(CAP = Citoyens en Adour-Pyrénées) - www.capve.info


Actualité

C’est une tragi-comédie à trois personnages. Elle montre comment, dès qu’il s’agit de « la défense de la langue basque », la classe politique locale se laisse, involontairement ou non, prendre dans les filets depuis longtemps tendus par les nationalistes de tous poils qui ont investi, ou créé à leur propre usage, le réseau des innombrables et diverses associations « culturelles ». Nouvelle démonstration que la défense de la langue est l’outil politique principal des nationalistes.


LES PERSONNAGES.
Gure Irratia . Le pivot de la pièce, c’est cette radio associative de langue basque, qui diffuse, avec des relais d’autres radios du même genre, sur l’ensemble du territoire du Pays basque « nord ». Elle ne peut vivre que de dons et subventions, venant d’ici ou d’ailleurs. Certains de ses animateurs sont connus pour leurs appartenance à des associations de la mouvance nationaliste, mais, pour autant qu’on puisse en juger, c’est le professionnalisme qui semble dominer. Bien sûr, la radio évoque avec sympathie toutes les actions en faveur de la langue basque, même celles dans lesquelles les arrière-pensées sont évidentes.
L’Office public de la politique linguistique Euskara . C’est un groupement d’intérêt public (GIP) composé par l’Etat, la Région, le Conseil général, le Syndicat intercommunal pour le soutien de la culture basque et le Conseil des élus du Pays basque. Structure originale dans ce domaine, rattaché au Conseil général, il est chargé de centraliser et de coordonner l’ensemble des projets et subventions destinées à la politique linguistique concernant l’euskara. Son président est le conseiller général (RPR) de Biarritz Max Brisson, qui siège également dans la majorité municipale UDF-RPR-nationalistes, ce qui l’a mis en froid avec le camp Marie.
L’Udalbiltza . Assemblée transfrontalière « nationale » regroupant des élus municipaux de l’ensemble d’Euskal Herria (voir notre brochure n° 9). Nous nous contenterons de rappeler un de ses objectifs, inscrits dans ses statuts : « contribuer à la construction politique d’Euskal Herria en confortant son unité territoriale et en ayant pour but (…) de relancer la construction nationale ». Créée en 1999 en prélude aux accords de Garazi et à la trêve-« piège » d’ETA, l’Udalbiltza s’est depuis scindée en deux, l’une, la plus riche, sous l’influence du PNV d’Euskadi, l’autre sous l’influence de Batasuna. La première s’est déjà fait remarquer en France par les nombreux subsides distribués à des associations favorisant l’usage de la langue basque, dont Gure Irratia.

L’ACTION
Se jugeant à l’étroit dans ses studios bayonnais, Gure Irratia envisage son déménagement à Ustaritz avec, du coup, le renouvellement de ses équipements. Montant annoncé de l’opération : 180.000 €. Elle lance alors des appels pour des dons et subventions. Directement sollicité, l’Office annonce, par la voix de son président, qu’il financera pour moitié les frais d’équipement soit 50.000 €, avec un espoir de revoir ce montant à la hausse. La radio continue ses appels au secours. L’Udalbiltza vient d’annoncer un don de 56.000 €. Qui dit mieux ?
ANALYSE
Tous les acteurs sont bien en place et jouent leur rôle avec application. Mais, nous apprend Le Journal du Pays Basque du 25/11/05, le représentant de l’Udalbiltza, le nationaliste PNV Ramuntxo Camblong, membre de la majorité municipale UDF-RPR-nationalistes d’Anglet « a indiqué qu’Udalbide (NDLR : organisme gestionnaire des fonds de l’Udalbiltza) et l’Office Public de la langue s’étaient réunis à la suite d’un échange de déclarations, après les annonces d’aides faites par Udalbide en 2004. » Il a jugé cette rencontre « très positive ».
On apprend ainsi subrepticement qu’un organisme public, chargé de gérer des fonds publics, entretient des relations avec un organisme dont l’objectif clairement affirmé est la création d’une entité politique distincte des États espagnols et français. On pourrait s’étonner de cette confusion des genres si ce n’était une pratique courante dans la politique locale (voir les municipalités citées plus haut). Mais ici, il s’agit d’un organisme public, comme son nom l’indique.
Pour pouvoir exercer le rôle qui lui revient dans une démocratie, le citoyen souhaiterait en savoir plus. Qu’est-ce que cet « échange de déclarations » ? Un échange, nous dit le petit Robert, c’est une communication réciproque (de documents, renseignements, etc.). Une réunion ? dans quel but ? avec quels participants ? M. Brisson recevait-il un collègue d’une municipalité identique voisine ou le président de l’Office public discutait-il avec le représentant de l’Udalbiltza ? Ces deux organismes marcheraient-ils main dans la main en vue d’actions coordonnées ?
Il ne faut pas se faire d’illusions. Les explications ne viendront pas. Par contre, à la première occasion, on mettra en avant la transparence dans l’action des élus locaux et leur proximité avec les citoyens…

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 26/11/2005 à 20:48

Actualité

Dix ans après

21/11/2005

Le mouvement politique nationaliste Abertzaleen Batasuna a tenu, samedi dernier, à Ustaritz, son assemblée générale. Dix ans après sa création. Confirmation pour ceux qui ne font pas semblant de ne pas entendre, interrogations sur l’avenir.


Dans une conférence de presse préalable, le porte-parole d’AB a rappelé, parmi les étapes importantes du mouvement, l’acceptation en 1997 du département Pays basque comme « un pas tactique » sur la voie de la « construction nationale » ( Sud-Ouest Pays basque du 21/11/05). On pouvait déjà se demander ce qu’avaient politiquement en commun, en dehors du désir de scission du département existant, des départementalistes comme Jacques Saint-Martin, ex-président de la CCI, André Darraïdou, président du Biltzar ou François Maïtia, conseiller général et régional PS. Après ce rappel venant d’une voix autorisée d’AB, feront-ils toujours semblant de ne pas entendre que leurs alliés, ceux qui apportent la force militante et médiatique, ont en tête des objectifs radicalement différents des leurs ? La volaille départementaliste ne court-elle pas le risque de se retrouver plumée par AB ?
AB se définit comme « un mouvement abertzale souverainiste ». « Ce que l’on demande, c’est un référendum sur l’autodétermination, pour que le Pays basque puisse décider de son avenir ». On croirait lire un paragraphe du plan Ibarrexte. La construction nationale, c’est la construction d’une entité nationale pour Euskal Herria, c’est-à-dire l’Euskadi, la Navarre et le Pays basque de France (Iparralde), distincte des États espagnol et français.
La volonté d’AB pour les vingt ans qui viennent est d’être « un mouvement de gauche, abertzale, en Iparralde, ayant une vision de la construction nationale ». Être de gauche implique de travailler davantage dans le domaine social et de relayer le mouvement altermondialiste. ( Sud-Ouest déjà cité). Le but visé, la construction nationale, est réaffirmé, mais les moyens mis en œuvre vont chercher une caution morale à gauche ou dans le mouvement altermondialiste. Quelques questions se posent alors irrésistiblement. Comment peut-on se dire de gauche et « travailler » dans les municipalités UDF-RPR, comme à Biarritz ou à Anglet (Jakes Abeberry, AB, adjoint au maire, UDF, de Biarritz ; Mikel Ithurbide, AB, adjoint au maire, UDF, d’Anglet) ? Verrons-nous prochainement ATTAC Pays basque « relayer » les positions nationalistes d’AB ?

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 21/11/2005 à 16:15

Actualité

Tout est relatif

03/11/2005

Il y a différentes façons d’examiner les résultats du vote, organisé par le « Biltzar des maires du Pays basque », sur l’opportunité d’une consultation de la population locale au sujet de la scission du département des Pyrénées-Atlantiques. En voici quelques-unes.



DU POINT DE VUE DES CHIFFRES. 159 communes constituent le pays « Pays basque ». 131 maires ont participé au vote. Sur 119 « exprimés », 76 ont voté oui, 43 ont voté non. Voilà les chiffres. Titrer, comme le fait Le Journal du Pays Basque, « 64 % des maires basques pour un référendum sur le département », c’est proférer un double mensonge. 64 % de 159, ça fait 101 et non 76 ; tout résident dans le « Pays basque » n’est pas, de facto, basque. Assimiler les maires qui n’ont pas participé à la consultation, comme le sénateur-maire de Biarritz, Didier Borotra (voir notre chronique du 11/09/05), aux abstentionnistes pêcheurs à la ligne d’une consultation légale est une tentative de plus de manipulation de l’opinion. La réalité des chiffres, c’est que 52 % des maires du pays Pays basque ne sont pas favorables à l’organisation d’une consultation locale sur la scission du département.
DU POINT DE VUE JURIDIQUE. Le préfet l’a dit et redit. Le président du Conseil général l’a écrit à tous les maires. L’organisation d’un tel référendum n’est pas de sa compétence. Les partisans de la scission font comme s’ils n’entendaient pas. Tout le monde le sait bien maintenant : seul le Parlement possède la compétence pour traiter de la scission d’un département, et lui seul (art. 72-1 de la Constitution) peut décider d’organiser à cette occasion une consultation locale. Cette procédure n’a rien à voir avec le référendum local prévue dans la loi organique n° 2003-705 du 1er août 2003. La suite de l’opération, le recueil de 45.000 signatures n’a donc en droit aucune valeur, ni pour le Conseil général, ni pour le Parlement. Le président du Biltzar, maire d'Espelette, qui a sans doute moins de culot que ses amis nationalistes, le reconnaît implicitement en déclarant (dépêche Reuters) : « nous les ferons parvenir au gouvernement ».
DU POINT DE VUE DE L’EFFICACITÉ. Cette affaire est un moyen de pression supplémentaire imaginé par les partisans du département Pays basque pour relancer leur revendication. Ils ont en partie réussi dans la mesure où les médias nationaux l’ont évoquée, en utilisant tous les lieux communs et approximations habituelles sur le Pays basque ou même en proférant d’énormes contre-vérités sur la conformité à la Constitution. Mais l’intérêt de la presse est éphémère. De précédentes consultations du même genre n’avaient abouti à rien. Après le recueil des 45.000 signatures, qui va organiser le fameux référendum ? pas le Conseil général, il n’en a ni le pouvoir, ni l’envie. Pas le Parlement, cette question ne sera pas soumise à discussion pendant la législature en cours (ni le gouvernement ni les parlementaires locaux n’y sont favorables). Pourquoi pas le Biltzar ? Chiche !
DU POINT DE VUE POLITIQUE. Il ne faut pas oublier que la revendication d’un département Pays basque est accompagnée de trois autres, une Chambre d’agriculture basque (tentative qui vient de capoter), une Université de plein exercice à Bayonne (qui est loin d’être à l’ordre du jour) et, last but not least, la co-officialisation du basque et du français sur le territoire Pays basque. Pour leurs partisans, il est nécessaire de disposer d’une organisation qui permette de prendre en compte "l'identité basque" et de se rapprocher de la Communauté autonome basque d’Espagne. Pour les nationalistes, ce serait la première étape vers l’unification d’Euskal Herria.
QUE CONCLURE ? Toute cette agitation serait sans effet s’il n’y avait la perspective de l’élection présidentielle. « Nous ne possédons rien qui nous permette d’exister comme une identité forte » remarque le président du Biltzar cité par La Croix du 2/11/05. Or, est entré en lice pour 2007 un candidat qui s’est déjà positionné en faveur du communautarisme religieux (le préfet musulman…), du communautarisme social (la discrimination positive). Pourquoi pas alors pour un communautarisme ethnique ? (voir notre brochure n° 17 p. 7 à 9). Pendant que certains creusent ainsi leurs sillons, les grands partis politiques se taisent. L’unicité du peuple français serait-elle devenue une notion ringarde ?

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 03/11/2005 à 14:49

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
Le combat de CAP Vivre Ensemble continue.


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