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ActualitéRemettez-nous ça !06/09/2005Les départementalistes et les nationalistes basques, notamment les élus regroupés dans les mêmes associations réclamant le création d'un département Pays basque, ne manquent pas une occasion de faire entendre leurs revendications. Le Biltzar (l'assemblée) des maires du Pays basque est traditionnellement le lieu où ils tentent de grandes (ou petites) manoeuvres.
Chaque année, les maires de toutes les communes du "Pays basque" se réunissent en un "biltzar" qui se voudrait comme une résurgence des états, ces assemblées locales qui, sous l’ancien régime, participaient à la gestion des pays (pays d'états, comme il y avait des pays d'élection ou des pays d'imposition). Ce Biltzar n'a aucun pouvoir d'aucune sorte mais, se déroulant en présence du préfet, des députés, du président du Conseil général et des représentants de l'administration, c'est un lieu d'échange, voire de pression.
Le président du Biltzar est élu par ses pairs. C'est actuellement le maire d'Espelette, André Darraïdou, qui a alors renoncé à la présidence de l'Association des élus pour le département Pays basque. Depuis la pénétration, notamment chez les maires des petites communes, de l’idée qu’un département spécifique au Pays basque permettrait de résoudre plus facilement les problèmes de l’heure, le Biltzar est devenu un des lieux où les élus favorables à la scission du département des Pyrénées-Atlantiques cherchent à démontrer leur force. Sont ainsi rendues publiques et « approuvées » les opérations de pression qui seront lancées dans les mois à venir. Le Biltzar 2005, qui se tenait samedi 3 à Saint Martin d’Arrossa, n’a pas failli à la tradition. L’ordre du jour mentionnait pourtant un sujet important, la création d’un établissement public foncier local (EPFL) qui aura vocation à aider les communes à la constitution de réserves foncières. Ce qui conduira à la création d’une Taxe spéciale d’équipement, c’est-à-dire à une augmentation significative de la fiscalité locale. Pourtant, la presse locale a consacré l’essentiel de ses comptes rendus au retour de la question du département Pays basque. C’est même l’unique objet de la dépêche de l’AFP (lundi 5 sept, 13:20:16) qui, sans ça, n’aurait pas mentionné le Biltzar. Par un vote à main levée, une majorité des maires présents « s’est dite favorable à la tenue d’un référendum sur la scission du département, qui serait organisée par le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, en Béarn et Pays basque » ( Le Journal du Pays Basque ). Pourtant, le préfet avait bien précisé que cette question n’était pas de la compétence du CG mais du législateur national. Ce qu’a contesté Jakes Abeberry, nationaliste bien connu, présent en tant que représentant de son maire, le sénateur (UDF) Didier Borotra (encore une combinazione biarrote…) ; « en s’appuyant sur l’ordonnance de 1945 » : ceux qui ont appris au lycée ou ailleurs que le Gouvernement provisoire non élu issu de la Résistance a gouverné la France pendant plusieurs mois par ordonnances admireront l’usage d’un article défini, « l’ », particulièrement imprécis. Qu’à cela ne tienne ! Un petit malin, en l’occurrence le député Daniel Poulou (suppléant de Mme Alliot-Marie), a proposé que les 159 maires soient consultés ultérieurement, à bulletins secrets, sur l’opportunité d’organiser ce référendum. Une manière de noyer le poisson ? Enfin, cerise sur le gâteau, Sauveur Bacho a rappelé l’intention de son association des élus de « récolter les 45.000 signatures nécessaires pour demander au Conseil général d’organiser un référendum d’initiative populaire sur le sujet » (AFP). Comme il fallait s’y attendre (voir l’écho intitulé « du vent » en page 21 de notre dernier bulletin) on ne sait plus quel point précisément les citoyens vont être appelés à soutenir par leur signature, un référendum ou l’inscription à l’ordre du jour du CG. On notera également l’intervention de Christine Bessonart, maire de Saint-Pé-sur-Nivelle, qui a interpellé le nouveau préfet après la condamnation de 25 maires par le tribunal administratif (elle est à l’origine de l’affaire) pour versement d’une subvention à l’association des élus pour un département Pays basque (voir la nouvelle datée du 20/08/05). Ayant « demandé le soutien solidaire du Biltzar » (Le JPB), celui-ci a été « concédé par une petite moitié » (bel euphémisme pour éviter de dire une minorité) des présents. On attend avec intérêt de connaître le nombre de délibérations que les Conseils municipaux adresseront à la Sous-préfecture comme leur demande M. Bacho. Encore du vent, inlassablement du vent… Et tournent les moulins à vent.
Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 06/09/2005 à 23:00
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