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ActualitéCe qui devait arriver arriva 26/11/2005C’est une tragi-comédie à trois personnages. Elle montre comment, dès qu’il s’agit de « la défense de la langue basque », la classe politique locale se laisse, involontairement ou non, prendre dans les filets depuis longtemps tendus par les nationalistes de tous poils qui ont investi, ou créé à leur propre usage, le réseau des innombrables et diverses associations « culturelles ». Nouvelle démonstration que la défense de la langue est l’outil politique principal des nationalistes.
LES PERSONNAGES.
Gure Irratia . Le pivot de la pièce, c’est cette radio associative de langue basque, qui diffuse, avec des relais d’autres radios du même genre, sur l’ensemble du territoire du Pays basque « nord ». Elle ne peut vivre que de dons et subventions, venant d’ici ou d’ailleurs. Certains de ses animateurs sont connus pour leurs appartenance à des associations de la mouvance nationaliste, mais, pour autant qu’on puisse en juger, c’est le professionnalisme qui semble dominer. Bien sûr, la radio évoque avec sympathie toutes les actions en faveur de la langue basque, même celles dans lesquelles les arrière-pensées sont évidentes. L’Office public de la politique linguistique Euskara . C’est un groupement d’intérêt public (GIP) composé par l’Etat, la Région, le Conseil général, le Syndicat intercommunal pour le soutien de la culture basque et le Conseil des élus du Pays basque. Structure originale dans ce domaine, rattaché au Conseil général, il est chargé de centraliser et de coordonner l’ensemble des projets et subventions destinées à la politique linguistique concernant l’euskara. Son président est le conseiller général (RPR) de Biarritz Max Brisson, qui siège également dans la majorité municipale UDF-RPR-nationalistes, ce qui l’a mis en froid avec le camp Marie. L’Udalbiltza . Assemblée transfrontalière « nationale » regroupant des élus municipaux de l’ensemble d’Euskal Herria (voir notre brochure n° 9). Nous nous contenterons de rappeler un de ses objectifs, inscrits dans ses statuts : « contribuer à la construction politique d’Euskal Herria en confortant son unité territoriale et en ayant pour but (…) de relancer la construction nationale ». Créée en 1999 en prélude aux accords de Garazi et à la trêve-« piège » d’ETA, l’Udalbiltza s’est depuis scindée en deux, l’une, la plus riche, sous l’influence du PNV d’Euskadi, l’autre sous l’influence de Batasuna. La première s’est déjà fait remarquer en France par les nombreux subsides distribués à des associations favorisant l’usage de la langue basque, dont Gure Irratia. L’ACTION Se jugeant à l’étroit dans ses studios bayonnais, Gure Irratia envisage son déménagement à Ustaritz avec, du coup, le renouvellement de ses équipements. Montant annoncé de l’opération : 180.000 €. Elle lance alors des appels pour des dons et subventions. Directement sollicité, l’Office annonce, par la voix de son président, qu’il financera pour moitié les frais d’équipement soit 50.000 €, avec un espoir de revoir ce montant à la hausse. La radio continue ses appels au secours. L’Udalbiltza vient d’annoncer un don de 56.000 €. Qui dit mieux ? ANALYSE Tous les acteurs sont bien en place et jouent leur rôle avec application. Mais, nous apprend Le Journal du Pays Basque du 25/11/05, le représentant de l’Udalbiltza, le nationaliste PNV Ramuntxo Camblong, membre de la majorité municipale UDF-RPR-nationalistes d’Anglet « a indiqué qu’Udalbide (NDLR : organisme gestionnaire des fonds de l’Udalbiltza) et l’Office Public de la langue s’étaient réunis à la suite d’un échange de déclarations, après les annonces d’aides faites par Udalbide en 2004. » Il a jugé cette rencontre « très positive ». On apprend ainsi subrepticement qu’un organisme public, chargé de gérer des fonds publics, entretient des relations avec un organisme dont l’objectif clairement affirmé est la création d’une entité politique distincte des États espagnols et français. On pourrait s’étonner de cette confusion des genres si ce n’était une pratique courante dans la politique locale (voir les municipalités citées plus haut). Mais ici, il s’agit d’un organisme public, comme son nom l’indique. Pour pouvoir exercer le rôle qui lui revient dans une démocratie, le citoyen souhaiterait en savoir plus. Qu’est-ce que cet « échange de déclarations » ? Un échange, nous dit le petit Robert, c’est une communication réciproque (de documents, renseignements, etc.). Une réunion ? dans quel but ? avec quels participants ? M. Brisson recevait-il un collègue d’une municipalité identique voisine ou le président de l’Office public discutait-il avec le représentant de l’Udalbiltza ? Ces deux organismes marcheraient-ils main dans la main en vue d’actions coordonnées ? Il ne faut pas se faire d’illusions. Les explications ne viendront pas. Par contre, à la première occasion, on mettra en avant la transparence dans l’action des élus locaux et leur proximité avec les citoyens… Le CapVe
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