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Actualité

Supercherie à tous les étages  13/04/2006

Batera s'est constitué à partir de quatre mots d'ordre : un département Pays basque, une Chambre d'agriculture du Pays basque, une université de plein exercice au Pays basque et, last but not least, la co-officialisation de la langue basque. Lors de son assemblée générale du samedi 8 avril 2006, Batera a décidé de se lancer dans une campagne de recueil de « 46.000 signatures dans les Pyrénées-Atlantiques (10 % des électeurs) en vue d'obtenir une consultation sur une éventuelle partition du département. » (Sud-Ouest du 10/04/06)


Quand il s'agit de modifier les limites d'un département ou de créer de nouveaux départements, c'est le Parlement de la nation, discutant à partir d'un projet ou d'une proposition de loi, qui légifère, « après consultation des conseils généraux intéressés » (article L3112-1 du Code Général des Collectivités Territoriales). Ainsi a été votée en juillet 1964 la loi n° 64-707 portant réorganisation de la région parisienne, avec création des départements 91 à 95. Ces questions étaient et sont toujours de la compétence du Parlement, et de lui seul ; elles le sont demeurées après la loi constitutionnelle de 2003 relative à l'organisation décentralisée de la République. L'organisation des collectivités territoriales reste du domaine de la loi et, dans un pays démocratique, la loi s'impose à tous.
Avec une mauvaise foi qu'aucun appel raisonné aux lois de la République ne peut altérer, Batera persiste dans son entreprise de manipulation de l'opinion publique. Prétendre que, grâce aux lois de décentralisation de 2003, 46.000 signatures recueillies par une organisation imposeraient au Conseil Général des P.A. d'organiser un référendum local sur la scission du département relève de la supercherie. Une collectivité territoriale (commune, département, région, collectivité à statut particulier ou collectivité d'outre-mer) ne peut organiser de référendum que sur une question relevant de sa compétence (article 72-1 de la Constitution). Le droit de pétition s'exerce pour demander l'inscription à l'ordre du jour de l'assemblée délibérante d'une collectivité territoriale d'une question relevant de sa compétence (même article 72-1).
Il s'agit une fois de plus d'un coup de bluff politique. Pourquoi les membres de Batera ne disent-ils pas clairement la réalité du problème avec ses contraintes juridiques ? S'ils se cachent ainsi derrière un opaque rideau de fumée*, c'est pour subjuguer plus facilement les personnes dont ils vont quémander la signature. Ils n'hésitent pas à abuser les citoyens pour arriver à leurs fins. Ce sont de faux démocrates qui redoutent d'informer l'opinion publique des véritables objectifs de leur action.
De plus, quand on apprend des moyens mis en œuvre (150.000 cartes pré-timbrées et 5000 affiches !), on ne peut que se poser la question : mais d'où vient l'argent ?

* On en trouve un exemple éclairant dans les propos de l'avocat bayonnais Beñat Etcheverry-Ainciart, rapportés par Sud-Ouest du 10/04/06 : « Batera est parfaitement en droit, suite aux lois de 2003 sur la décentralisation, de demander une consultation sur la modification des limites d'une collectivité. Si c'est le Conseil général qui l'organise ce serait une simple consultation, si c'est le gouvernement ce pourrait être un référendum. »

Le CapVe
Le CapVe, le 13/04/2006 à 14:12 | Permalien


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Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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