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Après les Basques, les Catalans. Le 30 septembre, le Parlement catalan a approuvé à une large majorité (seul le PP a voté contre) le projet d’un nouveau statut d’autonomie pour la Catalogne. Mais la situation est ici différente du Pays basque à plusieurs titres.


Nous ne reviendrons pas sur les épisodes du plan Ibarrexte décrit dans nos différentes brochures. Le chef du gouvernement espagnol, et le PSOE avec lui, s’étaient déclarés opposés à ce statut. Mais il avait permis qu’il fût discuté aux Cortes. Le lehendakari, fait exceptionnel, était venu le défendre lui-même à la tribune. On sait ce qu’il advint ensuite.
En Catalogne, ce sont les socialistes du PSC de Pasqual Maragall qui, alliés à la gauche républicaine (ERC) et aux communistes-verts (IU), forment le gouvernement régional, la Generalitat. Entraînés par leurs partenaires républicains et indépendantistes de ERC, les socialistes, dans leurs relations avec l’Etat central et dans la conception du nouveau statut, sont devenus plus radicaux. Et comme le chef du gouvernement de Madrid a besoin des voix de ERC en soutien à son gouvernement minoritaire, ce n’est pas lui qui allait demander à ses amis socialistes catalans de contrarier l’ERC. C’est ainsi qu’on vit J.L. Zapatero prendre part aux transactions sur le statut, en recevant les différents protagonistes au palais de la Moncloa. Il déclara même, quand on sut qu’il y aurait une phrase signifiant que « la Catalogne est une nation », que cela n’était pas bien grave. Mais beaucoup d’Espagnols, même à l’intérieur du PSOE, ne l’entendent pas de cette oreille.
Aujourd’hui, le projet de statut est sur le bureau du parlement espagnol. Les premiers mots du préambule sont « la nation catalane…. » et l’article 1 est ainsi rédigé : « Catalogne est une nation ». Pourtant la Constitution espagnole approuvée en 1978 mentionne, dans son article 2 « l’unité indissociable de la nation espagnole » et plus loin le « droit à l’autonomie des nationalités et des régions ».
Mais il y a plus. On comprend, après lecture du projet, que de nation, il n’y en a qu’une, la Catalogne. « Catalogne tend sa main à l’Espagne » titrait un journal de Barcelone ; en effet, avec ce statut, elle n’est plus dans l’Espagne, elle établit avec l’Espagne des relations bilatérales. Bien évidemment, comme au Pays basque, le préambule mentionne « le droit des citoyens de Catalogne de déterminer librement leur futur comme peuple ».
J.L. Zapatero commence à se rendre compte que ce texte est jugé inacceptable par une large majorité d’Espagnols, même parmi ceux appuyant le PSOE. Il tente de faire marche arrière. Mais comment, sans ridiculiser les socialistes catalans et sans heurter ses alliés de ERC, peut-il aujourd’hui faire modifier les points les plus sensibles du statut ? À la crise constitutionnelle, risque fort de s’ajouter une crise politique.
Avec, en interne, les négociations en vue d’un cessez-le-feu de ETA qui piétinent et, en externe, un gouvernement marocain qui souffle le chaud et le froid à Melilla en utilisant la détresse des Africains, on constate que J.L. Zapatero, qui se voyait en grand stratège, est plutôt bousculé par les événements. Il est d’autant plus inexcusable aux yeux de beaucoup d’Espagnols qu’il a lui même contribué à faire bouillir la marmite du nationalisme catalan. Et, comme l’apprenti sorcier de Goethe, il pourrait se lamenter, « les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 07/10/2005 à 21:02

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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