questions qui touchent à la langue et à la culture basques, des propositions différentes de celles des nationalistes et de leurs amis ; comment ils sont ligotés à cause de leurs attitudes antérieures laxistes ; comment, par crainte de se voir reprocher de ne pas préserver une langue millénaire en danger, ils apportent de l’eau au moulin des idées nationalistes (ils vont même jusqu’en Euskadi pour s’inspirer de leurs méthodes). Nous avons, pendant cette période estivale, pris le temps de rassembler les faits pour construire le document présenté dans cette brochure. Il se veut démonstratif (d’où sa longueur) et nos lecteurs habituels y trouveront des redites par rapport à des textes précédents. Car cette étude est destinée aux décideurs ou aux membres de leurs cabinets (ce qui ne veut pas dire aux seuls ministres) et aux faiseurs d’opinion (nous avons déjà quelques contacts dans la presse parisienne). C’est pourquoi nous avons ajouté un glossaire. Il s’agit d’abord de ne pas laisser aux porteurs de pancartes le monopole de l’expression. Si nous n’attendons pas des résultats immédiats, il se pourrait tout de même qu’après cette lecture, la manière d’aborder les questions touchant à notre région évolue : on a déjà pu lire certains articles qui ne se contentaient pas de reprendre les lieux communs éculés sur lesquels s’appuient les tenants de la « basquité active ». Ces derniers vont défiler une fois de plus avec des slogans périmés (le département Pays basque) ou truqués (la co-officialisation). Il est en effet urgent de remonter le moral des troupes ; certains commencent à quitter le navire. Il y aura bien sûr les convaincus, ceux qui ont toujours pensé que le département était une étape vers un Euskal Herria unifié et que la défense de la langue constituait un excellent outil pour atteindre ce but. Se retrouveront aussi les habituels adeptes du suivisme qui participent sans réfléchir ; ceux qui s’activent pour des raisons soigneusement camouflées, en général électoralistes ; ceux qui, après que la division du département des P.A. ait été refusée par deux gouvernements successifs, de gauche, puis de droite, ne savent plus à quel saint se vouer ; ceux qui réclament la co-officialisation d’une langue régionale sur une partie du territoire national sans comprendre qu’une telle mesure impliquerait, non une modification de Constitution, mais un changement de République. Tous feront ensemble comme si… Le CapVe
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