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Manœuvres d’arrière-cuisine  13/10/2005

Lundi 10 octobre, la commission permanente du Conseil Régional d’Aquitaine avait à examiner l’attribution de subventions à divers organismes. Parmi elles, une aide de 12.000 € demandée par la « Chambre de développement agricole du Pays basque », nommée en euskara « Euskal Herriko Laborantxa Ganbara » (traduction : chambre d’agriculture du Pays basque), afin de réaliser 40 diagnostics d’exploitations dans le cadre d’une opération régionale. Mais la manœuvre, qui correspondait à une reconnaissance de fait par le Conseil d’Aquitaine, n’a pas abouti.


Il faut savoir (cf. dans notre brochure n° 20, l’article « L’idéologie de la différence ») que cette association loi de 1901 a été montée par le syndicat agricole basque ELB en préfiguration d’une véritable Chambre d’agriculture départementale. En effet, les dirigeants d’ELB, en bons nationalistes basques qu’ils sont, réclament à cor et à cri une Chambre pour le Pays basque, comme d’autres réclament un département Pays basque, ou une Université du Pays basque. Sans oublier, ce qui n’est pas rien, la co-officialisation du basque et du français sur le territoire « Pays basque ». Leur « Chambre » dispose aujourd’hui d’un immeuble mis à sa disposition par une « fondation » d’Euskadi et de six employés, l’embauche d’un septième étant prévue ce mois-ci. Le Préfet lui-même avait eu, en janvier 2005, l’occasion de parler officiellement de « fonds provenant de l’étranger », c’est-à-dire de la Communauté Autonome Basque d’Espagne, où le nationalisme basque dispose de bases puissantes… et argentées.
La Préfecture s’est clairement refusé à reconnaître le moindre rôle officiel à cette « Chambre » qui cache mal ses intentions politiques sous une prétendue « spécificité » de l’agriculture basque. Elle a même déposé plainte pour exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique (article 433-13 du Code pénal). Elle a déféré devant le tribunal administratif les maires des communes ayant délibéré en faveur d’une subvention à la « Chambre ». La police a récemment effectué une perquisition dans les bureaux de Laborantxa Ganbara .
La demande de subvention auprès du Conseil Régional est à l’évidence une tentative pour une reconnaissance de fait par le CR, ELB sachant que rien ne viendra du Conseil Général. C’est le PS qui, avec ses alliés Verts, détient la majorité au Conseil d’Aquitaine. La commission permanente était présidée par le sénateur landais Jean-Louis Carrère, qui s’était déjà distingué en apportant son aide aux « démo » qui tentaient d'imposer la langue basque à la gare de Bayonne. ELB pouvait compter sur le soutien du Vert Jean Lissar (Les Verts Pays basque marchent main dans la main avec les indépendantistes, par exemple en signant les accords de Lizarra) et du socialiste François Maïtia, qu’on voit régulièrement dans les manifestations en faveur du département Pays basque et qui doit son récent siège de Conseiller général à Abertzaleen Batasuna . C’était sans compter sur la vrai Chambre d’agriculture de Pau qui a découvert le stratagème et sans la pugnacité de Jean-Jacques Lasserre, Conseiller régional et aussi Président du Conseil Général des P.A.. Le vice-président aquitain Carrère a décidé d’ajourner le dossier.
Une telle manœuvre ne pouvait se réaliser qu’avec la connivence d’élus qui n’ont jamais caché leur sympathie pour les nationalistes et qui voyaient là une nouvelle occasion de la leur manifester. Mais avec leurs gros sabots, ils ont fait tellement de bruit qu’on les a entendus jusqu’à Pau. Cette déconvenue ne les empêchera pas de revenir à la charge. Les compagnons de route des nationalistes basques ne manquent pas, au Conseil régional et ailleurs.

Le CapVe
Le CapVe, le 13/10/2005 à 21:30 | Permalien

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Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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