(CAP = Citoyens en Adour-Pyrénées) - www.capve.info


Dans la presse

L'offensive lancée par les partisans d'un département Pays basque se poursuit. Ils laissent croire que le Conseil général pourrait, si un nombre suffisant de citoyens le demande, organiser un référendum local sur le sujet. Or une telle opération serait --et ils le savent bien-- contraire à la Constitution. Mais que vaut, pour ceux dont l'objectif final est la scission d'une partie du territoire national, la Constitution de la France ?
CAPVE a fait parvenir aux médias locaux le communiqué suivant.


Actuellement circule, notamment via Internet, un texte intitulé « Appel des 100 pour la tenue d’une consultation populaire sur l’organisation territoriale des Pyrénées-Atlantiques ». Il a pour but de recueillir des signatures demandant « aux autorités compétentes de prendre en charge l’organisation d’un référendum » sur la scission du département des P.A.. Ce texte utilise le procédé classique du mensonge par omission. Il abuse ainsi de la bonne foi des citoyens.
Ce texte ne dit pas que la seule « autorité compétente » pour traiter de la modification territoriale d’un département est le Parlement.
Ce texte ne dit pas que le législateur (et lui seul) peut décider de subordonner une subdivision d’un département aux résultats d’un référendum local.
Ce texte ne dit pas qu’aucune collectivité locale n’est en droit d’organiser une référendum sur le sujet indiqué.
Ce texte ne dit pas à quelle « autorité compétente » ses initiateurs ont l’intention de transmettre les signatures recueillies.
Les rédacteurs du texte le savent bien : une telle pétition adressée au Conseil général serait sans effet et aucun référendum initié par lui n’est possible. Leur objectif n’est pas de montrer aux citoyens la réalité mais d’exercer une pression, par le biais de citoyens abusés, sur les élus locaux, comme ils l’ont toujours fait.
Pour notre part, nous rappelons à ce sujet les récents propos du président du Conseil Constitutionnel, M. Pierre Mazeaud : « Le respect de la Constitution est non un risque mais un devoir ». Mais une telle phrase est-elle seulement intelligible pour ceux qui ont écrit ce texte et dont on devine, sans trop d’efforts, les arrière-pensées politiques ?


Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 18/10/2005 à 10:21

Actualité

Lundi 10 octobre, la commission permanente du Conseil Régional d’Aquitaine avait à examiner l’attribution de subventions à divers organismes. Parmi elles, une aide de 12.000 € demandée par la « Chambre de développement agricole du Pays basque », nommée en euskara « Euskal Herriko Laborantxa Ganbara » (traduction : chambre d’agriculture du Pays basque), afin de réaliser 40 diagnostics d’exploitations dans le cadre d’une opération régionale. Mais la manœuvre, qui correspondait à une reconnaissance de fait par le Conseil d’Aquitaine, n’a pas abouti.



Il faut savoir (cf. dans notre brochure n° 20, l’article « L’idéologie de la différence ») que cette association loi de 1901 a été montée par le syndicat agricole basque ELB en préfiguration d’une véritable Chambre d’agriculture départementale. En effet, les dirigeants d’ELB, en bons nationalistes basques qu’ils sont, réclament à cor et à cri une Chambre pour le Pays basque, comme d’autres réclament un département Pays basque, ou une Université du Pays basque. Sans oublier, ce qui n’est pas rien, la co-officialisation du basque et du français sur le territoire « Pays basque ». Leur « Chambre » dispose aujourd’hui d’un immeuble mis à sa disposition par une « fondation » d’Euskadi et de six employés, l’embauche d’un septième étant prévue ce mois-ci. Le Préfet lui-même avait eu, en janvier 2005, l’occasion de parler officiellement de « fonds provenant de l’étranger », c’est-à-dire de la Communauté Autonome Basque d’Espagne, où le nationalisme basque dispose de bases puissantes… et argentées.
La Préfecture s’est clairement refusé à reconnaître le moindre rôle officiel à cette « Chambre » qui cache mal ses intentions politiques sous une prétendue « spécificité » de l’agriculture basque. Elle a même déposé plainte pour exercice d’une activité dans des conditions de nature à créer dans l’esprit du public une confusion avec l’exercice d’une fonction publique (article 433-13 du Code pénal). Elle a déféré devant le tribunal administratif les maires des communes ayant délibéré en faveur d’une subvention à la « Chambre ». La police a récemment effectué une perquisition dans les bureaux de Laborantxa Ganbara .
La demande de subvention auprès du Conseil Régional est à l’évidence une tentative pour une reconnaissance de fait par le CR, ELB sachant que rien ne viendra du Conseil Général. C’est le PS qui, avec ses alliés Verts, détient la majorité au Conseil d’Aquitaine. La commission permanente était présidée par le sénateur landais Jean-Louis Carrère, qui s’était déjà distingué en apportant son aide aux « démo » qui tentaient d'imposer la langue basque à la gare de Bayonne. ELB pouvait compter sur le soutien du Vert Jean Lissar (Les Verts Pays basque marchent main dans la main avec les indépendantistes, par exemple en signant les accords de Lizarra) et du socialiste François Maïtia, qu’on voit régulièrement dans les manifestations en faveur du département Pays basque et qui doit son récent siège de Conseiller général à Abertzaleen Batasuna . C’était sans compter sur la vrai Chambre d’agriculture de Pau qui a découvert le stratagème et sans la pugnacité de Jean-Jacques Lasserre, Conseiller régional et aussi Président du Conseil Général des P.A.. Le vice-président aquitain Carrère a décidé d’ajourner le dossier.
Une telle manœuvre ne pouvait se réaliser qu’avec la connivence d’élus qui n’ont jamais caché leur sympathie pour les nationalistes et qui voyaient là une nouvelle occasion de la leur manifester. Mais avec leurs gros sabots, ils ont fait tellement de bruit qu’on les a entendus jusqu’à Pau. Cette déconvenue ne les empêchera pas de revenir à la charge. Les compagnons de route des nationalistes basques ne manquent pas, au Conseil régional et ailleurs.

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 13/10/2005 à 21:30

Après les Basques, les Catalans. Le 30 septembre, le Parlement catalan a approuvé à une large majorité (seul le PP a voté contre) le projet d’un nouveau statut d’autonomie pour la Catalogne. Mais la situation est ici différente du Pays basque à plusieurs titres.


Nous ne reviendrons pas sur les épisodes du plan Ibarrexte décrit dans nos différentes brochures. Le chef du gouvernement espagnol, et le PSOE avec lui, s’étaient déclarés opposés à ce statut. Mais il avait permis qu’il fût discuté aux Cortes. Le lehendakari, fait exceptionnel, était venu le défendre lui-même à la tribune. On sait ce qu’il advint ensuite.
En Catalogne, ce sont les socialistes du PSC de Pasqual Maragall qui, alliés à la gauche républicaine (ERC) et aux communistes-verts (IU), forment le gouvernement régional, la Generalitat. Entraînés par leurs partenaires républicains et indépendantistes de ERC, les socialistes, dans leurs relations avec l’Etat central et dans la conception du nouveau statut, sont devenus plus radicaux. Et comme le chef du gouvernement de Madrid a besoin des voix de ERC en soutien à son gouvernement minoritaire, ce n’est pas lui qui allait demander à ses amis socialistes catalans de contrarier l’ERC. C’est ainsi qu’on vit J.L. Zapatero prendre part aux transactions sur le statut, en recevant les différents protagonistes au palais de la Moncloa. Il déclara même, quand on sut qu’il y aurait une phrase signifiant que « la Catalogne est une nation », que cela n’était pas bien grave. Mais beaucoup d’Espagnols, même à l’intérieur du PSOE, ne l’entendent pas de cette oreille.
Aujourd’hui, le projet de statut est sur le bureau du parlement espagnol. Les premiers mots du préambule sont « la nation catalane…. » et l’article 1 est ainsi rédigé : « Catalogne est une nation ». Pourtant la Constitution espagnole approuvée en 1978 mentionne, dans son article 2 « l’unité indissociable de la nation espagnole » et plus loin le « droit à l’autonomie des nationalités et des régions ».
Mais il y a plus. On comprend, après lecture du projet, que de nation, il n’y en a qu’une, la Catalogne. « Catalogne tend sa main à l’Espagne » titrait un journal de Barcelone ; en effet, avec ce statut, elle n’est plus dans l’Espagne, elle établit avec l’Espagne des relations bilatérales. Bien évidemment, comme au Pays basque, le préambule mentionne « le droit des citoyens de Catalogne de déterminer librement leur futur comme peuple ».
J.L. Zapatero commence à se rendre compte que ce texte est jugé inacceptable par une large majorité d’Espagnols, même parmi ceux appuyant le PSOE. Il tente de faire marche arrière. Mais comment, sans ridiculiser les socialistes catalans et sans heurter ses alliés de ERC, peut-il aujourd’hui faire modifier les points les plus sensibles du statut ? À la crise constitutionnelle, risque fort de s’ajouter une crise politique.
Avec, en interne, les négociations en vue d’un cessez-le-feu de ETA qui piétinent et, en externe, un gouvernement marocain qui souffle le chaud et le froid à Melilla en utilisant la détresse des Africains, on constate que J.L. Zapatero, qui se voyait en grand stratège, est plutôt bousculé par les événements. Il est d’autant plus inexcusable aux yeux de beaucoup d’Espagnols qu’il a lui même contribué à faire bouillir la marmite du nationalisme catalan. Et, comme l’apprenti sorcier de Goethe, il pourrait se lamenter, « les esprits que j’ai réveillés ne veulent plus m’écouter ».

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 07/10/2005 à 21:02

Comme l’année dernière (relire l’article de la page 14 notre brochure n° 17) le Festival Baiona comporte une « fête des langues ». Euskal Herri Zuzenean est toujours parmi les sponsors et Béatrice Peyrucq, candidate suppléante d’Abertzaleen Batasuna aux dernières législatives, toujours parmi les animateurs. Une innovation cette année : « une enquête a été menée auprès des élèves de dix écoles » (Le Journal du Pays Basque du 30/09/05). Elle permet de « mettre au jour l’existence d’une variété linguistique ».


Nouvelle édition, donc, de la « fête des langues » dans les quartiers nord de Bayonne, ces quartiers où, jusqu’aux années d’après-guerre, avant la construction de la ZUP, l’autre langue parlée, en dehors du français, était le gascon. L’installation de Basques était si exceptionnelle et si remarquée qu’un lieu-dit y a pris le nom de « Le Grand Basque ». Aujourd’hui, une enquête menée par l’équipe du Festival Baiona constate que 35 langues sont parlées dans les familles des élèves questionnés. Toutefois, 80 % des enfants interrogés sont unilingues.
Pour constater cette diversité et le pluriel du titre, on regarde le dépliant du programme. On cherche quelques phrases en espagnol, « en tête des langues autres que le français parlées par les enfants et les mères » (Le JPB) : nada ; quelques mots en arabe qui vient ensuite : makach ; ou en portugais : nada.
Par contre, le basque, langue parlée par 3 % des élèves questionnés et leur mère (et encore faut-il tenir compte de la présence d’une ikastola qui n’a pas de contrainte de « carte scolaire » et ne limite pas son accueil aux élèves habitant le quartier), se remarque dans le dépliant. Tous les commentaires sont bilingues, français-basque (en dehors du programme qui est en français pour être compris par le plus grand nombre).
Nous ne reviendrons pas sur nos commentaires de l’année dernière qui deviennent, cette année, encore plus évidents. Il s’agit bien de montrer à ces populations, notamment les nouveaux implantés, qu’ils habitent maintenant le Pays basque et que dans ce pays, on parle le basque, même si c’est le français qui y est officiellement imposé. Et, du même coup, on fait comprendre à tous que le Pays basque s’arrête aux limites du département des Landes, en sachant que personne (sauf CAP Vivre Ensemble) ne viendra relever cette contre-vérité historique et sociologique.
Marquer par la langue les limites du territoire revendiqué, c’est un classique du nationalisme basque. Qui osera dire qu’en fait, il s’agit de stratégie politique ? Certainement pas les pouvoirs publics qui financent, avec d’autres aux engagements plus marqués, ces manigances.

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 01/10/2005 à 22:11

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
Le combat de CAP Vivre Ensemble continue.


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