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Présentation de CAPVE

Contre le département Pays basque  02/05/2006

Texte écrit pour être intégré dans le livre de Claude Perrotin « Pays Basque. Un
Département : 100 réponses » Éditions Atlantica Janvier 2002


L'association CAP Vivre Ensemble (C.A.P. étant l'abréviation de Citoyens en Adour-Pyrénées) s'est créée en septembre 1999. Ce n'était pas le fruit du hasard. Depuis longtemps déjà, les partisans d'un département Pays basque tenaient le haut du pavé. La pression médiatique et le niveau de propagande avaient atteint des niveaux tels que M. Viau, préfet nouvellement arrivé et immédiatement questionné sur le sujet, remarquait : « Dans ce débat, il me semble que l'on a entendu jusqu'à présent les arguments de ceux qui sont pour, plutôt que les arguments de ceux qui sont contre ». On était en pleine dictature de la « pensée unique ». Aujourd'hui, tout de même, on aperçoit ici ou là, de temps à autre, une amorce de ce que devrait être le débat démocratique.
Les adhérents de notre association se définissent d'abord comme des citoyens français, dans l'acceptation humaniste du terme, contrairement à ceux qui se présentent comme des patriotes basques et l'écrivent en basque, abertzale. Nous osons proclamer notre profond attachement à la France et à l'identité française, telle que quinze siècles d'histoire l'ont façonnée dans toute sa diversité (comme le développe Fernand Braudel dans L'identité de la France). De là découle notre fierté d'être français, sans chauvinisme. Etre français, ce n'est pas seulement être né sur un territoire appelé France. Ce n'est pas, reçue par le sang, l'appartenance à une ethnie. Etre français, c'est assumer un héritage enraciné dans une volonté de vivre ensemble, dans un projet que l'on veut collectif et admis par tous ceux qui sont sur ce sol.
La diversité de tous ceux qui ont constitué la nation française est un fait. Et aussi une richesse. Dans le long processus historique, souvent violent et heurté, où les origines ont été parfois occultées et les langues parlées étouffées, la notion de citoyen, appartenant à la Res Publica, s'est peu à peu dégagée. Elle a reçu sa consécration en 1789 dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et, en 1790, à la Fête de la Fédération. Ainsi, nous pouvons nous déclarer Français, sans oublier qu'on peut être aussi Basque, Gascon ou Béarnais. Si nous pouvons librement afficher notre fidélité à une identité culturelle, plus ou moins affirmée, nous nous rejoignons dans la patrie commune des citoyens, la République. Il ne peut y avoir confusion entre citoyenneté et identité. Nous accordons une primauté à la communauté des citoyens où tous se retrouvent à égalité, même si leurs origines, leurs religions, leurs parlers peuvent différer.
Comme l'a rappelé un Président de la République : « La France n'est pas et ne sera jamais une mosaïque de communautés juxtaposées ».
Mais la République ne trouve sa légitimité qu'en elle-même. Si les citoyens se dispersent, s'ils relâchent leur lien avec cette communauté, alors c'est la cohésion nationale qui se délite, avec rupture des liens de solidarité.
Ces valeurs expliquent notre position sur la question du département Pays basque. (…) Pourquoi demander la création d'un département si ce n'est pour différencier (et même ensuite séparer) cette région du reste du département des P.A. et du territoire national français, au nom de spécificités. Nous trouvons anachronique et dangereuse cette manière de diviser systématiquement les habitants du département des Pyrénées-Atlantiques en Basques et Béarnais pour mieux les opposer, comme si nous étions encore sous l'Ancien Régime. Que n'a-t-on entendu comme sornette ? On peut citer M. d'Elissagaray qui se refusait à laisser les « Basques » financer les stations de ski « béarnaises », alors même que la presse signalait la joie des enfants de communes « basques » séjournant dans ces stations. Qui donc a financé la consolidation des falaises de Biarritz ? N'y avait-il pas le département tout entier ?
Aujourd'hui encore, on réclame une Chambre d'agriculture à Bayonne sans doute parce que les producteurs de fromage d'appellation Ossau-Iraty ne parlent pas le même langage à leurs brebis selon leur position géographique. En fait, de quoi s'agit-il ? de créer des clivages artificiels, de rompre des liens séculaires, de détruire un tissu économique et social évident. Première étape en vue de la dissociation.
De plus, cette demande conduit à un dualisme qui nie toute réalité. Ainsi Bayonne est présentée comme la « capitale du Pays basque ». Pourtant, politiquement et administrativement, la ville s'est séparée du Labourd en 1177. Pendant des siècles, c'est la culture gasconne qui s'y exprimait. Aujourd'hui encore, une fonctionnaire de l'Education nationale chargée du développement de l'enseignement de la langue basque reconnaît que cet enseignement n'a pas beaucoup de succès dans l'agglomération, car « la moitié de la population n'est pas originaire de là ». On voit bien par là qu'il est fallacieux de qualifier les Bayonnais de Basques. A l'examen, il apparaît clairement qu'historiquement, culturellement, sociologiquement (et aussi économiquement), Bayonne est loin d'être essentiellement basque. Où se trouve, chez les départementalistes, le désir de partager, la volonté de « vivre ensemble », la fraternité de la devise républicaine ?
Toute discussion sur le sujet débouche inéluctablement sur une question : sur quels critères définir ce Pays basque qu'on veut officialiser en lui conférant le statut de département ? Rares (mis à part les nationalistes, et on sait quelle réponse ils donnent) sont ceux qui se risqueront à répondre à la question, tant sont grands les risques de dérapages vers des notions ethniques ou raciales. On nous répond que c'est une évidence admise par tous, mais on se garde bien de développer le moindre argument. Les théories sur le rhésus spécifique des Basques ne trouvent plus de propagandistes, sauf quelques nationalistes en mal d'arguments.
Si on prend le critère de la langue ou de la culture, sur quelles bases fixer un territoire aux limites bien définies et officialisées par un découpage administratif, alors que la pratique de la langue est en recul ?
Enfin, il existe des communes, celles du Val d'Adour par exemple, qui ne souhaitent pas se laisser intégrer dans un territoire appelé Pays basque. N'a-t-on pas vu le maire de Bidache défendre avec vigueur les racines gasconnes de sa commune ?
Que reste-t-il alors ? un mythe, produit d'une adaptation des théories de Sabino Arana Goiri. L'idée principale de ce fondateur de la doctrine nationaliste basque était de distinguer radicalement les « races » basque et latine et de plaider pour l'indépendance politique de la première (Barbara Loyer, universitaire, auteur de Géopolitique du Pays basque, dans Le Monde diplomatique de février 1998). L'idée principale des départementalistes est d'imposer les « spécificités » basques en créant un Pays basque territorialement défini, doté d'organismes politiques (Conseil général, Chambre d'agriculture, etc.) et administratifs propres. Le nationalisme de Sabino Arana se définit comme une doctrine raciste, ultra-catholique et séparatiste, formalisant l'existence d'une communauté ethnique différente des Espagnols et des Français et faisant du problème basque un problème « inter-national » (Ibid.). Le « départementalisme » est basé sur des vues communautaristes de l'organisation de la société française et de l'Etat français : les Basques, intégrés dans une communauté ethnique se différenciant des autres communautés, doivent disposer de leurs institutions et de leur territoire où ils développeront leurs spécificités. C'est une toute autre conception de l'Etat républicain tel qu'il existe depuis la Révolution ; car les Catalans, les Savoyards, les
Auvergnats, ne sont pas moins « authentiques » que les Basques. Nous allons vers un éclatement pouvant entraîner des rivalités ethniques. En disant cela, nous n'exprimons en rien une conception jacobine et centralisatrice de l'Etat.
Nous avons été amenés à différentes reprises à évoquer les nationalistes basques car il est incontestable qu'ils forment le « noyau dur » des départementalistes. Le responsable de l'agence de Sud-Ouest à Bayonne avait, en son temps, utilisé entre guillemets le mot « encadré » ; c'est tout dire. Le document fondateur de l'abertzalisme en France, la charte d'Itxassou date de 1963. Elle pose le Pays basque comme nation, réclame le droit à la réunification et définit des contours à la notion de « peuple basque » : par la naissance, la terre, le langage, la race. Le jour de sa proclamation fut adoptée une motion proposant la
création d'un département basque. L'association pour le département Pays basque, suite logique de cette motion, est une création de Jakes Abeberry. Viendront ensuite, dans cette même ligne, l'association des élus et l'association pour un nouveau département (source : Les années oubliées, jalons pour une histoire du mouvement abertzale au Pays basque nord -1968/1978- de Bixente Vrignon, Atuzain éditeur). N'est- ce pas symptomatique que le président actuel de l'Association des élus pour un département Pays basque se dise abertzale et que sur la liste des départementalistes aux dernières élections sénatoriales figure une
maire abertzale. La résolution du dernier congrès du PNV (15 janvier 2000) mentionne explicitement « les 159 communes de Basse-Navarre, Labourd et Soule » comme faisant partie des territoires dans lesquels « le peuple basque » doit décider de son propre destin par la voie d'un scrutin d'autodétermination. Arnaldo Otegi, de Batasuna, bras politique de ETA, a l'habitude de parler d'un Pays basque allant « de l'Adour à l'Ebre ». Cet été 2001 à Corte, Mme Mertxe Colina, d'Abertzaleen Batasuna, indiquait que « la revendication (du département Pays basque), plutôt acceptée par la population » doit être « appuyée » par les nationalistes afin de « lui faire franchir une nouvelle étape vers l'indépendance » (Propos rapportés par Bernard Poignant dans Le Monde, non démentis).
Il n'est pas besoin de poursuivre la démonstration. La création d'un département rentre depuis toujours dans la stratégie des indépendantistes basques pour arriver à la « construction nationale ». D'ailleurs, cette idée est la leur et sans leur soutien actif, elle n'aurait pas bénéficié de cette diffusion. Les départementalistes servent de marchepied à la cause séparatiste : les uns militent pour que, sur la carte de France, on trace en pointillé les limites d'un territoire appelé Pays basque ; les autres sont à l'affût et prendront le relais pour qu'on découpe la carte suivant le pointillé et que la limite se transforme en frontière.
Parce que l'ethnicité et le communautarisme sont consubstantiels au concept de département Pays basque, tout le processus se situe en dehors de la République. Les départementalistes sont les compagnons de route des séparatistes basques qui disposent aussi en Euskadi de puissants appuis. Pour ces raisons, nous combattons cette idée et nous continuerons à la combattre.

Le CapVe
Le CapVe, le 02/05/2006 à 23:53 | Permalien

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Face à la 'question basque'  02/05/2006


L'association CAP Vivre Ensemble s'est créée en octobre 1999 (statuts déposés à la Sous-Préfecture de Bayonne). Son objectif premier était de contrarier les menées de ceux qui réclamaient la création d’un département « Pays basque ». À cette époque, et depuis longtemps, les partisans d’une scission du département existant des Pyrénées-Atlantiques tenaient le haut du pavé. On était en pleine tyrannie de l’unanimisme obligé (dans les médias, dans le débat politique…).
Ceux qui veulent cette dissociation invoquent comme argument principal la « spécificité basque », essentiellement la culture des Basques, caractérisée par l’utilisation d’une langue particulière. Ils appliquent des critères ethniques à l’ensemble de la population du département des P.A. (les Basques à l’ouest, les Béarnais à l’est) et aboutissent à une division en deux du territoire, vaguement inspirée de l’Ancien Régime, bien que « le Pays basque » unifié n’ait jamais existé ni politiquement ni administrativement. Ils débouchent donc sur une organisation communautariste de la société : des institutions spécifiques pour « les Basques » s’appliquant sur un territoire délimité nommé Pays basque.
Sans nier l’existence d’une « singularité basque » (titre d’un livre de notre ami l’anthropologue Pierre Bidart), notre association tient à distinguer les notions d’identité et de citoyenneté. Nous donnons la primauté à la communauté des citoyens (selon l’expression de Dominique Schnapper). Nous constatons la diversité culturelle de la population, particulièrement visible, de tous temps, sur l'agglomération bayonnaise et dans le Val d’Adour. Nous nous référons à l’article 1er de notre Constitution : La France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Nous faisons nôtre cette phrase du Président de la République : « La France n'est pas et ne sera jamais une mosaïque de communautés juxtaposées ».
À cette revendication d’un découpage administratif propre au Pays basque --qui serait en fait une reconnaissance territoriale officielle-- s’en ajoute d’autres : des institutions spécifiques dans le genre de celles existant en Corse, une Chambre d’Agriculture, une Université de plein exercice à Bayonne (en fait, une Université du Pays basque) et surtout, celle sur laquelle les organisations « culturelles » mettent tous leurs efforts, la « co-officialisation » du basque (le français et le basque, langues officielles sur le territoire du Pays basque, comme dans la Communauté Autonome Basque voisine).
Parmi ceux qui soutiennent ces revendications, on trouve des défenseurs de l’identité locale, des régionalistes opposés à « l’État jacobin », des fédéralistes qui rêvent d’une euro-région basque des deux côtés des Pyrénées, des opportunistes qui suivent le sens du vent, et surtout des nationalistes basques dont l’objectif final est la « construction nationale ». Beaucoup font semblant d’ignorer la réalité politique de la question et font comme si...
L’idée de création d’un département Pays basque a été rejetée par deux gouvernements successifs, l’un de gauche (Jospin), l’autre de droite (Raffarin). Pourtant, les nationalistes ne désarment pas et utilisent, par le biais de multiples associations, la culture comme arme principale. D’une part, les autorités locales sont comme tétanisées face à ce sujet alors que l’État n’en finit pas d’apporter toujours plus de moyens, notamment financiers ; d’autre part, les organisations issues de la Communauté Autonome Basque (en Espagne) et du Parti Nationaliste Basque (PNV) peuvent ainsi se mêler des affaires locales.
Le combat de CAP Vivre Ensemble se poursuit donc.

Le CapVe
Le CapVe, le 02/05/2006 à 23:35 | Permalien

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De la défense de la langue basque… à sa co-officialisation (Après l’étape Pau-Bayonne du Tour de France 2003)  02/05/2006

Ce texte a été écrit dans la perspective d'une visite au Pays basque du Ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy. Il a été envoyé directement au conseiller du ministre chargé de la préparation et de l'organisation de la visite. Il a été ensuite intégré dans le bulletin CAPVE n° 16 daté du 3e trimestre 2003.


« La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion ; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie. » (Blaise Pascal, Pensées, XIV 871)
« Il y a des lieux où il faut appeler Paris, Paris, et d’autres où il la faut appeler capitale du royaume. » (ibid., I 49)

SOMMAIRE

1.- L’argument de la défense de la langue
1.1.- La langue, élément déterminant de la basquité
1.2.- Le rôle politique de la langue
1.3.- La relation langue-territoire
1.4.- Quelques exemples significatifs
1.4.1.- La manière douce
1.4.2.- La manière musclée
1.4.3.- Le biais du « culturel »
1.5.- La co-officialisation, synthèse des revendications

2.- La présence de l’euskara dans l’étape Pau-Bayonne du Tour de France
2.1.- Le Tour en Pays basque
2.2.- Les accords avec la direction du Tour
2.3.- Le politique ligoté
2.3.1.- par les organisations culturelles
2.3.2.- par sa propre pusillanimité dans l’analyse

3.- Les objectifs politiques des uns et des autres
3.1.- La présence des nationalistes
3.2.- L’attitude des politiques locaux
3.2.1.- Des positions comparables
3.2.2.- Des objectifs qui se rejoignent
3.2.3.- L’influence constante de l’Euskadi voisine

4.- Conclusion
4.1.- La basquité active
4.2.- Des idées simples avant d’aborder la basquité compliquée
4.2.1.- Sur la défense de la langue et de la culture basques
4.2.2.- Sur la définition d’un territoire
4.2.3.- Sur la communauté nationale

5.- Glossaire

[Les notes de bas de page de l'édition papier sont mentionnées à la fin du paragraphe concerné. L'astérisque (*) renvoie au glossaire.]
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L’épilogue de l’impromptu sur la présence officielle de l’euskara (1) dans l’étape Pau-Bayonne s’est joué sur les Allées Paulmy à Bayonne le 23 juillet. Ce ne fut qu’un épisode supplémentaire d’un feuilleton aux rebondissements multiples dans lequel se retrouvent régulièrement trois acteurs principaux, les défenseurs de la lange basque, les nationalistes basques et la classe politique locale. Nous allons tenter de dénouer l’intrigue.

(1) euskara : traduction, en basque, de « langue basque »

1.- L’argument de la défense de la langue

Notre ami Pierre Bidart, professeur à l’Université de Bordeaux 2, se présentait ainsi lors du colloque « Langues et territoires » (2) organisé en octobre 2001 par le Centre de recherches et d’analyses géopolitiques : « … un bon républicain français, qui assume sereinement, comme une évidence ordinaire, sans l’exalter, sa part de basquité en étant par exemple bascophone régulier quand je suis au Pays basque. » Combien de Basques pourraient faire leur cette phrase ? Sans doute beaucoup.
La langue est indéniablement l’élément le plus visible de l’identité basque et sa défense, dans un contexte d’incertitude pour toutes les langues minoritaires, est généralement considérée comme une nécessité.

(2) Les actes du colloque ont été repris dans le numéro 105 de la revue de géographie et de géopolitique Hérodote, titrée également « Langues et territoires ». On peut y lire un très instructif article d’introduction de Béatrice Giblin.

1.1.- La langue, élément déterminant de la basquité

Le linguiste Jacques Allières, dans son ouvrage « Les Basques » (3) précise, dès l’introduction : « c’est par sa langue qu’un Basque se définit lui-même en se désignant comme Eskualdun, puisque le terme signifie "qui possède" (-du-n) "l’eskuara" ou langue basque (eskual-) – et de la même façon Eskual-herri "Pays basque" » s’analyse en eskual- + herri "pays", c’est-à-dire "pays de la langue basque". »
Le Pays basque, tel que l’auteur vient de le définir, a sa limite « qui coïncide avec celle de la langue » ; en France notamment, elle « … court entre Briscous et l’Adour, s’infléchit au sud de Bayonne et de Biarritz avant d’atteindre l’océan » (l’agglomération bayonnaise est donc extérieure au périmètre). Est jointe une carte encore plus explicite (4). Le lecteur constate qu’il n’y a pas superposition entre la limite linguistique et les limites administratives, en Espagne (celles des provinces de la Biscaye et de l’Alava ou celles de la Navarre) comme en France (la limite nord du département des Pyrénées-Atlantiques).
Aujourd’hui, la production d’une telle carte serait incertaine puisque, d’après l’Insee se basant sur les chiffres du dernier recensement, il y a en Aquitaine 73800 locuteurs de basque (dont 2113 dans l’agglomération bordelaise et 16448 dans l’agglomération bayonnaise), pour une population dans ce qu’il est convenu d’appeler en France le Pays basque, de 262.400 habitants (dont 105.400 dans les trois villes du BAB, Bayonne, Anglet, Biarritz).
L’anthropologue Pierre Bidart, dans son ouvrage particulièrement fouillé et érudit, « La singularité basque » (5), rappelle : « Peu de sociétés ont suscité autant que la société basque de jugements sur ses traits linguistiques, anthropologiques, religieux, etc. » « La singularité basque n’a jamais cessé d’être un objet d’interrogation cristallisant, paradoxalement, l’étonnement, l’admiration, l’impression de mystère et l’exaspération. » « Les éléments susceptibles de devenir objets du discours de la singularité sont, a priori, en nombre illimité : la langue, l’architecture, les mœurs, la religion, la morale, l’ordre, le désordre, la tradition, la modernité, le passé et le présent, le peuple et ses œuvres, une réputation, un événement, etc. »
La langue (citée en premier) reste l’élément le plus marquant. D’abord parce qu’elle est très représentative de « l’énigme des origines de la basquité », énigme qui « est un objet discursif par excellence, et, de ce fait, un objet social ». « Les revendications pour une meilleure reconnaissance culturelle et institutionnelle du basque s’appuie sur le rappel de son antiquité : le basque, la plus ancienne des langues d’Europe ».

(3) Les Basques, n°1668 de la collection « Que sais-je ? » aux PUF, 1977.
(4) On peut citer également la carte et les études du Prince Louis-Lucien Bonaparte, réalisées en 1863 (époque où le français n’était que d’un usage limité) et publiées en 1872. L’auteur remarque qu’on passe sans transition des localités à forte majorité basque aux localités à forte majorité gasconne, "localité" désignant un lieu, un hameau, et non une commune dans son entier.
(5) La singularité basque, aux PUF, 2001, ouvrage recommandé à tous ceux qui s’interrogent sur la basquité et ses singularités culturelles, dans le contexte actuel des revendications dites identitaires.

1.2.- Le rôle politique de la langue

Au sujet de l’accumulation de savoirs sur la basquité, Pierre Bidart rappelle que « science et idéologie ne cessent d’interférer dans les intentions de tous ceux qui voient dans la basquité un argument susceptible de servir leur cause ».
Il étudie notamment la formule « propre à cette fin du siècle, marquée par la thématisation culturelle et politique de la question identitaire basque : Eskuaraz bizi, littéralement "vivre en langue basque" » : « Le fondement de la basquité se loge dans l’usage quotidien du basque, le terme de "vivre" conférant à cet usage une intense expressivité, voire une tonalité dramatique. » « L’établissement d’une consubstantialité entre la basquité et le basque entraîne donc le dépassement de la question des règles de la communication sociale fondée sur la diversité des usages au profit de l’instauration culturelle de la suprématie du basque sur les autres parlers. » Comme la formule Eskualdun fededun, Basque et croyant, utilisée au XIXe siècle, ces mots d’ordre « illustrent le rôle structurant de la religion et de la langue – production d’une identité , c’est-à-dire d’une conscience collective –…).
« Le glissement progressif de la basquité vers une formulation sensiblement politique, à la faveur du régionalisme en vogue au début du XXe siècle, marque son accession dans une nouvelle phase historique. La pensée cléricale n’avait eu de cesse de stigmatiser la République comme une institution anti-basque et avait dessiné l’axe conflictuel fondamental, précédent historique auquel le nationalisme basque contemporain reconnaît une portée cardinale. »
Pour « l’approche nationaliste qui se constitue comme telle, tout d’abord par la formulation d’un conflit central avec l’État dominant et oppresseur », « celui-ci est la source de l’ennemi principal à combattre ». « La construction d’une nation débute en réalité avec son institution, par le procédé discursif : le simple constat de l’existence de la langue basque, du peuple basque, et d’un territoire fait la nation basque. »
Il suffit de relire la Charte d’Itxassou (acte de naissance du nationalisme basque en France, Pâques 1963) : « Nous, Basques, sommes un peuple par la terre, la race, la langue, les institutions. » Pour le quarantième anniversaire de l’événement, la notion de « peuple basque » demeure, mais la définition de 1963 est escamotée. Par contre, la revendication d’un statut pour l’euskara est réaffirmé. Le correspondant local du journal Le Monde (6) insiste évidemment sur ce point. Sans doute a-t-il ses raisons…

(6) « Il y a quarante ans, une poignée de Basques proclamait la Charte d’Itxassou » article publié dans Le Monde daté du 22/04/03

1.3.- La relation langue-territoire

Le corollaire qui découle de ce rôle central de la langue concerne le territoire qu’on désigne par Euskal Herria, « le pays de la langue basque ».
Si la langue est l’élément essentiel de définition de la basquité, alors on peut être Basque à Espelette, Paris ou St-Pierre et Miquelon. Et chacun trouvera naturel d’appeler Pays basque le territoire où on entend habituellement et majoritairement parler basque. Pourtant c’est le raisonnement inverse qui sera couramment utilisé. On va, a priori, dire d’un territoire qu’il fait partie du Pays basque. Et, ensuite, on fera en sorte d’y déceler ou d’y implanter la langue basque.
En effet, pour les nationalistes de toute obédience, « modérés » ou radicaux (mais tous signataires de la déclaration de Lizarra*), le but final est l’unification d’Euskal Herria (la « construction nationale »). La délimitation du territoire est alors une première phase obligatoire. Et c’est en "prouvant" la présence (au moins en apparence) de la langue basque que le territoire convoité sera conquis et intégré dans Euskal Herria. La langue devient, pour les nationalistes, un instrument de conquête d’un territoire.
D’autre part, les partis et groupes nationalistes basques partagent l’idée que l’unification des usages linguistiques doit conduire à l’unification des consciences. Et ils ont compris, à l’expérience, que la défense de la langue, et, plus largement, de l’identité basque, est le vecteur le mieux adapté pour faire pénétrer les idées nationalistes dans la société. On constate par exemple que le PNV* en Euskadi* a abandonné les arguments mettant en valeur la "race", comme le Rhésus négatif, pour les arguments culturels. « Le PNV (…) majoritaire dans la coalition alors au pouvoir, accordait une importance extrême à ce qu’il appelle la « lutte culturelle » déclarait Jose Ramón Recalde (8), ancien ministre (socialiste) de la Justice et de l’Éducation du gouvernement autonome basque entre 1987 et 1995.
En France, les nationalistes ont bien vu le profit qu’ils pouvaient tirer du regain de faveur envers les cultures régionales. « Les abertzale* sont des gens sympa, la basquitude est sympa. Elle tend la main, elle apprend les chants basques aux autres » confirme (dans La Semaine du Pays Basque du 25/01/02) Jakes Abeberry, figure historique du nationaliste puisque principal inspirateur de la Charte d’Itxassou.
Pour exploiter le thème de la défense de la langue, Abertzaleen Batasuna*, principal parti nationaliste côté France, a inventé le groupe des « démo »*, dont l’unique objectif serait – prétendent-ils – la défense de la langue ; pourtant son encadrement est directement issu de AB. La presse a longtemps fait comme s’il s’agissait d’une bande de jeunes « facétieux » et les caméras de la télévision locale FR3 Euskal Herri étaient toujours disponibles pour filmer leurs exploits en direct. La défense de la langue basque ne nécessite-t-elle pas un front uni de tous ses acteurs…
Batasuna* ne se distingue en rien sur cet objectif proclamé. Ses prises de position sont, sur ce plan comme sur d’autres, simplement plus radicales que celles des autres branches nationalistes dites, par euphémisme, modérées. Il réclame (9) « l’autodétermination linguistique de Euskal Herria » : « Les États espagnols et français ont refusé aux Basques le droit d’être un peuple et de s’exprimer comme peuple différencié ». Aussi, en France, ses militants dégradent le mobilier urbain qui ne rend pas suffisamment compte d’une identité basque qu’eux-mêmes attribuent au lieu concerné (tronçonnage de panneaux indicateurs aux Cinq-Cantons à Anglet en avril 2001).

(8) Extrait de l’interview intitulée « Ce fanatisme que nous avons nourri » publié dans le Nouvel Obs du 17/08/2000. Rappelons que cette lucidité et cette liberté de parole ont failli coûter la vie à J.R. Recalde, le 14/09/2000. Les balles de ETA tirées dans la tête n’ont, par miracle, pas touché d’organe vital.
(9) Les propos que nous citons venant de Batasuna ont été exprimés aussi bien en Euskadi qu’en Pays basque de France puisque ce parti dispose d’une structure unique.

1.4.- Quelques exemples significatifs

1.4.1. – La manière douce
L’exemple le plus voyant est la signalétique bilingue dans Biarritz, voulue par l’adjoint (Abertzaleen Batasuna) au Maire, Jakes Abeberry (rappelons que la carte du « Que sais-je ? » mentionnée plus haut exclut Biarritz des limites du Pays basque linguistique). Qui, parmi les habitants ou les visiteurs d’aujourd’hui, comprend le basque à Biarritz ? Est-il vraiment nécessaire, sur des panneaux indicateurs, de doubler le mot « Casino », quasi universel, par le mot « Kasinoa » ? Certains (faux) naïfs diront que ce bilinguisme artificiel apporte de la couleur locale et améliore l’image touristique de la station balnéaire. D’ailleurs, pour ne pas troubler cette image, on évite toute action brutale : par exemple, les « démo » se contentent de kidnapper, à plusieurs reprises, le buste de Marianne à la mairie. Une plaisanterie bien dans leur caractère facétieux…

1.4.2.- La manière musclée
Les « démo » sont, on l’a vu, une émanation directe d’Abertzaleen Batasuna. Leur dernière et plus importante cible est la SNCF et tout particulièrement la gare de Bayonne, symbolique à plus d’un titre.
Peu importe qu’historiquement, Bayonne ait été marqué essentiellement par la culture gasconne, que la ville se soit volontairement séparée du Labourd en 1177, qu’avant la Révolution, elle soit rattachée à la sénéchaussée des Lannes et que les rôles (registres des actes communaux) aient été rédigés en gascon, que, pour les États Généraux de 1789, le Labourd n’ait pas voulu de délégués communs avec Bayonne « parce qu’on n’y parlait jamais basque », etc. Il faut imprégner les esprits d’aujourd’hui : c’est l’Adour qui marque la frontière du Pays basque (« de l’Adour à l’Èbre » a dit le porte-parole de Batasuna, Arnaldo Otegi) et la gare est justement implantée en bordure du fleuve, sur la rive droite.
La gare est bien un point névralgique. C’est par la gare qu’arrivent ou partent les voyageurs, résidents de l’agglomération bayonnaise comme étrangers au Pays basque. Par la gare transitent aussi les voyageurs de la Côte basque, et au delà, d’Espagne. Il faut donc que tous entendent les annonces et lisent les indications en langue basque. Alors ils sauront qu’ils sont en Pays basque. Mais ce n’est pas suffisant. Les « démo » exigent des guichetiers bascophones. Il est clair que l’application de telles mesures à la SNCF serait hautement symbolique et leur propagation dans tous les autres Services Publics inévitable.
C’est pour ces raisons que les « démo » vont harceler la SNCF à la gare de Bayonne : blocage de trains, de préférence les TGV, déploiement de banderoles sur les façades, envahissement des guichets, etc. Le point d’orgue reste l’envahissement des voies pendant tout un après-midi à proximité de la gare de Biarritz, la gare de Bayonne se prêtant moins facilement (encaissement, tunnels, gare de triage, nombreuses directions) à ce genre d’exercice. Les manifestants vont recevoir, sur place, les encouragements de l’adjoint au maire de Biarritz, M. Abeberry.
Le tribunal a infligé aux manifestants appréhendés par les forces de l’ordre des « condamnations pour le moins mesurées » selon l’expression d’un « démo » dans une tribune du Journal du Pays Basque du 24/05/03. La SNCF a été déboutée de sa demande de dommages et intérêts…

1.4.3.- Le biais du « culturel »
L’association Euskal Herrian Euskaraz* (10), dont le siège est à Andoain (Guipuzcoa), signataire, comme Batasuna, du premier accord avec la Société du Tour, se présente comme une association de défense de l’euskara dans tout Euskal Herria : « ses objectifs sont clairement à caractère linguistique » a noté avec perspicacité M. Leblanc (repris dans Le Monde du 23/07/03). Est-ce certain ? Parmi ses slogans, on relève « vivre en euskara » et aussi « vive Euskal Herria bascophone et libre ». En Euskadi, l’association se fait remarquer par son radicalisme linguistique qui n’admet pas la présence de la langue espagnole à côté de l’euskara (passage à la peinture noire des mots espagnols sur les panneaux bilingues). Elle milite pour une politique linguistique « propre et nationale » et celle du gouvernement d’Euskadi lui paraît trop tiède. Elle réclame que le personnel embauché dans les services publics d’Euskadi soit bascophone (voir Gara du 08/03/03 au sujet du service de santé de Durango). En France, elle a approuvé le barbouillage (qui en sont les auteurs ?) en noir de boîtes aux lettres de La Poste en 1999.

(10) Euskal Herrian Euskaraz : « Au Pays basque en basque », titre d’une chanson de 1971, devenue emblématique, qui défend la langue basque comme une langue légitime en Pays basque.

1.5.- La co-officialisation, synthèse des revendications

Depuis que le Premier Ministre a annoncé clairement son refus de création d’un département Pays basque, cette question institutionnelle est quelque peu mise sous le coude et remplacée par une revendication linguistique, la "co-officialisation" de la langue basque, qui fait la synthèse des revendications territoriales et linguistiques ; un virage stratégique facile à comprendre.
La charte Batera* datée du 17/12/02, comporte quatre revendications dont « la co-officialisation de l’euskara, modification de l’article 2 de la Constitution et ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires : pour l’égalité de statut entre le français et le basque en Pays basque, pour l’obtention du droit d’apprendre et d’utiliser la langue basque pour tous les habitants du Pays basque, pour une politique de ré-appropriation linguistique sérieuse et efficace. »
La co-officialisation englobe toutes les autres revendications et démontre, une fois de plus, s’il en était besoin, que langues et territoires sont liés (cf. note 2) : sur le plan linguistique, il est difficile d’aller au delà puisque, comme dans l’Euskadi voisine, le basque serait langue officielle au même titre que la français (ce qui est impossible avec la Constitution actuelle) ; le territoire sur lequel s’appliquerait cette mesure (et toutes celles qu’automatiquement elle entraînerait) doit être clairement défini et reconnu (ce serait le cas des limites d’un département). Le Pays basque serait dans la France administrative et dans la France tout court un cas à part ; un premier pas vers un statut d’autonomie, comme l’Euskadi en Espagne. La présidente de Euskal Konfederenzioa*, Marie-Jeanne Mercapide, a exprimé ainsi l’objectif des actions menées auprès des municipalités : « Notre but est de donner à la langue basque au moins la même place que la langue française, et si possible davantage, dans les actes officiels (…) » (Sud-Ouest du 16/05/03, page 2-21).
Cette revendication radicale a été intégrée, dans les médias, dans la classe politique, sans la moindre discussion, parce qu’une revendication en faveur de la langue, quelle qu’en soit sa teneur, est considérée comme estimable par définition et donc inoffensive. On continue à évoquer indifféremment la "défense" ou la "reconnaissance" de la langue basque, comme si le mot co-officialisation n’avait pas vraiment une signification précise. C’est le cas des Conseillers généraux, interrogés (Sud-Ouest du 31/01/03) sur leur présence à une grande manifestation organisée par Batera à Bayonne le 01/02/03. Parmi les sept (sur 21) qui répondent par l’affirmative, aucun n’évoque la co-officialisation, mot d’ordre de la manifestation ; comme s’ils ne savaient pas exactement pourquoi ils allaient défiler dans les rues. Un exemple frisant la caricature est la réponse de Jean Castaings, maire (UMP) d’Urt (commune du val d’Adour où, dit-il, « il n’y a peut-être que dix familles bascophones sur huit cents ») : « Je partage les quatre revendications, y compris, moi qui suis gascon, celle en faveur de la langue basque. En fait, j’en ajouterais même une pour toutes les langues, quelles qu’elles soient. » On mesure là le degré de confusion qui règne dans notre région. Il n’est alors pas étonnant qu’au niveau du public, la co-officialisation s’assimile à la défense de la langue, tout simplement.

2.- La présence de l’euskara dans l’étape Pau-Bayonne du Tour

Par leur caractère paradigmatique, les événements extra-sportifs survenus avant et pendant l’étape Pau-Bayonne méritent un examen détaillé.

2.1.- Le Tour en Pays basque

Comme l’avait fait remarquer Arnaldo Otegi, porte parole de l’ex-Batasuna devenu Sozialista Abertzaleak en Euskadi, le Tour doit « respecter la langue officielle des Basques dans son passage par Euskal Herria » (El País du 09/07/03). Les pots de peinture pour badigeonner les panneaux en français et écrire des slogans sur le macadam, comme la distribution d’ikurrinas * à déployer au passage des coureurs (et des caméras de télévision) ont rempli leur office. Les banderoles « Freedom for Basque Country » ou les inscriptions « independentzia » se retrouvaient jusqu’à Bayonne. Certains y auront vu « un grand jour pour le peuple basque », comme le note le journal Sud-Ouest, et d’autres, comme Irina de Chikoff dans Le Figaro du 24/07/03, la présence prégnante des indépendantistes.
Quelle qu’en soit l’interprétation, la démonstration se voulait politique, comme l’a été d’ailleurs, de manière générale, la présentation de l’équipe d’Euskatel (14). Elle s’est avérée impeccablement probante dans toute la seconde partie de l’étape Pau-Bayonne pour n’importe quel téléspectateur : le territoire d’Euskal herria a été parfaitement délimité.

(14) voir l’article « Basques, Flamands, Bretons : une communauté de valeurs » de Franck de Bondt dans Sud-Ouest du 24/07/03

2.2.- Les accords avec la direction du Tour

Batasuna et EHE ont saisi l’opportunité d’une arrivée d’étape à Bayonne pour poursuivre leurs actions et ont signé un accord avec la Société du Tour. Il faut dire qu’ils avaient à leur actif une opération semblable lors de l’arrivée à Hendaye en 1996. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué de le rappeler à M. Leblanc… et au public.
L’accord Batasuna-EHE-Tour prévoyait (selon la dépêche de l’AFP du 04/07/03 à 17h39 qui relate la conférence de presse de Batasuna) : la présence, à l’arrivée de l’étape à Bayonne, d’un animateur bascophone qui pourrait « intervenir à côté du speaker officiel » ; une signalisation bilingue sur certains « éléments de signalétique fonctionnels pour les suiveurs, public et invités du Tour » ; la possibilité de distribuer « après l’arrivée de l’étape, un communiqué portant sur les revendications en faveur de la langue basque, à la condition que ce communiqué soit rédigé en termes modérés » (c’est EHE qui serait chargé de la rédaction du communiqué). Une subtile utilisation de la langue comme instrument politique.
Après l’émotion suscitée, notamment en Espagne, par cet accord signé avec la vitrine politique des terroristes de ETA, le directeur du Tour s’est retranché derrière l’avis du Maire de Bayonne, co-organisateur de l’arrivée de l’étape. Ce dernier a rapidement compris qu’il ne pouvait laisser croire que Batasuna organisait l’événement dans sa ville. Il a proposé (Sud-Ouest du 11/07/03, page 1-9) : la signalétique bilingue français-euskara « sur la partie basque de l’étape Pau-Bayonne » et « la présence (d’un speaker bascophone) sur la ligne d’arrivée pour assurer des points de commentaire en langue basque sur l’évolution de la course ».
Sur le fond, il y a parfaite concordance entre les deux accords. La seule différence tient dans la distribution du communiqué contenant « les revendications en faveur de la langue basque ». Consciente de cette similitude compromettante, la mairie de Bayonne a bien cherché à se démarquer : à son point de vue, le communiqué aurait exprimé « les revendications du peuple basque » (Sud-Ouest cité, édition Pays basque, page 2-4). C’est une interprétation, un alibi pour faire croire que les deux accords étaient différents. Il n’en est rien. Le Maire de Bayonne a entériné l’action de Batasuna en faveur de la langue basque. Les nationalistes sont bien les moteurs de la défense de la langue qui obligent les hommes politiques à leur emboîter le pas.

2.3.- Le politique ligoté

Tel Gulliver immobilisé par les Lilliputiens, le Maire de Bayonne n’a, ni su, ni pu, se dégager des liens disposés, depuis longtemps déjà, par les organisations culturelles. Et il en a "oublié" le passé gascon de sa ville.

2.3.1.- par les organisations culturelles
Le Maire a d’abord refusé d’appliquer l’accord Batasuna-EHE-Tour. Mais il s’est aussitôt retrouvé face aux organisations « culturelles », comme EHE ou Euskal Konfederenzioa qui n’entendaient pas rater cette occasion de faire avancer leur conception sur l’usage de la langue et qui ont « dénoncé la stratégie espagnole » (Sud-Ouest du 10/07/03). Pour eux, il ne peut y avoir de retour en arrière.
« La langue basque appartient au patrimoine de tous les Basques, y compris de ceux qui ne la parlent pas » a déclaré Jean Haritschelhar, lettré basque habitant l’agglomération bayonnaise et actuel président de l’Académie de la langue basque (Euskaltzaindia ou Real academia de la lengua vasca), organisme très officiel dont le siège est à Bilbao. Cette intervention du Président a été décisive : elle aurait convaincu le Maire (Sud-Ouest du 10/07/03).
Certes, il existe de nombreuses personnes de culture originelle basque qui ne pratiquent pas (ou plus) la langue. D’autre part, chacun est libre d’adopter la culture qui lui convient et la langue basque est, dit-on, difficile à apprendre. Mais, réciproquement, ce n’est pas le lieu d’habitation qui impose l’adhésion à une culture ; tous les Bayonnais ne se disent pas Basques, loin s’en faut. Alors, sur quels critères M. Haritschelhar définit-il un Basque ? Pour lui, tous les Bayonnais, tous les habitants « des 159 communes d’Iparralde » et, plus généralement, tous ceux d’Euskal Herria, seraient-ils Basques ? Tout résident sur un territoire désigné comme le Pays basque deviendrait-il automatiquement Basque ? On aboutirait alors à un critère dépassant la nationalité et conforme aux revendications nationalistes.

2.3.2.- par sa propre pusillanimité dans l’analyse
Le Maire, qui avait déclaré, à de multiples occasions, « Bayonne est la capitale du Pays basque », ne pouvait que marcher sur les traces laissées par Batasuna qui avait, de fait, créé un point de non-retour s’imposant à tous. Pourtant, il avait aussi affirmé auparavant qu’il existait deux cultures originelles dans sa ville, la basque et la gasconne, dualité matérialisée par un début de signalisation trilingue (!). Il a endossé sans hésitation l’habit de défenseur de l’identité basque (il a été, pendant cinq ans, élu à la présidence du Syndicat intercommunal de soutien à la langue basque) opposé à la violence politique… en évitant soigneusement, comme d’habitude, d’aborder le problème de la territorialisation du Pays basque et de ses conséquences, pourtant rappelé par les nationalismes.
Dans un communiqué, Batasuna a noté que, finalement, « ses objectifs avaient été atteints ». En effet, pour le monde entier, la frontière d’Euskal Herria est bien l’Adour. La présence historique de la culture gasconne à Bayonne s’est trouvée totalement occultée. Les nationalistes basques pouvaient se frotter les mains.
Le seul parti politique qui ait osé prendre position dans cette affaire est l’UMP 64 (le maire de Bayonne, M. Grenet, est député UMP de la 5e circonscription). C’est pour déclarer (Sud-Ouest du 8/07/03) : « l’euskara n’est qu’une excuse pour que Batasuna puisse faire sa publicité et sa propagande. » L’analyse politique est un peu courte.
Par ailleurs, tout le monde aura compris que, quoiqu’il en dise, M. Leblanc « savait parfaitement à qui il parlait » quand il traitait avec Batasuna, comme l’a indiqué à Saint-Sébastien un membre de cette organisation (AFP du 05/07/03 à 16h59). L’accord était pour lui « une couverture pour éviter des problèmes plus directs qui sont ceux de tous les démocrates », pour reprendre les propos du secrétaire d’État aux sports du gouvernement espagnol. Il faut bien constater que la direction du Tour n’est pas la seule à adopter des positions équivoques de ce genre.

3.- Les objectifs politiques des uns et des autres

« Le drame est que l’euskara est instrumentalisé par les uns et par les autres » remarque fort justement (mais sans autre précision) le président de l’Académie de la langue basque (Sud-Ouest du 9/07/03).

3.1.- La présence des nationalistes

L’utilisation politique de la langue est en effet consubstantielle au nationalisme basque (voir plus haut). Les nationalistes, « modérés » ou radicaux, en Espagne ou en France, ont fait de la langue l’instrument privilégié pour définir le territoire d’Euskal Herria, « situé à cheval entre deux États qui lui nient une identité comme peuple » (extrait de la plaquette de présentation de l’Udalbiltza (15), « première institution nationale basque » à partir des municipalités, patronnée par le PNV « modéré »).
On retrouve systématiquement les nationalistes dans toutes les associations ou organismes de défense de la langue. Il en est ainsi du Conseil de la langue basque, organisme nouvellement créé sous la protection (et avec le financement) des pouvoirs publics dans le cadre de la Convention spécifique et chargé de la répartition des fonds publics apportés par la Convention. Il était présidé, jusqu’à sa démission il y a peu, par Erramun Bachoc, soutien officiel d’Abertzaleen batasuna, et l’est aujourd’hui par Ramuntxo Camblong, membre du PNV… et de l’Udalbiltza. Son secrétaire, Gorka Torre, est membre actif des « démo » et d’AB. Sa trésorière, Marie-Jeanne Mercapide, par ailleurs présidente de Euskal Konfederazioa, s’est présentée aux élections municipales sur une liste de AB. Une des membres de Euskal Herrian Euskaraz, Amaia Beyrie, fait partie à ce titre du conseil d’administration. On pourrait ainsi continuer la litanie.
Aussi, il n’est pas étonnant de lire dans l’édition du 28/05/03 du journal indépendantiste Gara (celui auquel ETA adresse habituellement ses communiqués) un article soulignant l’importance stratégique de l’élection au poste de secrétaire du Conseil de la langue basque de Gorka Torre.

3.2.- L’attitude des politiques locaux

Les hommes politiques locaux sont incapables de se différencier sur ce plan des nationalistes. On peut se poser des questions sur leur connaissance des modes d’actions de la pensée nationaliste, devant lesquels on va de concession en concession, au nom d’une certaine conception de la paix. De ce fait, peu d’entre eux s’expriment publiquement avec courage, clarté et lucidité.

3.2.1.- Des positions comparables
On a constaté que les propositions du Maire de Bayonne pour assurer la présence de l’euskara à Bayonne étaient identiques à celles de Batasuna. Pourquoi l’un ferait-il de la « récupération politique » et pas l’autre ? Pourquoi le Maire n’accèderait-il pas dorénavant aux demandes d’associations bascophones pour assurer le « soutien » de la langue basque lors des manifestations sportives de l’Aviron bayonnais au stade Jean Dauger, ou lors des fêtes de Bayonne, « capitale du Pays basque », selon sa propre expression ? En un mot, n’a-t-il pas commencé à pratiquer la co-officialisation du basque et du français sur le territoire d’Euskal Herria ?

3.2.2.- Des objectifs qui se rejoignent
L’agglomération bayonnaise, avec une population de plus de 100.000 habitants, est, pour des raisons évidentes de dynamisme démographique et économique, l’objet de toutes les attentions. Ainsi, on l’a vu, les « démo », appendice de AB, mènent une campagne vigoureuse pour imposer l’usage de la langue basque à la gare de Bayonne (jusqu’à demander des guichetiers bascophones) ; avec un objectif non-déclaré : englober de fait Bayonne dans le territoire d’Euskal Herria.
Dans le même temps, l’Éducation nationale, avec le soutien du Conseil général représenté par Max Brisson, président de la commission éducation-culture (également conseiller municipal de Biarritz dans la majorité municipale à laquelle participent plusieurs membres d’Abertzaleen Batasuna), lance une campagne publicitaire de poids pour la promotion du basque sur l’agglomération bayonnaise (le BAB). Pourquoi le BAB spécialement, et pas l’ensemble du Pays basque de France ? Parce que l’agglomération est considérée, pour la pratique de l’euskara, comme un « maillon faible (16) » (ce qui n’a rien d’étonnant dans la mesure où, historiquement, sociologiquement et économiquement, le BAB ne doit rien d’essentiel au Pays basque).
L’axiome qui motive ces deux opérations est le même : l’agglomération bayonnaise fait partie du Pays basque, d’Euskal Herria. « Démo », Éducation nationale, Conseil Général, même combat ? Les politiques ne tirent-ils pas les marrons du feu pour les nationalistes, au risque de « s’échauder en des provinces pour le profit de quelque roi » (17) ?

(16) Propos (Sud-Ouest du 19/09/01) de Mme Hacala, inspectrice chargée du développement de l’enseignement de la langue basque à l’Éducation nationale. La cause de cette faiblesse résiderait dans le fait que « la moitié de la population du BAB n’est pas originaire de là. »
(17) Jean de la Fontaine « Le singe et le chat », Fable 17 Livre IX

3.2.3.- L’influence constante de l’Euskadi voisine
Il ne faut jamais perdre de vue, quand on examine la « question basque » en France, l’existence de la Communauté Autonome Basque (CAV) voisine : sa puissance économique, ses disponibilités financières (qui transparaissent dans les subventions de l’Udalbiltza), son niveau d’autonomie institutionnelle qui rend jalouse la classe politique locale et, évidemment, sur le sujet qui nous intéresse, sa capacité à définir et mettre en œuvre une politique culturelle s’intégrant parfaitement dans une stratégie politique globale. Sans oublier que l’unification d’Euskal Herria, la « construction nationale », fait partie de cette stratégie.
Si on était tenté de négliger cette présence, l’Euskadi se chargerait de nous rappeler sa capacité d’intervention. Ainsi, dans le courant de l’année 2001, après une cérémonie un peu trop tonitruante de l’Udalbiltza à Cambo (avec distribution d’euros à l’appui), on a lu un communiqué signé par le Préfet, le Président du Conseil Général, et d’autres, déplorant certains « financements en provenance essentiellement du Guipuzcoa attribués à certaines associations pour certains projets ». Le langage diplomatique adore les périphrases, mais il est tout de même capable d’exprimer la réalité.
On apprend tout récemment (Sud-Ouest du 28/07/03) qu’une délégation du Conseil des élus du Pays basque (organisme lié à l’existence d’un "pays" Pays basque) va se rendre en Euskadi pour « mieux connaître la façon dont le gouvernement autonome basque gère sa politique linguistique ». Il est tout à fait significatif que nos élus aient choisi de se renseigner sur les méthodes d’un gouvernement régional nationaliste (dont on connaît les objectifs, cf. les propos de J.R. Recalde). Pourquoi s’inspirer de méthodes qui considèrent la langue basque comme le ciment de la société d’un pays marchant vers son auto-détermination ? D’autant que « nous sommes deux mondes, deux histoires, deux cultures, et deux pays différents »., comme le remarquait Alain Lamassoure dans El Periódico de Catalunya le 24/12/2000 :
Nos édiles auront tout loisir de discuter avec Mme Miren Mateo Aierza, directrice de la coordination au sous-ministère de la politique linguistique du Gouvernement basque, qui n’hésitait pas, dans une communication de novembre 2002 sur le « Plan général de promotion de l’usage de la langue basque » « dans le contexte général du Pays basque (Euskal Herria) » à mentionner « les trois autres provinces basques du Pays basque situées en territoire français sur une étendue de 3.039 km2 avec une population de 262.440 habitants (soit 9% du total)… ». Cette dame n’est pas une inconnue chez nous puisqu’elle participe à des réunions ou des conférences sur le développement de la langue basque (ainsi celle du 22/11/02 organisée par le Conseil de la langue basque, avec MM. Bachoc et Brisson, déjà nommés).
Nos politiques auraient pu aussi bien contacter le gouvernement de Navarre, aussi proche géographiquement, qui gère une population bascophone au nord de son territoire. Or ce gouvernement a rompu les relations culturelles avec l’Euskadi en lui reprochant d’utiliser la culture comme un instrument de propagande des idées nationalistes. Cette situation aurait pu inspirer nos élus… Mais le gouvernement foral de Navarre est l’allié politique du gouvernement central espagnol, ce qui le rend automatiquement suspect dans bien des milieux bascophones en France…

4.- Conclusion

4.1.- La basquité active (18)

Citons encore Pierre Bidart : « Le discours de la singularité (…) doit être appréhendé comme une ressource collective dans laquelle des individus, des groupes, des institutions peuvent puiser en fonction de leurs besoins propres. »
Parmi les nombreux défenseurs de la langue basque, on trouvera ceux qui prennent en compte la dimension patrimoniale de cette langue régionale et ceux qui mettent en avant l’élément constitutif du « peuple basque », avec en objectif « la construction nationale ». Et on verra souvent converger les discours des défenseurs de l’identité basque (sur la langue, sur les « spécificités », sur la méfiance voire l’hostilité envers l’État central) et ceux des nationalistes actifs.
De plus en plus, la langue, et au delà, la singularité basque, deviennent un enjeu de pouvoir car certains cherchent à leur attribuer un territoire délimité a priori. Imposer la langue, c’est conquérir le territoire. Les enjeux sont loin d’être uniquement culturels. Et dans cette logique ne se retrouvent pas uniquement les nationalistes.
Ainsi, certains partisans d’un département Pays basque souhaitent voir par ce biais la République institutionnaliser leur « spécificité ». Pour les nationalistes, « le département Pays basque n’est pas la panacée, mais il est la première marche de l’escalier qui nous conduira à la réunification d’Euskal Herria. » (Jakes Abeberry dans une interview au journal indépendantiste Gara, le 9/10/99). Et tous se retrouvent avec des revendications communes dans les mêmes manifestations.
Les hommes politiques locaux, à quelques notables exceptions près, n’ont pas su ou pas voulu clarifier tous ces zones en clair-obscur. Ils ont ainsi laissé (et parfois aidé) les idées nationalistes polluer systématiquement le débat public local.

(18) expression reprise du livre de Pierre Bidart, La singularité basque, déjà cité.

4.2.- Des idées simples avant d’aborder la basquité compliquée

4.2.1.- Sur la défense de la langue et de la culture basques
Il revient à l’État de prendre en charge l’enseignement de la langue basque, comme des autres langues régionales, en appliquant les principes de l’enseignement républicain (neutralité politique bien sûr, mais également souci d’éviter les discriminations – négatives ou positives – entre élèves, compétence des enseignants, …). Et il faut impérativement veiller à l’application effective de ces principes sur le terrain.
Sinon, ce serait remettre entre les mains des partisans de la « basquité active » un outil efficace pour atteindre leur objectif. C’est ce qui se passe avec le financement (en catimini), par l’État central et les collectivités locales, d’enseignants d’établissements privés hors contrat pratiquant l’enseignement par immersion, alors que le Conseil d’État a jugé cette pratique contraire à la loi dans les établissements publics.
« L’offre institutionnelle doit précéder la demande sociale ». Cette "règle", provenant des milieux de la « basquité active », notamment à propos de la « zone déficitaire » en locuteurs de basque (l’agglomération bayonnaise), est mise aussi en application par les pouvoirs publics ou les collectivités locales. Précepte quelque peu hasardeux qui peut mener loin.
Peut-être par défaut d’imagination, les pouvoirs publics accroissent sans cesse la manne des crédits consacrés à la défense de la langue et de la culture basque (7,17 M€ pour le développement de la langue dans le Convention spécifique). Ils oublient que ceux qui ont investi de longue date les associations culturelles (voir le cas du très officiel Conseil de la langue basque en 3.1) réclameront toujours plus puisque leur objectif est l’application en France d’une politique linguistique et culturelle (avec co-officialisation du basque et du français) comparable à celle de l’Euskadi.

4.2.2.- Sur la définition d’un territoire
Les tenants de « la basquité active » considèrent que leurs « spécificités », et notamment leur langue, doivent pouvoir s’exprimer officiellement sur un territoire précis nommé « Pays basque ». D’où les revendications comme la création d’un département ou d’une Chambre d’agriculture Pays basque.
Décider de mesures administratives, liées à l’expression de la basquité, par exemple l’usage de la langue dans les institutions publiques, applicables sur un territoire délimité géographiquement, c’est reconnaître officiellement le lien entre ce territoire et une partie de la population définie par des critères qui n’ont rien à voir avec ceux de la citoyenneté. C’est accorder des droits culturels collectifs à un groupe sur un territoire. C’est une conception de la République différente de celles qui ont existé jusqu’à présent en France (voir plus bas les paroles du Président Chirac).
D’autre part, définir un territoire sur le seul critère culturel, c’est oublier les autres données. Pourtant, la stratégie globale de l’agglomération s’élabore, ici comme ailleurs, à l’échelle du bassin de vie, d’habitat, d’emploi. Le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) concerne bien, outre le « cœur de l’agglomération » (Bayonne, Anglet, Biarritz, plus Boucau), 9 communes du Pays basque et 8 communes des Landes. De même, il est logique de penser que « c’est bien à l’échelle de la ville-pays que se joue un enjeu très sensible à la question foncière, et donc à la mixité sociale, objectif qui implique de penser ensemble la cohésion sociale et la cohérence spatiale » (19).
Fortifier la césure administrative départementale existante par une différence dans le traitement des caractéristiques culturelles au lieu de rechercher la mixité n’est pas fait pour favoriser « l’invention d’une identité commune » (20) propre à l’agglomération.

(19) Guy Baudelle, « L’unité de la ville-pays » in La mosaïque territoriale, enjeux identitaires de la décentralisation, l’Aube, 2003
(20) Marc Wiel « La ville-pays, aire de nouvelles solidarités : l’exemple brestois » in Des villes architectes, l’Aube, 1997

4.2.3.- Sur la communauté nationale
Va-t-on diviser la communauté des citoyens en distinguant, sur le territoire national, les uns des autres en fonction de critères culturels ? « À partir du moment où les vérités particulières envahissent le champ politique pour devenir des vérités imposées, il y a fragilisation du lien social et risque de dissolution de la res publica. » (21)
Ou va-t-on suivre les principes clairement énoncés à différentes reprises par le Président de la République ? Encore récemment, le 22 mai 2003, à l’occasion du 60e anniversaire du Conseil représentatif des Institutions juives de France :
« La France n’est pas et ne sera jamais une juxtaposition de communautés, avec ses rivalités et ses antagonismes.
Et je voudrais vous dire, solennellement, ce qui, pour moi, est une exigence profonde.
Dans notre République, respectueuse de toutes les diversités, mais République une et indivisible, nul, au motif de ses racines ou de ses croyances, n’est fondé à se prévaloir, pour lui ou sa communauté, de droits particuliers ; à s’exonérer des devoirs qui s’imposent à tous ; à réclamer pour sa propre communauté quelque chose qui ne soit pas légitime pour l’ensemble de ses compatriotes. L’État ne s’adresse pas à des communautés mais à des citoyens. Notre seule communauté, ne l’oublions jamais, c’est la communauté nationale.
»

(21) Denis Lacorne, La crise de l’identité américaine, chapitre 8, La préférence multiculturelle, Tel Gallimard, réédition 2003)

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5.- Glossaire : Quelques noms ou sigles couramment utilisés
(les commentaires sont conçus dans la perspective des questions traitées dans ce document)

Abertzale : qu’on peut traduire par « patriote (basque) » et qui est utilisé systématiquement à la place du terme nationaliste, jugé sans doute "politiquement incorrect". Citons le cas exemplaire des abertzale membres de la majorité municipale de Biarritz, qui n’assistent jamais aux cérémonies officielles devant le Monument aux morts pour ne pas entendre la Marseillaise, « hymne raciste et sanguinaire » (M. Abeberry dans Sud-Ouest du 19/12/02) et qui sont dispensés de célébration de mariages pour ne pas avoir à ceindre l’écharpe tricolore (Sud-Ouest du 17/12/02).

Abertzaleen Batasuna : coalition qui se dit de la gauche abertzale, même si ses alliances électorales se font avec la droite (à quelques exceptions notables près, ainsi contre Mme Alliot-Marie à Saint-Jean-de-Luz). Ces abertzale ont adopté une ligne « pragmatique » qui a amené ses membres à titre individuel (mais pas le parti) à condamner l’usage de la violence, jugée « improductive », sans condamner les assassins. La figure emblématique d’AB est Jakes Abeberry, un des concepteurs de la Charte d’Itxassou, document fondateur en 1963 du nationalisme basque en France. Aujourd’hui adjoint au sénateur-maire (UDF) de Biarritz, siégeant au conseil de la Communauté d’agglomération et au Conseil des élus, il utilise ses différentes casquettes pour faire avancer ses conceptions nationalistes à petits pas, dans la ligne pragmatique mentionnée plus haut.
Il fut un temps où AB disposait de cinq permanents, son fonctionnement étant alors financé par le parti nationaliste radical d’Euskadi, Herri Batasuna. A obtenu aux dernières législatives 5,9 % des voix sur le Pays basque, 3 % sur Bayonne-Anglet-Biarritz.

Batasuna : parti nationaliste radical d’Euskadi (dénommé antérieurement Herri Batasuna ou Euskal Herritarok) considéré unanimement comme le bras politique de ETA. Revendique un Pays basque indépendant allant « de l’Adour à l’Ébre » et dont incluant, avec l’Euskadi, la Navarre et Iparralde ou « Pays basque nord ».
En Espagne, il fut d’abord suspendu, le 26/08/02 (avec comptes bancaires sous séquestre) par le justice espagnole qui lui reprochait d’appartenir à l’enchevêtrement socio-politique qui appuie, « sous la protection de la légalité », l’activité violente de ETA. Après le vote au Parlement espagnol, acquis à une très large majorité, d’un nouveau statut des partis politiques, la Chambre spéciale de la Cour suprême, composée de seize magistrats, décida à l’unanimité, le 27/03/03, sa mise hors la loi. Le 6/06/03, le Conseil des ministres européens de la Justice et de l’intérieur a décidé d’inscrire Batasuna sur la liste des organisations terroristes.
Comme les autres mouvements de la mouvance d’ETA (jeunes radicaux de Segi, Askatasuna pour la défense des « prisonniers politiques basques », …), Batasuna a tenu à disposer en Iparralde d’une branche faisant partie intégrante du mouvement. L’association loi 1901 Batasuna a été fondée par des militants « radicaux » issus d’Abertzaleen Batasuna. C’est ainsi qu’un membre dirigeant de Batasuna, Xabi Larralde, se retrouve conseiller municipal de Bayonne après son élection sur une liste patronnée, avant la scission, par A.B.. Aux dernières élections législatives, Batasuna après avoir participé à la campagne, n’a pas édité de bulletins pour ses candidats et a évité ainsi de compter ses partisans.

Batera : plateforme qui rassemble diverses organisations (associations, partis politiques, syndicats, etc) sur quatre revendications : la co-officialisation de l’euskara, le département Pays basque, une Chambre d’agriculture du Pays basque et une Université de plein exercice. On ne sera pas étonné de lire le nom de Jean-Noêl Etcheverry comme coordonnateur principal ; membre du bureau et ancien permanent d’Abertzaleen Batasuna, fondateur et membre actif des « démo », il dispose de toutes les références pour occuper un poste aussi stratégique. Tout le monde a pu le voir dans les médias en train d’interpeller vigoureusement le Préfet et le Sous-préfet sur une place de Guéthary (Sud-Ouest du 17/03/03 avec photo à l’appui) avant une réunion du Conseil de la langue basque (dont le secrétaire est aujourd’hui son ami des « démo » Gorka Torre).

« démo » : abréviation de « démocratie en Pays basque », groupe de jeunes "défenseurs" de la langue basque, qui se signalent par des actions bien coordonnées et très bien couvertes médiatiquement : envahissement de lieux publics (bureau de poste, gare…), maculage de panneaux de signalisation, escalade de murs de prisons, vols de bustes de Marianne dans les mairies, etc.. Ainsi, en juin 2000, ils volent, aux Archives départementales à Pau, des documents historiques (datant de la convocation des Etats généraux) dont ils tirent une version fallacieuse censée prouver l’existence à cette époque d’un Pays basque unifié.
Ils défendraient l’idée d’une version basque de la démocratie, différente voire opposée aux conceptions universelles de la démocratie.
Ils disent pratiquer des actions de désobéissance civile. Ils rejoignent en cela la stratégie prônée par ETA : dans « stratégie 2000-2001 », document publié en novembre 2000 par le journal de Bilbao El Correo, les terroristes désignent trois voies possible pour atteindre l’indépendance : la désobéissance civile, l’Udalbiltza (voir ce mot) et le pacte de Lizarra (voir ce mot). Si la troisième voie a été « invalidée » par le reprise des assassinats terroristes, les deux premières sont toujours productives, même après la rupture entre « radicaux » et « modérés ».

EHE : association "culturelle" dont l’activité s’étend sur la totalité de Euskal Herria. En France, elle milite pour la co-officialisation du basque au côté du français au sein de la plate-forme Batera dont l’un des mots d’ordre est la création d’un département Pays basque. En Espagne, elle n’hésite pas à manifester avec les radicaux de E.H. (Batasuna, aujourd’hui interdit) et Jarrai (Segi, aujourd’hui interdit) pour « le rapatriement des prisonniers et réfugiés basques » (janvier 2000). En mai 2003, avec les mêmes plus Abertzaleen batasuna, elle soutient dans la rue une organisation filiale de Batasuna. Au sujet des ennuis financiers du journal indépendantiste Gara, un de ses dirigeants déclarait : c’est « un nouvel obstacle des États espagnol et français à la construction de ce pays ». Ses méthodes sont, elles aussi, radicales, au point qu’on a vu, en juin 2002, tous les groupes de la municipalité de Renteria, excepté Batasuna, dénoncer la campagne de « diffamation et menaces » entreprise par EHE contre la conseillère socialiste responsable du secteur éducation, jeunesse et euskara. Dans ces conditions, le lecteur du dossier « El entorno politico de ETA » du journal El País n’est pas étonné de voir EHE citée parmi les organisations de la mouvance de ETA, comme Batasuna, Segi ou le syndicat LAB.

Euskadi : « Le Peuple Basque ou Euskal-Herria, comme expression de sa nationalité, se constitue en Comunauté Autonome dans l’Etat espagnol sous le nom d’Euskadi ou Pays Basque, conformément à la Constitution et à ce Statut qui est sa norme institutionnelle cadre ». Ainsi commence le titre préliminaire du Statut d’Autonomie d’Euskadi - dit de Guernika - approuvé par Loi Organique le 18 décembre 1979.
Le niveau d’autonomie dont jouit l’Euskadi est très poussé, plus qu’aucune région d’Espagne et sans doute sans équivalent en Europe. Il n’y a guère que les Affaires étrangères, la défense et la monnaie qui échappent intégralement au pouvoir régional. Les 75 députés du parlement de Vitoria (25 dans chacune des provinces) légifèrent dans les autres domaines. La Communauté a son drapeau, l’ikurrina, inventé par le fondateur du nationalisme basque, Sabino Arana (cf. note ).
La langue basque est langue officielle au même titre que l’espagnol. Ainsi, des lois ont été adoptées qui imposent une connaissance minimale de la langue basque pour accéder à la fonction publique universitaire. Le « pacte scolaire » a fait déplacer des milliers d’enseignants dont les connaissances en euskara étaient jugées insuffisantes.

Euskal Konfederenzioa : fédération regroupant des associations en faveur de la langue basque. Occupe le devant de la scène médiatique depuis la création de la plate-forme Batera.
Une de ses actions les plus en vue est la signature de conventions avec les municipalités dans lesquelles celles-ci s’engagent à apporter à leurs administrés, avec le soutien de l’association, « un service quotidien en euskara au sein de la mairie, avec notamment l’utilisation de l’euskara dans les relations aussi bien orales qu’écrites dans les avis et les documents » (Sud-Ouest du 17/05/03, édition Pays basque). L’article précise : « Les communes peuvent envoyer à la sous-préfecture leurs compte-rendus municipaux en bilingue » et « Selon le 10e article (de la loi Toubon), l’utilisation de langues minoritaires dans les communes est encouragée. » (sic)

Ikurrina : drapeau conçu, en 1894, par les frères Luis et Sabino de Arana Goiri, respectivement inspirateur et fondateur du nationalisme basque et du parti nationaliste basque (PNV). Déclaré emblème officiel par le gouvernement basque de 1936 et « drapeau du Pays basque » par l’article 5 du statut d’autonomie de 1979.
Aujourd’hui, en Espagne, ce drapeau a, malgré son officialisation en Euskadi, conservé sa connotation nationaliste. Ainsi, pour les célèbres fêtes de Pampelune (en Navarre, Communauté distincte de l’Euskadi mais revendiquée par les nationalistes comme faisant partie de Euskal Herria), les édiles municipaux refusent qu’il soit arboré sur le fronton de la mairie, ce qui donne lieu à des heurts avec les nationalistes. Tout dernièrement, l’ex-Batasuna a organisé une « journée de l’ikurrina » (comme il existe une journée du drapeau espagnol) avec défilé et meeting. On a vu deux hommes cagoulés monter sur la tribune et brûler le drapeau espagnol sous l’œil et les propos amusés de l’orateur, Arnaldo Otegi.
Paradoxalement, en France, on fait comme si on avait oublié (ou jamais appris) l’origine et le rôle de ce drapeau. On tend à lui donner une connotation ethnique et il symboliserait la basquité. On le retrouve alors partout (autocollants figurant Euskadi, Navarre et le Pays basque de France rassemblés sous les mêmes couleurs, souvenirs touristiques,…), ce qui réjouit les nationalistes. Moins innocemment, il flotte sur certaines mairies, dont celle de Bayonne, à côté des drapeaux français et européens (et au même rang).

Lizarra (déclaration de) : Datée du 12 septembre 1998, cette déclaration est le résultat de contacts entre le PNV qui détient les rênes du pouvoir en Euskadi depuis la « transition démocratique » en Espagne et les terroristes-indépendantistes de ETA. Elle est signée par tous les partis et groupements nationalistes basques, des "modérés" jusqu’aux radicaux, avec notamment côté français, Abertzaleen Batasuna et un « Comité de défense de droits de l’homme en Pays basque », la CFDT Pays basque étant « observateur ». Après Estrella en Navarre (Lizarra en euskara), les signataires se retrouvaient le 2 octobre en France, à St Jean-Pied-de-Port (Garazi en euskara). Toute une symbolique…
S’inspirant des circonstances ayant permis l’accord de paix en Irlande du nord, la déclaration évoque des possibilités d’application en Euskal Herria. « Le contentieux basque est un conflit historique d’origine et de nature politique dans lequel sont impliqués l’État espagnol et l’État français. Sa résolution doit être nécessairement politique. » Le ton est donné.
La déclaration fut immédiatement suivie d’une décision de trêve illimitée de la part d’ETA. Mais les discussions entre ETA et les nationalistes "modérés" tournent court. Le 21 janvier 2000, un attentat mortel à Madrid met fin à la trêve. ETA en avait profité pour se réorganiser et pour se réarmer (vol d’explosifs en Bretagne). « Bien sûr, c’était un piège » dirent-ils ensuite.
La fin de la trêve signe la mort des accords. Certains (comme AB) conservent la nostalgie d’une union de toutes les fractions du nationalisme.

PNV, Partido Nacionalista Vasco (Parti nationaliste basque) : fondé à la fin du XIXe siècle par Sabino Arana y Goiri sur des idées nettement xénophobes voire racistes. A évolué pour se situer dans une ligne démocrate-chrétienne. Principal parti d’Euskadi depuis la transition démocratique (sans toutefois ne jamais disposer de la majorité absolue au Parlement basque). Bien que dit « modéré », ses visées franchement nationalistes se sont encore manifestées récemment lorsque le président Ibarretxe a proposé un « plan de libre association et de souveraineté partagée » avec l’Espagne alors que la Communauté jouit déjà d’un niveau d’autonomie sans équivalent en Europe.
Le dernier congrès du parti (Janvier 2000) n’a pas manqué de rappeler qu’Euskal Herria englobait l’Euskadi, la Navarre et « les 159 communes de Basse-Navarre, Labourd et Soule ». En France, le PNV a installé une antenne, le PNB. Ce parti a obtenu moins de 1,5 % des suffrages exprimés au dernières législatives dans le « Pays basque » (deux circonscriptions et demi).

Udalbiltza : Le 25 janvier 1999 (donc immédiatement après l’accord de Lizarra), 21 maires de communes d’« Euskal Herria » proposaient à leurs collègues des communes « du Labourd, de Soule, de Navarre, d’Alava, du Guipuzkoa et de Biscaye » de « mettre en route une entité basque basée sur les municipalités », concrétisant « la reconnaissance de la territorialité d’Euskal Herria ». Parmi les signataires, figuraient le maire de Sare, à l’époque président de l’« Association des élus pour le département Pays basque », et le maire Ascarat, aujourd’hui Conseiller général Abertzaleen Batasuna. Dans les buts de l’association, on lit notamment : « contribuer à la construction politique d’Euskal Herria en confortant son unité territoriale et en ayant pour but (…) de relancer la construction nationale d’Euskal Herria ». Mme Alliot-Marie ne s’y trompait pas qui déclarait : « l’initiative du PNV (…) introduit dans la question du département Pays basque une dimension politique très nette ».
Après que l’accord de Lizarra ait été « invalidé » par la reprise de la violence, il y eut scission dans l’Udalbiltza et départ des radicaux. Mais les "modérés" n’ont pas modifié ses objectifs pour autant. Avec un cérémonial fidèlement repris par la presse locale, l’organisation subventionne régulièrement en France des associations ou groupes prenant part à la défense de la langue basque (radio en basque par exemple). Certains hommes politiques faussement naïfs tentent de nous faire croire que ce sont des actions à buts purement culturels. Le plus étonnant est que tous ne se disent pas nationalistes. Ainsi, le Conseiller général (UDF) et maire de Cambo, M. Bru et le C.G. (UDF) et adjoint au maire d’Anglet, M. Gimenez.



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Le CapVe
Le CapVe, le 02/05/2006 à 23:00 | Permalien

Présentation de CAPVE

Présentation de CAPVE  28/12/2005

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".

Présentation de CAPVE
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
Le combat de CAP Vivre Ensemble continue.

CAP Vivre Ensemble - BP 442 - 64604 Anglet Cedex
courriel : capvivreensemble@neuf.fr
site Internet : www.capve.info

Quelques textes de synthèse ou de présentation :
- Interview de Jacques Betbeder, président de CAPVE, sur le site de l'Observatoire du Communautarisme. Lire l'interview
- Face à la "question basque", références et objectifs de CAPVE dans le situation politique de notre région. Lire ce texte
- Contre le département Pays basque, texte écrit pour être intégré dans le livre de Claude Perrotin « Pays Basque. Un Département : 100 réponses » Éditions Atlantica Janvier 2002. Lire ce texte

Le CapVe
Le CapVe, le 28/12/2005 à 10:14 | Permalien

Présentation de CAPVE

Adhérer à CAPVE  07/03/2005

Si vous souhaitez participer à notre réflexion et à nos activités.

En adhérant vous apporterez votre soutien à nos actions et vous recevrez la version imprimée du bulletin de CAPVE directement dans votre boîte aux lettres.
Le bulletin d'adhésion est ci-dessous.
Le remplir et le retourner accompagné d'un chèque de 20 € à l’ordre de "CAP Vivre Ensemble" à l'adresse suivante : CAP Vivre Ensemble - BP 442 - 64604 Anglet Cedex

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Le CapVe, le 07/03/2005 à 10:13 | Permalien

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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