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ETA-Batasuna, Zaapatero, le Parlement européen… et Alain Lamassoure  07/11/2006

Dans une tribune libre publiée dans Le Journal du Pays Basque du 4/11/06, le député européen Alain Lamassoure revient sur son vote, le 25/10/06, au Parlement européen, contre une résolution concernant le « processus de paix en Espagne ».

ETA-Batasuna, Zaapatero, le Parlement européen… et Alain Lamassoure

Sur l’analyse détaillée de ce vote, on se reportera à notre précédente chronique. On sait que le député européen Alain Lamassoure, par ailleurs conseiller municipal d’Anglet et président du Conseil des élus du Pays basque, pour ne pas « être instrumentalisé », s’est refusé, comme l’ensemble de sa formation du PPE (et donc comme les députés du Partido Popular espagnol), à voter en faveur de la résolution présentée.
Au Pays basque de France, les nationalistes (abertzale) et leurs habituels alliés objectifs, comme le maire (PS) d’Hendaye, se réjouissaient de cette discussion au Parlement européen et parlaient de « journée historique » (ce qui bien normal compte tenu de leur très ancienne prétention d’internationaliser le conflit basque). Dans le même élan, ils s’employaient à stigmatiser l’attitude d’Alain Lamassoure. Il est vrai que les convictions de fédéraliste européen de ce dernier lui avaient fait prendre auparavant des positions qui ne pouvaient que réjouir les nationalistes basques. Un exemple de ses déclarations parmi d’autres, dans Sud-Ouest du 26/05/2000 : « Ma responsabilité, c’est de profiter du fait que, grâce à l’Europe, il n’y aura plus de frontière entre les Basques. »
On a pu lire les propos très sévères des nationalistes sur l’attitude d’Alain Lamassoure au moment du vote. « Sa position est vraiment condamnable » juge évidemment le porte-parole de Batasuna à Bayonne. Même Jakes Abeberry, membre fondateur d’Abertzaleen Batasuna et adjoint au maire de Biarritz, « n’a pas caché son "étonnement" de voir l’eurodéputé angloy défendre des positions contraires au processus de paix » allant même jusqu’à regretter « l’attitude "non originale" et "peu courageuse" du secrétaire en charge des questions européennes de l’UMP. » (Le Journal du Pays Basque du 28/10/06)
Sans doute piqué au vif, c’est pour le même organe de presse, favorable aux thèses abertzale, que M. Lamassoure a écrit une tribune libre. Le lecteur peut prendre connaissance d’un article intitulé « La paix au Pays basque : malaise à Strasbourg », bien construit et solidement argumenté, où les mots sont bien pesés (on n’est pas passé par l’ENA pour rien). L’argumentation générale sur la nécessité d’un consensus au plan national en préalable au débat européen est développée. Par rapport aux déclarations précédentes, on notera tout de même quelques nuances : le ton est manifestement plus conciliant. Le terme « instrumentalisé » n’a pas été repris. Batasuna n’est plus qualifié de « bras politique d’ETA » même si le mot « provocation » est utilisé à propos non du forcing auprès des parlementaires européens précédant le débat mais de son attitude en général. L’article est, en quelque sorte, une invitation à mieux se renseigner sur les pratiques du Parlement européen avant d’engager une action dans ce cénacle. On croit comprendre que M. Lamassoure serait prêt à servir de professeur en la matière.
Enfin certaines phrases sont dans sa bouche plus inédites : « Les institutions européennes en général, le Parlement en particulier, peuvent aider les forces démocratiques d’un État membre à régler un problème politique interne. Mais elles ne peuvent, ni trancher leurs différents ni, a fortiori se substituer à elles. » Et plus loin : « aucune disposition en vigueur ne prévoit la possibilité pour l’Union d’intervenir dans les affaires internes d’un Etat membre, notamment celles qui mettent en cause son organisation territoriale. » Ceux qui ont appris que M. Lamassoure faisait partie de la dream team du candidat Nicolas Sarkozy, ne seront pas étonné de déceler dans cet article un ton qui pourrait être celui d’un ministre des affaires étrangères d’un futur gouvernement de la France.
En conclusion, du "grand" Lamassoure, dans toute l’ambiguïté -- on ne sait jamais s’il s’agit de tactique ou de conviction -- qui le caractérise.

Le CapVe
Le CapVe, le 07/11/2006 à 14:08 | Permalien

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