(CAP = Citoyens en Adour-Pyrénées) - www.capve.info


Le 27 septembre se tiendra à Versailles le procès de 16 militants des « démo » et de « Zuzen ekintza » qui avaient escaladé en décembre 2003 le mur de la prison de Poissy pour réclamer le rapprochement des « prisonniers basques » vers leur région d’origine. C’est sûr, les Versaillais auront droit à l’habituel cirque qui accompagne ce genre de procès.


Les « démo », abréviation pour désigner les militants du mouvement « Démocratie en Pays basque » (?), directement issu du parti nationaliste basque Abertzaleen Batasuna, sont des adeptes de la résistance civique. Ils se sont fait connaître par quelques actions spectaculaires, par exemple le vol de documents historiques relatifs au pays du Labourd aux Archives départementales de Pau (voir le supplément à notre brochure n° 5). Ils ont pour habitude d’informer, préalablement à leur exploit, la télé publique locale, FR3 Euskal Herri, et ne passent à exécution que lorsque les caméras sont bien en place. Leurs faits et gestes sont ainsi connus par le menu. Leur grande spécialité est de revendiquer la présence et l’usage de la langue basque dans les services publics, comme la SNCF (voir, parmi d’autres, notre brochure n° 21) et La Poste. Ils ne dédaignent pas les sujets plus politiques, comme le rapprochement des « prisonniers politiques basques » détenus dans diverses prisons françaises. Ils rejoignent en cela d’autres mouvements comme Askatasuna, mouvement de la mouvance de ETA interdit en Espagne mais pas en France, bien que son porte-parole, Jean-François Lefort, soit en prison préventive depuis plusieurs mois.
Comme ils l’avaient fait précédemment à la « villa Chagrin » à Bayonne et à la Santé, ils ont, le 19 décembre 2003, escaladé les murs de la prison de Poissy, avec banderoles et instruments de musique. Ils étaient aidés par leurs petits camarades de Zuzen ekintza venus d’Euskadi, spécialisés dans les simulations d’accidents de la route censés attirer l’attention sur les risques encourus par les parents des détenus dans leurs voyages pour visiter leurs proches (comme cela est effectivement arrivé). Pour autant, Zuzen se laisse aussi aller à des manifestations en faveur de l’autodétermination du « peuple basque ». Dix-sept personnes ont été interpellés et placés sous contrôle judiciaire.
Seize vont être jugés le 27 septembre prochain à Versailles. Le dix-septième, mineur au moment des faits, est déjà jugé et condamné à un mois de prison avec sursis. Leurs porte-parole « se sont exprimés lors d’une conférence de presse donnée à Bayonne devant la prison, au nom du principe de désobéissance civile » (Sud-Ouest du 8/09/05). Ils « ont montré leur volonté de transformer le procès en haut-parleur de leurs revendications. Nous sommes déterminés à faire en sorte de ne pas subir un procès, mais de l’utiliser pour exiger la fin de la politique de dispersion. » (Le Journal du Pays Basque du 7/09/05)
On sait ce que cela veut dire, on l’a vu à plusieurs reprises à Bayonne ou à Pau : une salle bourrée de supporters en T-shirt jaune, des justiciables de nationalité française qui refusent de répondre en français aux questions du juge, revendiquant le droit de s’exprimer en basque (d’autant plus que les inculpés venant d’Euskadi auront droit à un interprète puisque le basque est langue officielle, comme l’espagnol, dans la Communauté), le ton qui monte et le public qui manifeste, la menace puis l’ordre de faire évacuer la salle, l’intervention des forces de l’ordre, la conférence de presse « improvisée » devant le tribunal, etc.. Bref le cirque habituel…
Reste en suspens une question : est-ce qu’une équipe de FR3 Euskal Herri se déplacera de Bayonne à Versailles pour tourner comme à son habitude cette nième mise en scène des « démo » ?

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 23/09/2005 à 22:46

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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