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Tous aux abris !

04/03/2007


Les habitants du Pays basque font comme s’ils ne l’avaient pas remarqué. Les Français dans leur quasi totalité l’ignorent. Mais les lecteurs de Sud-Ouest édition Pays basque du 27/02/07 en ont pris conscience en découvrant la première page locale. Nous sommes dans un « processus de guerre ». C’est le conseiller général de Saint-Étienne-de-Baïgorry qui l’affirme. Le maire d’Hendaye va plus loin : « Il s’agit d’une décision politique qui n’est pas de nature à ramener la paix en Pays basque ». La paix ne règne déjà plus en Pays basque de France. La situation est donc particulièrement grave.


Tous aux abris !

Restons calmes et analysons froidement la situation.
Comme pour la guerre de 70, c’est un courrier qui a mis le feu aux poudres. Dans une lettre adressée à Euskal Herriko Laborantza Ganbara, l’ersatz de Chambre d’agriculture du Pays basque monté par les nationalistes du syndicat agricole ELB, les services fiscaux départementaux informent les responsables de cette association : « On se pose la question de savoir si les aides accordées à EHLG peuvent être déductibles des impôts » (les guillemets figurent dans l’article de Sud-Ouest). Le sang de ces responsables ne fait qu’un tour… enfin… plusieurs tours, car la lettre est datée du 12 septembre 2006 et ceux-ci font part à la presse de leur « colère » le 26 février 2007. Manifestement une « colère » rentrée.
Heureusement, leur avocat, Jean-René Etchegaray, par ailleurs membre actif de Batera, de l’UDF local et de la municipalité bayonnaise, est là pour dire la vérité vraie : « cette démarche est illégale comme l’a confirmé un arrêt de la Cour d’État (sic) en 2002. » Ses arguments juridiques sont irréfutables : « … l’organisation du salon de l’agriculture du Pays basque qui a réuni plus de 30.000 personnes à Bayonne (qui) a montré le désir d’ouverture (de EHLG) » (les guillemets figurent dans l’article). Les services fiscaux devraient donc consulter le Code des impôts à l’article désir d’ouverture. Pourtant, ils ont, comme beaucoup d’autres, entendu l’adjoint au maire de Bayonne, un certain Jean-René Etchegaray, proclamer haut et fort que ce « salon de l’agriculture » était organisé par une association d’agriculteurs basques dénommée « Lurrama », qu’il ne fallait pas confondre avec Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Cette affirmation a été reprise sans hésitation par le député-maire de Bayonne, ce qui prouvait bien qu’il n’y avait pas lieu de la mettre en doute (relire notre article « les masques sont de saison à Bayonne » du 12/11/06). Et voilà qu’aujourd’hui, M. Etchegaray nous dit qu’EHLG et Lurrama, c’est du pareil au même. C’est Zorro qui apparaît derrière l’écran de fumée.
En tout cas, apprend-on à la lecture de l’article de Sud-Ouest, l’avocat a introduit une action en référé (…) et aussi une action au fond « pour faire juger illégale la décision ». Quelle décision ? celle, pour les services fiscaux, de « se poser des questions » ? Serait-il interdit, même à une administration, de s’interroger ? Voilà qui nous promet un procès de nature inédite. On ne doute pas que M. Etchegaray saura y mettre en valeur tout son talent. Comme lors des procédures où il défendait, avec une conviction comparable, les maires qui avaient apporté un soutien financier à l’association des élus pour un département Pays basque (voir notre article « Choqué … mais prudent tout de même » du 20/08/05)
En attendant les décisions de la justice, le Pays basque vit dans cette atmosphère proprement insupportable de ni guerre ni paix, décrite avec justesse par des élus particulièrement clairvoyants. Ne faudrait-il pas envisager une interposition des casques bleus de l’ONU ?

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 04/03/2007 à 17:38

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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