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Par deux communiqués, les terroristes d’ETA ont annoncé, en reprenant les termes déjà utilisés par l’IRA dans une situation comparable, un « cessez-le-feu permanent ».


imge de la video envoyée à EiTB
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Même si permanent ne veut pas dire définitif, il faut se réjouir de cette annonce ; ne serait-ce que pour tous ceux qui, menacés depuis plusieurs années, ne pouvaient sortir de chez eux que sous la protection d’une escorte.
Il faut rappeler avec force qu’ETA s’est vu obligé de franchir ce pas à cause de sa grande faiblesse. C’est une victoire de cette partie de la société civile espagnole, spécialement en Euskadi et en Navarre, qui s’est toujours refusée à subir l’emprise des terroristes, même si elle a payé un lourd tribut pour cette attitude, les victimes étant souvent des citoyens qui avaient simplement exprimé ce refus. L’initiative citoyenne Basta ya ! est de ceux-là.
C’est aussi le résultat d’une politique d’union des partis politiques « constitutionnalistes » et de la fermeté des institutions judiciaires et policières dans la lutte contre l’organisation terroriste et sa mouvance de partis et d’associations diverses, Batasuna en tête. Ce fut le Pacte antiterroriste, les décisions du juge Garzón, l’interdiction de Batasuna, la très productive collaboration entre les polices espagnole et française… Ceux qui disent aujourd’hui que cet événement est une victoire du président Zapatero ont la mémoire particulièrement sélective et courte.
Il ne faut pas oublier que le terrorisme ne se limitait pas aux attentats contre des personnes ou des biens. Il se manifestait dans les extorsions de « l’impôt révolutionnaire » auprès des entrepreneurs, dans la « kale borroka » (violence urbaine) provoquée par des jeunes, de Segi notamment, dans des menaces et agressions diverses (l’artiste Agustin Ibarrola et ses œuvres en savent quelque chose). Le cessez-le-feu englobe-t-il ces types d’action ?
Même si les communiqués ne contiennent pas explicitement de revendications politiques, le référendum d’autodétermination est évoqué et la suite du processus, les négociations politiques, sont dans toutes les têtes. Le plus bel exemple en a été fourni par le lehendakari Ibarretxe (PNV) qui n’a pas attendu une seconde pour faire part de sa décision de convoquer une table-ronde des partis politiques d’Euskadi, incluant bien sûr Batasuna (bras politique d’ETA) qui est à l’origine de cette idée. Son plan, comme celui de ETA, prévoit un scrutin d'autodétermination. Quelles concessions le gouvernement Zapatero va-t-il faire aux nationalistes basques, toutes tendances comprises, pour obtenir une paix définitive, sachant que la Communauté Autonome Basque dispose dans la Constitution de 1978 d’un niveau d’autonomie inégalée en Espagne et en Europe ? Pas moins qu’à la Catalogne, à laquelle le gouvernement et le PSOE vont accorder le statut de nation.
Dans ces conditions, qui peut croire que le Pays basque de France ne sera pas également soumis à une pression considérable de la part des nationalistes basques et de leurs alliés de toute sorte ? D’ailleurs, la revendication actualisée d’un département basque n’a-t-elle pas été relancée dans la perspective de ce cessez-le-feu attendu depuis plusieurs mois ? Un référendum local sur le territoire du Pays basque au sujet d’une institution qui lui serait propre, même s’il s’agit d’une institution administrative intégrée à l’État, n’a-t-il pas comme un parfum de référendum d’autodétermination ? On comprend alors pourquoi le président du PNV est venu en personne à Bayonne pour soutenir cette idée.
La vigilance est de plus en plus de mise. Et ce n’est pas le communiqué de la présidence de la République du 22/03, ni fait ni à faire, qui peut nous rassurer.

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 24/03/2006 à 16:21

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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