(CAP = Citoyens en Adour-Pyrénées) - www.capve.info



Après un premier extrait consacré aux suites (locales) de la tragédie de Madrid du 11 mars 2004, nous abordons l'étude des résultats des élections cantonales et régionales.


« La broussaille féodale » (extrait de l'article 'Reflets de l'actualité' paru dans le bulletin de CAPVE n°18)

Quelques semaines plus tard, les Français (et même quelques Basques, voir chronique de l’Intran) étaient convoqués aux urnes. Certes, ce n’était pas une élection législative et il n’était pas question de « changer de gouvernement ». Pourtant, en Aquitaine comme ailleurs, le taux de participation des électeurs a été remarquablement élevé : 65,2 % dans les P.A. contre 61,15 en 1998. On n’observait plus d’accroissement préoccupant dans la pente des taux d’abstention constaté lors des élections précédentes. Les Français auraient-ils repris goût à l’exercice de la citoyenneté ?
Certes, le nouveau mode de scrutin régional, qui personnalisait davantage le choix des électeurs (un leader, candidat au poste de président du conseil régional, patronnant des listes départementales) pouvait paraître plus attractif. Certes, petit à petit, la Région trouve sa place dans la complexe organisation des échelons administratifs. Mais qui connaît vraiment ses compétences ? Financer (et même réduire) le déficit des TER ou construire des lycées — pour citer deux actions les plus visibles — sont-elles des compétences suffisantes pour créer un sentiment d’appartenance à une entité territoriale ? Pourtant, l’Aquitaine a existé dans l’histoire, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres régions, PACA par exemple.
D’autre part, les citoyens ont une impression de chevauchement dans de multiples domaines entre les diverses collectivités, département et région notamment. Et manifestement, ce ne sont pas les nouvelles lois de décentralisation, malgré tout ce qui a été annoncé, qui vont changer les choses. Le retour « à l’esprit des blocs de compétence » (pour parler comme les sénateurs auteurs du rapport « Pour une République territoriale ») n’a pas résisté aux luttes d’influence entre les différents cercles de pouvoir local, chacun étant représenté dans les lieux de décision. La concurrence est vive dans les secteurs les plus porteurs électoralement : participation à des investissements communaux, accueil des entreprises, action culturelle. Et le principe des « blocs de compétence » attribués à certains exécutifs impliquerait qu’a contrario, les autres élus locaux se retrouveraient « incompétents » dans les domaines concernés. Une telle distinction est-elle possible ?
Mais comme les régions sont moins nombreuses que les départements, leur action de lobbying a du être moins efficace. L’impression qui domine est que ce sont ces derniers qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu de l’acte II de la décentralisation, contrairement à ce qu’on avait cru comprendre au départ des intentions du Premier Ministre. L’enchevêtrement des compétences demeurera encore longtemps un trait de « l’organisation décentralisée » de notre République. Rappelons qu’en 1975 déjà, le Président Giscard d’Estaing déclarait : « La France n’est pas assez riche pour avoir quatre échelons administratifs : communal, départemental, régional et national ». Depuis, ont été créés les « pays » et les communautés de communes ou d’agglomération...
Les dernières élections consistaient à élire les présidents et conseillers régionaux ainsi que la moitié des conseillers généraux. Même s’il est toujours délicat de faire parler les chiffres, nous allons nous intéresser de plus près aux résultats des deux élections sur la partie ouest du département des Pyrénées-Atlantiques, même s’il ne s’agit que d’un amalgame de cantons. On pourrait y ajouter la communauté de communes du Seignanx, territoire du département des Landes, qui, très logiquement, est englobée dans le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) de l’agglomération bayonnaise. Comme on pouvait le lire dans une enquête du Nouvel Obs. sur l’immobilier (semaine du 18 mars 2004) : « Pour un budget inférieur (300.000 euros), il vaudra mieux chercher des petites maisons vers le nord de Bayonne ou, mieux encore, vers Ondres, Tarnos, Boucau ou Labenne. »
Pourtant, les édiles du BAB, bien installés dans leur fauteuil, ne sont pas prêts à proposer à ces communes le moindre strapontin au sein de la CABAB. Les entrants ne pourraient que troubler les petits jeux bien établis de partage des pouvoirs et des avantages qui l’accompagnent. C’est d’ailleurs ce que faisaient remarquer les journalistes de l’hebdomadaire Le Point, dans un article du n° 1628, (novembre 2003) : « Le BAB élargi : ce n’est pas pour demain ». Et Mme le Maire de Boucau aura d’autres occasions de regretter « le silence complet qui règne après la demande d’intégration de Boucau dans la Communauté d’agglomération bayonnaise malgré les engagements pris par le député-maire de Bayonne… » (Sud-Ouest du 21/01/2004). S’il y a un organisme où le déficit démocratique est patent et la transparence un vain mot, c’est bien la CABAB ; l’opposition angloye en ayant fait l’expérience dans sa quête d’informations au sujet des projets d’aménagement de La Barre. Tel n’était pas le bon plaisir du « Roi Didier »...

Décomptes et...
Nous ne reviendrons pas sur l’évidence. La vague rose qui a déferlé sur la France a également touché notre région. Résultat : le Président du Conseil Régional confirmé dans son poste avec une majorité renforcée, huit postes supplémentaires (dont six gagnés sur la droite) pour le PS au Conseil général. Manifestement, les Français, dans tout le pays, ont exprimé un même message destiné à nos gouvernants. Les préoccupations étaient les mêmes partout. Après la bataille, tous les candidats ont été amenés à le connaître.
Ainsi, M. Brisson, après avoir entendu une fois de plus, lors de la première séance du nouveau Conseil Général, les habituels « états d’âme ethnico-culturels » (Sud-Ouest du 2/04/04) qui, à l’initiative des abertzale, envahissent et stérilisent tout débat public dans ce département. Il a alors déclaré, faisant allusion aux propos recueillis lors de la campagne électorale : « On nous parle d’emploi, de logement beaucoup plus que de questions qui nous séparent ou nous divisent. » Les revers électoraux mèneraient-ils sur les chemins de la raison ? Jusque là, l’attention de M. Brisson avait été particulièrement (voire exclusivement) occupée par la mise en place de dispositifs de pénétration de la langue basque dans l’agglomération bayonnaise, problème artificiel s’il en est.
Au delà de l’analyse nationale, l’examen des résultats locaux apporte quelques informations.
Pour les élections régionales, les règles électorales nouvelles ne permettaient pas aux nationalistes basques de présenter des listes. Ils auraient pu intégrer des listes amies, mais leurs alliés de circonstances, LCR ou Verts, avaient d’autres stratégies (celle des Verts s’avérant à l’usage nettement plus payante). Aux élections de 1998, les listes départementales nationalistes avaient obtenu 12 % en « Pays basque » et… 1,2 % en « Béarn », signe que les électeurs n’attachent aucun intérêt aux élucubrations nationalistes en dehors du « Pays basque » (et, même là, pas dans tous les cantons). Qu’ont fait, pour ces élections régionales, les électeurs qui votent habituellement en faveur des nationalistes ? Si les chiffres des votants (et aussi des exprimés) au premier tour sont inférieurs à ceux des cantonales concomitantes dans lesquelles cet électorat pouvait retrouver ses candidats, c’est bien que certains partisans de ces nationalistes se sont volontairement abstenus (ou ont voté blanc). Ainsi, à Bayonne est, où les trois candidats nationalistes ont totalisé 450 voix (dont 156 pour Batasuna) dans l’élection cantonale, il y avait 229 suffrages exprimés en moins dans le premier tour des régionales. Sur le canton de St Jean Pied de Port, 819 voix pour les deux candidats nationalistes et une différence de 203 suffrages exprimés.
On peut également estimer que d’autres électeurs nationalistes ont, dans l’élection régionale, apporté leurs voix à la liste LCR-LO qui a obtenu de meilleurs scores que les candidats LO et LCR aux législatives de 2002. Ainsi à Bayonne est, 213 voix aux régionales contre 33+79 aux législatives ; à St Jean Pied de Port, 108 voix contre 11+20.
Mais la somme de ces deux parties est loin d’atteindre le total des voix obtenus par les candidats nationalistes aux cantonales. On peut en déduire qu’une autre partie de cet électorat s’est « naturellement » répartie sur les autres listes, de gauche comme de droite. Quand, comme lors de ces élections régionales, il n’y a pas de candidat nationaliste, l’électorat correspondant se disperse tous azimuts. On comprend d’autant moins les attitudes trop souvent complaisantes des partis traditionnels en sa direction.
Pourtant, quand le report des voix nationalistes peut influer sur l’issue du scrutin, les abertzale s’empressent de créer la confusion. Ainsi pour les cantonales à Saint-Jean-Pied-de-Port. Au premier tour, arrivaient dans un mouchoir, le candidat de droite (39,1 %) et celui de gauche (38,4 %) ; loin derrière, mais avec un score qui lui permettait de se maintenir au second tour, celui de AB (17,7 %). Pourtant, il se retirait, sans donner (officiellement) de consigne de vote mais en posant publiquement des questions aux candidats. Les premières de ces questions portaient, on n’en sera pas étonné, sur les quatre mots d’ordre de Batera. Le candidat — qui eut droit dans Sud-Ouest à une interview sur 3/4 de page par la « spécialiste » des questions traitant des nationalistes basques — précisait : « Les abertzale suivront les faits et gestes du prochain conseiller général à la loupe et les candidats le savent. » La tactique est parfaitement claire : « le candidat élu le sera grâce à nos voix et nous avons la ferme intention de le lui rappeler pendant tout son mandat afin qu’il reste notre prisonnier ». La réponse de M. Maïtia (PS) fut suffisamment ambiguë ; il fut élu. On notera pourtant une augmentation au second tour des votes blancs ou nuls correspondant, à peu près, au nombre de voix obtenues au premier tour par le candidat nationaliste radical. La tactique d’AB a, jusque là, parfaitement fonctionné. On verra, aux prises de position du nouveau conseiller, notamment vis à vis des consignes de Batera, si les nationalistes ont visé juste.
Aux régionales, la liste UDF pour les P.A. était conduite par Jean-Jacques Lasserre, par ailleurs président du Conseil Général, dont le combat pour empêcher toute scission du département est ancien et sans faille. Il se positionne ainsi depuis longtemps contre les menées des nationalistes basques et de leurs alliés objectifs, réunis aujourd’hui au sein de Batera. Certes, l’aura de M. Bayrou, leader national, natif et député du département, rejaillissait sur cette liste, mais il faut dire que M. Lasserre et sa liste ont fait mieux que se défendre. Même s’il est difficile de comparer les chiffres dans des élections qui n’ont pas le même enjeu, on constate qu’il fait mieux que la liste UDF pour les européennes de 1999 (avec Bayrou et… Lamassoure) et mieux que le candidat Bayrou aux dernières présidentielles. Pour comparer avec les régionales de 1998 dans lesquelles UDF et RPR faisaient liste commune, il faut ajouter les suffrages des listes Lasserre (UDF) et Duhart (UMP). Toutefois, pour ne pas se laisser tromper par l’augmentation des suffrages exprimés, on examinera les pourcentages par rapport aux inscrits : 25 % en 2004 contre 18,8 % en 1998. Or, il y au moins un point sur lequel se rejoignent M. Lasserre et M. Duhart, maire de St-jean-de-Luz et poulain de Mme Alliot-Marie dont on connaît les positions inflexibles envers le nationalisme basque en France, c’est bien sur le refus de créer un département Pays basque ou d’envisager des institutions spécifiques pour le Pays basque.
À ce sujet, il est amusant de se demander comment ont voté certains membres de l’UDF, comme MM. Gimenez d’Anglet ou Etchegaray de Bayonne, que l’on voit si souvent en tête des manifestations de Batera, réclamant à cor et à cri la scission du département des P.A.. Continueront-t-ils à naviguer dans la plus complète contradiction en fustigeant ou en soutenant, selon les circonstances, celui qui, par sa fonction et ses positions, symbolise le mieux l’unité du département ? A force de pratiquer ainsi le grand écart selon qu’ils se trouvent dans l’agglomération bayonnaise ou à Pau, ils finiront par se casser la figure. D’autant que le Président Lasserre a clairement indiqué, dès les résultats définitifs connus, qu’il n’avait pas l’intention de changer de politique. Cette phrase est évidemment applicable aussi bien aux questions institutionnelles qu’aux « orientations territoriales stratégiques » qui définissent quatre systèmes territoriaux dépassant les toujours ressassés clivages ethnico-culturels.
Puisqu’on en est aux questions stupides, ces mêmes Gimenez, Etchegaray, Bru et consorts vont-ils, aux élections européennes, soutenir leur maître à penser local, M. Lamassoure, tête de liste UMP et ardent promoteur d’institutions spécifiques pour le « Pays basque », et délaisser la liste de leur parti, l’UDF ? Oseront-ils prendre clairement position ?
Enfin, on remarquera que l’indéniable vainqueur des élections régionales, le Président sortant et reconduit, Alain Rousset, a, dans le dernier numéro de la revue « L’Aquitaine », mis en priorité l’unité de la région : « En préambule, je voudrais par dessus tout consolider l’unité de l’Aquitaine ».
Certes, unité ne signifie pas uniformité (il serait d’ailleurs ridicule de parler d’uniformité à propos d’une région dont on peut dire, en plagiant Fernand Braudel parlant de la France « que l’Aquitaine se nomme diversité »). Mais, si une partie de la Région obtenait des institutions spécifiques qui la distingueraient du reste de la collectivité territoriale et la rapprocheraient inéluctablement d’une autre région du sud, plus puissante et disposant de plus d’autonomie, l’unité de l’Aquitaine serait sérieusement mise à mal.

… mécomptes

Nous avons fait allusion au Conseil général. Nous n’allons pas manquer d’évoquer deux cantons dans lesquels les choix des électeurs nous ont procuré une grande satisfaction, Anglet nord et Bayonne est.
Sur le canton de Bayonne est, la défaite du candidat sortant fut la divine surprise de ces élections. Il faut dire que ce canton fut celui d’Henri Grenet, et épisodiquement, de son fils. Le conseiller sortant est premier adjoint au député-maire et même, nous laissait-on entendre, son successeur putatif à la mairie. Mais peut-être avait-on oublié que M. Etchegaray avait été élu en 1999 à l’issue d’une élection partielle « réduite » (plus de 70 % d’abstentions) après une invalidation. Il s’était présenté après que le candidat invalidé, M. Barnetche, ait été poussé, sans qu’on y mette trop de gants, vers la sortie pour lui céder sa place.
Au premier tour, M. Etchegaray avait fait un meilleur score en pourcentage que son prédécesseur, ce qui est habituel après une invalidation. Au second tour, il avait bénéficié d’un report de voix des abertzale, qui voyaient en lui une possibilité d’être entendus dans l’exécutif municipal. À l’expérience, ils ne s’étaient pas complètement trompés (voir l’attitude de M. Etchegaray lors de l’affaire de l’Atalante).
Depuis son élection, M. Etchegaray s’est, à plusieurs reprises, manifesté à Bayonne à propos du département des P.A.. On l’a vu aux premiers rangs des manifestations de Batera, fustigeant avec véhémence les positions du gouvernement en place. Les propos qu’il tint devant les caméras de FR3 Euskal Herri n’auraient pas déparé dans la bouche de Jean-Noël Etcheverry de A.B.. À l’époque, plusieurs de nos adhérents (ceux qui habitent la rive droite de l’Adour notamment) nous avaient fait part de leur étonnement. Car, une telle attitude entraînait des questions : une collaboration franche est-elle encore possible entre le député-maire qui, à Paris comme à Bayonne, approuve et soutient les décisions du gouvernement et son adjoint qui vitupère contre un gouvernement incapable de prendre conscience des vrais problèmes et dont l’attitude est jugée « inacceptable » ? Certes, le désaccord entre M. Grenet et son adjoint portait sur une question locale, mais étalé ainsi sur la place publique, à coup de slogans lancés lors de manifestations, il n’en prenait que plus d’importance. À n’en pas douter, cet épisode est resté dans la mémoire de nombre d’électeurs du canton.
Pour s’en convaicre, il suffit de comparer certains chiffres. Au premier tour, le candidat Etchegaray fait nettement moins que la somme des listes UDF
+UMP+CNPT aux régionales, augmentée, on l’a vu plus haut, des voix abertzale se reportant sur les partis traditionnels (dans une faible proportion, au demeurant, dans ce canton). Ce n’était déjà pas un bon score personnel.
Au second tour, le candidat Etchegaray n’a obtenu que 409 voix de plus, alors qu’étaient « disponibles » une réserve de 229 votants supplémentaires ainsi que les 2/3 (c’est ce qu’on estime généralement) des 323 voix du FN + une partie des 294 voix abertzale de AB+EA (les abertzale « radicaux » ne se sont pas déplacés ou ont voté blanc). Malgré le combat commun de M. Etchegaray avec les abertzale à l’intérieur de Batera, ceux-ci l’ont laché au moment crucial. Les ingrats !

À propos d’Anglet nord
Nous ne cacherons pas que, depuis longtemps, nous apprécions les positions de Jean Espilondo sur tout ce qui touche à « la question basque ». Surtout parce que ses positions sont claires et intangibles, ce qui lui valut d’ailleurs le qualificatif d’« antibasque » de la part d’un conseiller municipal nationaliste à bout d’arguments.
À Anglet, les nationalistes basques, toutes tendances confondues, se retrouvent dans une association dénommée Angeluzain. Les principales raisons d’être de cette association sont de faire obstacle aux projets électoraux d’Espilondo et de faire croire à la population locale qu’Anglet serait une commune traditionnelle du Pays basque, au même titre que St Palais ou Ascain. On se souvient du slogan « il faut battre Espilondo » clairement exprimé dans la presse lors des précédentes élections municipales. Il faut dire que des nationalistes basques — camouflés sous de multiples qualificatifs, comme « gens de sensibilité basque » (dixit le maire actuel M. Villenave dans Sud-Ouest du 18/01/01), ce qui en dit long sur le caractère ethniciste de l’affaire — figuraient sur la liste de la majorité municipale sortante. À l’examen des résultats en 2001, on avait pu constater que, même si la majorité municipale fut reconduite, l’intégration des abertzale lui avait fait perdre plus de voix qu’elle lui en avait fait gagner.
Après ces élections, Angeluzain s’est transformée en association "culturelle". Elle a été l’élement moteur de la cavalcade de 2002 censée « souligner l’identité basque » d’Anglet, selon les mots (Sud-Ouest du 31/05/02) d’un organisateur qui a « bénéficié du soutien total de la mairie ». Les Angloys qui pouvaient émettre quelques doutes n’avaient qu’à se référer aux panneaux explicatifs exposés à la bibliothèque municipale, dont un était exclusivement réservé à la présentation de l’association Angeluzain : son seul but annoncé était le dévelopement de la culture basque (qu’ils disaient).
Lors des élections locales, Angeluzain montre son vrai visage, celui d’une association de nationalistes basques qui n’hésitent pas à manipuler la culture locale pour soutenir ses objectifs purement politiques. Pourtant, les représentants d’Angeluzain ont franchi un pas de plus dans la tentative de duperie des Angloys. Dans Sud-Ouest du 11/02/04, l’association se dit « apolitique », ce qui démontre déjà un culot certain. Surtout avec une photo du candidat où on peut voir, à la table de la conférence de presse, d’un côté Ramuntxo Camblong, président du PNB, branche française du PNV (Parti Nationaliste Basque) d’Euskadi, de l’autre, Mikel Ithurbide, membre d’Abertzaleen Batasuna, et président de l’association des élus abertzale. Deux membres de la majorité municipale d’Anglet, le second ayant été nommé par le maire adjoint aux finances, poste stratégique s’il en est. Drôle d’apolitisme !
Mais on n’en a pas fini. Puisqu’il s’agissait d’élire un membre du Conseil général des P.A., on aurait pu penser que le candidat aurait évoqué le sujet qui tient le plus à cœur des abertzale, la nécessité pour « le Pays basque » (qui englobe la commune d’Anglet) de disposer d’un territoire administratif propre, avec des institutions spécifiques, et donc, au préalable, la scission de l’actuel département. Rien de tout cela. Il ne sera question que d’écologie et d’immobilier. Sans doute trop à son programme, le candidat va jusqu’à se prendre pour un membre du Parlement en proposant d’instaurer une « taxe spécifique sur les résidences secondaires » et de « favoriser l’accession à la propriété ». Dans le langage populaire du sud de la France, on appelle cela « jouer les trompe-couillons ». Résultat : 324 voix, moins de 5 % des suffrages exprimés. Les Angloys sont loin d’être tous des « couillons ».
Mais le naturel reprenant le dessus, entre les deux tours, le candidat « apolitique » dénoncait « les positions insultants et répétées (de Jean Espilondo) à l’encontre de la société et de la culture basque en général ». Périphrase d’« antibasque ».


Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 21/07/2005 à 21:45

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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