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Actualité

Ils sont trop verts dit-il…  10/10/2006

L'association Batera s'est lancée dans une opération de collecte de 46.000 signatures d'électeurs du département des Pyrénée-Atlantiques en vue d'imposer l'organisation d'un référendum local sur la création d'un département Pays basque. Elle vient d'annoncer à la presse qu'à quelques jours de la clôture de l'opération, le nombre de signatures recueillies voisinait les 18.500 (Sud-Ouest et Le Journal du Pays Basque du 7/10/06). Ce serait « une très grande victoire » selon le président de l'association des élus pour un département Pays basque.

Ils sont trop verts dit-il…

L'affaire avait pourtant été soigneusement mise en scène : annonce solennelle au cours d'une réunion symbole, le biltzar des maires du Pays basque, avec évocation des mânes du Général (cf. dans notre brochure n°22 l'article « Nouvelle poussée de fièvre », et notre communiqué « retour aux sources », prémisse de consultation avec vote des maires et présentation manipulée des résultats (cf. notre rubrique « tout est relatif » du 3/11/05), recherche d'un cadre légal en s'abritant derrière des lois volontairement détournées (cf. notre rubrique « Supercherie à tous les étages; du 13/04/06). On avait même vu des personnalités locales à perspicacité réduite se ranger dans le camp des pétitionnaires (cf. notre rubrique « Confusion et collusion; du 11/05/06).
Mais les résultats sont là : 18500 signatures, c'est 4 % des électeurs du département. On est loin du compte. Qu'à cela ne tienne. Il suffit de changer son fusil d'épaule, de trouver un nouveau subterfuge. Oubliés les textes de loi qu'on invoquait sans cesse en se gardant bien de les citer – c'eut été trop compromettant – pour se draper dans un manteau couleur de légalisme, à la trappe le cadre départemental comme collectivité territoriale de référence. On revient à la distinction ressassée à l'envi par les partisans de la scission, d'un côté le Béarn, de l'autre le Pays basque. Le refrain est connu : parce qu'elles sont fondamentalement différentes, les deux parties du département ne peuvent rester ensemble dans cette entité administrative. Et c'est en insistant sur cette différence dans la collecte des signatures qu'on va tenter de masquer son échec et même de transformer une défaite en victoire. Ainsi, l'affaire serait dans le sac…
À défaut de parvenir aux 10 % des électeurs inscrits des P.A., il fallait donc atteindre peu ou prou les 10 % dans le Pays basque et faire un score ridicule dans le Béarn. Comme par hasard, cela correspond aux chiffres présentés. La « consultation (…) visait 10 % du corps électoral, soit 21.000 signatures en Pays basque et 25.000 signatures en Béarn, pour un total de 46.000 dans les Pyrénées-Atlantiques. À moins d'un mois de l'échéance, la plate-forme Batera enregistre 18.500 pétitions, soit près de 18.000 en Pays basque (…) contre 800 personnes côté béarnais… » (Le Journal du Pays Basque) Parions que la recherche des signatures en Béarn n'a pas donné lieu à une campagne très acharnée.
Habituellement, dans les farces, on trouve un personnage qui, pour ajouter à la bouffonnerie d'une situation, se lance doctement, avec tout le sérieux qui sied à sa condition, dans des argumentations saugrenues dont l'incongruité ne peut manquer de provoquer l'hilarité. Ainsi chez Molière les médecins de M. de Pourceaugnac. Dans cette veine, M. François Maïtia (PS) a « souhaité ramener le chiffre à un niveau hexagonal, rappelant que 10 % des inscrits représentaient 4 millions d'habitants en France, se posant la question sur le nombre de pétitions qui ont obtenu ce chiffre en France. » Il aurait dû conclure sa brillante démonstration par une phrase comme « et voilà pourquoi votre fille est muette ».
Une question reste en suspend. Que faire de ces 18.500 signatures ? On ne peut sans se ridiculiser les présenter au président du Conseil général. Certains évoquent le Conseil des élus du Pays basque, association loi 1901 n'ayant aucun pouvoir d'exécution. Cet ultime subterfuge serait une excellente idée, totalement inefficace, à l'image de cette pétition pour un soi-disant référendum.

Le CapVe
Le CapVe, le 10/10/2006 à 21:35 | Permalien


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Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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