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Dix ans après  21/11/2005

Le mouvement politique nationaliste Abertzaleen Batasuna a tenu, samedi dernier, à Ustaritz, son assemblée générale. Dix ans après sa création. Confirmation pour ceux qui ne font pas semblant de ne pas entendre, interrogations sur l'avenir.

Dans une conférence de presse préalable, le porte-parole d'AB a rappelé, parmi les étapes importantes du mouvement, l'acceptation en 1997 du département Pays basque comme « un pas tactique » sur la voie de la « construction nationale » ( Sud-Ouest Pays basque du 21/11/05). On pouvait déjà se demander ce qu'avaient politiquement en commun, en dehors du désir de scission du département existant, des départementalistes comme Jacques Saint-Martin, ex-président de la CCI, André Darraïdou, président du Biltzar ou François Maïtia, conseiller général et régional PS. Après ce rappel venant d'une voix autorisée d'AB, feront-ils toujours semblant de ne pas entendre que leurs alliés, ceux qui apportent la force militante et médiatique, ont en tête des objectifs radicalement différents des leurs ? La volaille départementaliste ne court-elle pas le risque de se retrouver plumée par AB ?
AB se définit comme « un mouvement abertzale souverainiste ». « Ce que l'on demande, c'est un référendum sur l'autodétermination, pour que le Pays basque puisse décider de son avenir ». On croirait lire un paragraphe du plan Ibarrexte. La construction nationale, c'est la construction d'une entité nationale pour Euskal Herria, c'est-à-dire l'Euskadi, la Navarre et le Pays basque de France (Iparralde), distincte des États espagnol et français.
La volonté d'AB pour les vingt ans qui viennent est d'être « un mouvement de gauche, abertzale, en Iparralde, ayant une vision de la construction nationale ». Être de gauche implique de travailler davantage dans le domaine social et de relayer le mouvement altermondialiste. ( Sud-Ouest déjà cité). Le but visé, la construction nationale, est réaffirmé, mais les moyens mis en œuvre vont chercher une caution morale à gauche ou dans le mouvement altermondialiste. Quelques questions se posent alors irrésistiblement. Comment peut-on se dire de gauche et « travailler » dans les municipalités UDF-RPR, comme à Biarritz ou à Anglet (Jakes Abeberry, AB, adjoint au maire, UDF, de Biarritz ; Mikel Ithurbide, AB, adjoint au maire, UDF, d'Anglet) ? Verrons-nous prochainement ATTAC Pays basque « relayer » les positions nationalistes d'AB ?

Le CapVe
Le CapVe, le 21/11/2005 à 16:15 | Permalien


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Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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