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ActualitéDu localisme à d'autres mots en …isme 18/08/2006Qu'un élu local, un conseiller général par exemple, affiche une propension marquée à ne s'intéresser qu'aux problèmes locaux (c'est la définition que nous donnerions du localisme), peut être considéré comme logique mais réducteur. L'électeur se dit simplement que la compétence de l'élu se limite à ce seul domaine. Mais, au delà du localisme, on passe parfois à une certaine complaisance envers l'idée qu'on se fait des habitants qu'on représente et du territoire qu'on s'approprie, pour aboutir à une condescendance manifeste vis à vis des autres. Le citoyen est alors amené à se poser des questions sur cette dérive et cherche quel mot avec suffixe en isme il conviendrait d'appliquer dans pareil cas.
Image du pays du Nontronnais
La lecture d'une tribune libre signée par le premier Vice-Président du Conseil général (des Pyrénées-Atlantiques) dans Le Journal du Pays Basque du 25/07/06 pousse à ce genre de réflexions. Il nous faut d'abord expliquer dans quel contexte, du point de vue de l'aménagement du territoire, cette tribune a été écrite. Une « convention spécifique Pays basque » regroupait les crédits consacrés au pays (au sens précis des lois Pasqua/Voynet) « Pays basque » dans le cadre du dernier contrat de plan État-Région. Il s'agissait à l'époque, pour le gouvernement Jospin, d'appliquer une vieille recette : tenter d'apaiser sous un flot de subsides (presque 400 millions d'euros) les grognements des régionalistes, à défaut de calmer les revendications nationalistes. Le Moniteur du 27/04/01 précisait : « cette convention intègre aussi la revendication culturelle des Basques français, puisque ses deux premiers chapitres prévoient de nombreuses actions visant au développement de la langue basque (7,17 millions d'euros), avec notamment la création d'un conseil de la langue, et la promotion de la culture basque (17 millions d'euros) ». La convention touche à sa fin en 2006. Comme d'habitude dans ce genre de contrat, les crédits sont loin d'être utilisés en totalité, sauf pour la partie culturelle (avec quelques péripéties que nous avons narrées par ailleurs). Le Conseil du développement, sorte de Conseil économique et social du pays « Pays basque », a planché en vue du plan suivant et établi une proposition, « Pays basque 2020 ». Le Conseil des élus, autre organisme loi 1901 du pays, a approuvé ce qu'il souhaite voir transformer en « Convention territoriale ». Y aura-t-il à nouveau attribution financière « spécifique » ou intégration normale dans le contrat de plan État-Région ? Fort opportunément en cette période pré-électorale, le Ministre délégué à l'aménagement du territoire s'est déplacé pour promettre que « la convention spécifique aura une suite » (Sud-Ouest du 20/07/06) et que « le Pays basque sera d'ailleurs le seul territoire de France à signer un contrat en direct avec l'État ». Le ministre s'est bien gardé de préciser quel est, dans le pays « Pays basque », l'organisme représentant « le territoire » habilité à signer un contrat avec l'État ? Comment ce qui était impossible il y a six ans serait-il possible aujourd'hui ? Les règles de droit applicables aux pays ont-elles été modifiées ? Dans le même temps, les « contrats de projets » entre l'État et les Régions se préparent. Les discussions paraissent tendues, si on en croit les propos du président (PS) de la Région Aquitaine, rapportés dans la presse. Les prochaines échéances électorales pèsent de tout leur poids. D'où le titre de la tribune libre mentionnée ci-dessus « La politique politicienne doit être laissée aux vestiaires ». Avec un titre pareil, le lecteur comprend que l'auteur va l'y plonger jusqu'au cou, dans « la politique politicienne ». Le premier Vice-Président (UMP) du Conseil général, sachant que la Région est incontournable dans cette affaire, y exhorte le Conseil régional et son exécutif à « donner du corps à ce projet spécifique qui débouchera sur un contrat reconnaissant tout à la fois l'attractivité et l'identité du Pays basque, son dynamisme et son souci de cohésion. » Pour amadouer le CR d'Aquitaine qui manifesterait « son obstination à ne pas reconnaître la spécificité du Pays basque », le Vice-Président du CG des P.A. avance que le Pays basque est un territoire confronté « à des défis spécifiques liés à son identité, son positionnement, son attractivité et sa fragilité. » Et d'évoquer les « trois principes majeurs » sur lesquels est bâti le projet : « la réciprocité territoriale, la coopération transfrontalière, le développement durable ». L'originalité et la « spécificité » de ces « principes » devraient sauter aux yeux. Mais les relations transfrontalières concernent tout le département des P.A. (au même titre que 21 autres départements métropolitains, sans parler des départements avec littoral maritime) ; les autres territoires, d'Aquitaine ou d'ailleurs, sont évidemment concernés par la « réciprocité territoriale » et le « développement durable ». L'auteur poursuit ainsi son article en énumérant quelques autres banalités. Pourtant, au détour d'un paragraphe, on note un appel à « ne pas compromettre la recherche jusque là réussie d'apaisement et de vivre ensemble », allusion à la situation politique « spécifique » du Pays basque. Mais qui, jusqu'à maintenant, cherche à compromettre le « vivre ensemble » au Pays basque, sinon le nationalisme régional et ses affidés ? La question restera sans réponse dans l'article. « Vivre ensemble » entre soi sur le territoire Pays basque ? Le département des Pyrénées-Atlantiques n'apparaît que pour approuver le projet et le financer. Quant au reste de la Région : « Par sa taille, son organisation, la mobilisation de ses acteurs, l'originalité de son projet, le Pays basque ne peut être soumis au régime commun et ainsi aligné sur le "pays du Libournais" ou le "pays du Nontronnais" ! » Les Libournais et les Nontronnais, comme les autres habitants d'Aquitaine, seront, à n'en pas douter, flattés de tels propos... Il faudrait donc, à l'intérieur de la Région Aquitaine et sans doute de la France, distinguer le Pays basque avec son « originalité », de tous les autres indifférenciés dans le système commun d'aménagement du territoire. En Aquitaine et ailleurs, en dehors du Pays basque, la « réciprocité territoriale » et le « développement durable » seraient des sujets ignorés par les « acteurs » locaux dont « l'organisation » et « la mobilisation » (et pourquoi pas la compétence ?) laisseraient à désirer. Pourtant, tout territoire peut mettre en avant sa spécificité. Et une spécificité en vaut bien une autre. On hésite : besoin de se distinguer, sentiment de supériorité, mépris envers les autres… Mais on comprend pourquoi la rédaction du journal, dont on connaît les opinions favorables au nationalisme basque, s'est empressée de mettre cette phrase de l'article en accroche. La manière dont sont exprimées les idées n'est pas innocente. On cherche vainement la moindre expression d'une solidarité régionale ou nationale, l'allusion à la cohésion ou à un équilibre régional. Où est le sens de l'intérêt général ? Dans la revue Éléments qui promeut les idées de la « nouvelle droite », on lit des phrases qui pourraient figurer dans cet article : « Identification de la communauté établie à son propre territoire, lequel doit être reconnu dans son histoire, dans ses équilibres écologiques, dans ses valeurs culturelles, économiques et esthétiques. » La revue vante les mérites du localisme, du communautarisme et autre biorégionalisme… Et nous, pauvres naïfs, qui pensions que la République, en affirmant le principe d'égalité (dans l'article 1er de la Constitution) comme base du système politique tendait vers cet « accord admirable de l'intérêt et de la justice », selon l'expression de J.J. Rousseau dans Le Contrat social. « Tout acte authentique de la volonté générale oblige ou favorise également tous les citoyens », « la condition étant égale pour tous, nul n'a intérêt de la rendre onéreuse aux autres » écrivait-il dans le même ouvrage. Cela n'empêche pas que « chaque individu puisse, comme homme, avoir une volonté particulière contraire ou dissemblable à la volonté générale qu'il a comme citoyen ». Manifestement, aujourd'hui, certains préfèrent les « associations partielles » en vue de s'exonérer du droit commun. Le CapVe
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