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ActualitéDes faits éclairants26/06/2006Après son « communiqué à l’opinion publique de France » comportant un « appel au gouvernement français » (que nous avions repris intégralement dans notre rubrique intitulée « La France et la question basque vues par ETA »), ETA a publié, le 21 juin, son quatrième communiqué depuis l’annonce d’un "cessez-le-feu permanent". Bien que se décrivant comme un « appel à l’opinion publique espagnole pour qu’elle appuie une solution négociée, durable et juste de l’ample et dur conflit qui oppose Euskal Herria à l’Espagne », les commentateurs ont surtout retenu l’adresse « très dure au gouvernement espagnol » (Le Monde du 23/06/06).
Il ne faut jamais prendre à la légère les communiqués d’ETA. D’abord, parce que ces terroristes ont laissé derrière eux plus de 800 personnes assassinées, actes qu’ils ont régulièrement revendiqués, mais aussi parce que, au delà de la phraséologie nationalo-révolutionnaire frisant le délire, il y a toujours un enseignement à tirer des propos tenus. Dans son éditorial du 22/06/06, le journal (indépendant) de Bilbao El Correo note que « ETA s’érige en interprète de l’histoire du peuple basque, de ses droits et aspirations, et trace le parcours des dernières décades marquées par la terreur…». Nos lecteurs ont pu noté qu’ETA s’est aussi appliqué à réécrire à sa façon l’histoire de la France, aidé, à n’en pas douter, par certains « Basques du nord ». Cette manière d’impliquer les deux États, espagnol et français, n’est pas nouvelle et ne se limite pas à la question des détenus étarras dans les prisons espagnoles et françaises. « En mai 1998, l’ETA et les partis nationalistes PNV et EA signèrent un pacte secret (…). Les signataires se mettaient d’accord pour "faire un pas concret vers la création d’une institution unique et souveraine" qui accueille en son sein les sept territoires. » C’est ce qu’écrit la géographe Barbara Loyer dans son nouveau livre, Géopolitique de l’Espagne aux éditions Armand Colin (nous aurons l’occasion d’en reparler), au début de la partie fort justement intitulée « La fracture : l’accord de Lizarra » du chapitre 1 « Pays basque – nation basque ». Cette institution, c’est l’Udalbiltza qui a fait l’objet d’un examen particulier dans notre brochure n° 9 (à consulter sur notre site www.capve.info). Barbara Loyer rappelle également (p. 52) la phrase clé du « pacte de Lizarra-Garazi » entre les différents courants nationalistes des deux côtés de la frontière, monnaie d’échange pour la trêve d’ETA de septembre 1998 : « Le contentieux basque est un conflit historique d’origine et de nature politiques dans lequel sont impliqués l’État espagnol et l’État français. Sa résolution doit être nécessairement politique. » Rappelons que ce pacte a été paraphé par le parti nationaliste « d’Iparralde » Abertzaleen Batasuna, mais aussi par les Verts Pays basque, avec la présence en observateur de la CFDT Pays basque. Il avait été salué à l’époque par des propos enthousiastes des nationalistes de tous bords et de leurs proches, propos que les médias locaux portaient avec complaisance à la connaissance du public. Ces mêmes organisations, signataires ou observateurs, sont bien sûr d’ardents promoteurs de l’idée d’un département Pays basque, « première marche vers la réunification d’Euskal Herria » selon Jakes Abeberry, historique du nationalisme basque en France. C’est dans la logique des choses. ETA a souvent rappelé que la territorialité, c’est-à-dire la réunion des sept territoires dans l’ensemble Euskal Herria, était une question primordiale. Ce communiqué de mi-juin n’apporte au fond rien de bien nouveau, à part la réaffirmation quelque peu grandiloquente de l’importance que la bande terroriste et son bras politique Batasuna accordent à cette question. Si Le Journal du Pays Basque, proche de Batasuna et petit frère du journal indépendantiste d’Euskadi Gara, a publié le communiqué in extenso, le journal Sud-Ouest, principal organe d’informations locales pour nombre d’habitants de la région, ne lui a consacré que quelques lignes ; un service minimum frisant le boycott. Ce qui permit à la classe politique locale de garder un silence particulièrement prudent. On compatirait presque à l’indignation du porte-parole de Batasuna à Bayonne, qui persiste à réclamer « l’implication de l’État français et des partis politiques. » Ce silence contraste singulièrement avec les multiples déclarations enthousiastes qui avaient suivi l’annonce du « cessez-le-feu permanent » du 24 mars. On peut citer, parmi les hosannas entonnés à l’époque, les propos de l’UDF Jean-René Etchegaray, ancien Conseiller général battu aux dernières élections et premier adjoint au député-maire (UMP) de Bayonne : « Nous sommes directement concernés. Nous ne sommes pas de simples spectateurs. De l’autre côté, c’est aussi chez nous. Nous sommes en Europe, il n’y a plus de frontières. » Souhaitant que les partis politiques du « Pays basque nord » prennent « une part active » dans le processus, il ajoutait : « on pourra difficilement refuser de participer à un tel processus. » (Le Journal du Pays Basque du 25/03/06). Pourquoi ce silence maintenant qu’il est directement interpellé par ETA ? Puisqu’il se disait prêt à participer au processus, pourquoi ne se positionne-t-il pas par rapport aux questions soulevées par ETA ? Peut-on se déclarer directement concerné un jour et se dérober dès que les problèmes évoqués s’avèrent délicats à traiter ? Jusque là, M. Etchegaray jouait le rôle de ceux que le camarade Lénine appelait les « idiots utiles ». Au pied du mur, il détourne la tête de peur d’être amené à franchir la ligne jaune qui le couperait de la grande majorité de la population bayonnaise et, par voie de conséquence, de ses attributions après les prochaines élections municipales. C’est ce qu’on appelle avoir des convictions. Va-t-il tenter de tourner le problème en déclarant que ses intentions se limitaient à une participation à la « table des partis » qui doit se tenir en Euskadi ? On sait que cette procédure, issue de propositions du porte-parole de Batasuna Arnaldo Otegi et reprise par le PNV qui voit une occasion de remettre en selle le lehendakari Ibarretxe après l’échec de son plan de libre association Euskadi-Espagne, est le pendant local des négociations gouvernement central-ETA. Il s’agirait de réunir tous les partis politiques basques, y compris les nationalistes de Batasuna, aujourd’hui interdit en application de la "Loi des partis", et de discuter ensemble de l’avenir du Pays basque. Une manière de reconnaître de facto Batasuna en le réintégrant dans le jeu politique normal et de créer une sorte d’assemblée pré-constituante en dehors des assemblées constitutionnellement élues. Les partis nationalistes d’« Iparralde » ont manifesté leur désir de participer à cette « table de partis ». C’est normal puisqu’ils militent pour la construction nationale d’Euskal Herria, intégrant la Navarre et Iparralde. Est-ce le cas de M. Etchegaray ? Il faudrait qu’il explicite ses positions en la matière. Mais l’osera-t-il ? D’autant que le président du PNV lui-même a déclaré à Bayonne que la participation des partis politiques français à une « table des partis » unique "relevait de l'utopie pure" (Sud-Ouest du 20/06/06). Pragmatique comme le PNV sait l’être, il ajoutait qu’il valait mieux concentrer les efforts sur la lutte pour le création d’un département Pays basque. Un adepte de la politique des petits pas… M. Etchegaray ferait mieux de prendre pour modèle le président de son parti, l’UDF. François Bayrou, interviewé par Le Journal du Pays Basque a fait une démonstration de sa capacité à contourner avec méthode toutes les questions pièges sur la situation locale. Par exemple, sur le processus amorcé « en Pays basque » (quel processus ? quel Pays basque ?), « je ne suis pas indifférent, pas plus que je n’en suis spectateur. Mais nous ne sommes pas acteurs… » On se souvient que F. Bayrou a signé il y a quelques années une biographie apologétique d’un autre Béarnais qui un jour déclara que Paris valait bien une messe… Pour revenir à la dure réalité des faits, on notera que ETA, dans son dernier communiqué du 21 juin, réclamait du gouvernement espagnol qu’il adopte et accomplisse « ses engagements (compromisos) » et qu’il passe « des paroles aux actes ». Quels engagements ? se demande le journal ABC. Les conclusions des négociations à venir seraient-elles déjà fixées malgré tout ce que dit et répète le gouvernement Zapatero ? Réponse dans quelques jours.
Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 26/06/2006 à 21:48
ActualitéRéseaux interconnectés20/06/2006Tôt ce matin, les polices espagnole et française, dans une action coordonnée par le magistrat de l’Audiencia National Fernando Grande-Marlaska et la juge antiterroriste Laurence Le Vert, ont procédé à l’arrestation de ressortissants espagnols et français qui seraient impliqués dans le réseau d’extorsion de fonds, « l’impôt révolutionnaire », pour le compte de ETA.
Le juge Grande-Marlaska à Irun
Une Équipe Conjointe d’Investigation franco-espagnole qui travaillait depuis deux ans sur ce sujet était parvenue à comprendre le fonctionnement du réseau d’intermédiaires entre ETA et les entrepreneurs subissant l’extorsion de fonds. En France, la direction du réseau s’occupait de coordonner et planifier les opérations. En Espagne, les membres du réseau distribuaient les lettres d’extorsion, établissaient les contacts, négociaient les délais et les conditions de paiement. Les capitaux recueillis étaient transférés dans des paradis fiscaux et parfois réinvestis en Espagne, dans l’immobilier par exemple (un établissement hôtelier a été fermé). Une cinquantaine de comptes bancaires ont été bloqués en Espagne et en France. Sept personnes ont été arrêtées en France : celui qui est désigné comme le responsable du réseau est domicilié à Arcangues (commune des Pyrénées-Atlantiques proche de Bayonne). Angel Maria Iturbe Abásolo, « Ikula », est le frère d’un important dirigeant d’ETA, « Txomin », aujourd’hui décédé. Amnistié en 1977, il était soupçonné par la police espagnole d’avoir participé ensuite à plusieurs autres attentats. Arrêté avec son frère par la police française le 27 avril 1986, il est laissé en liberté. De nouveau arrêté à Biarritz où il résidait, le 28 octobre 1987, il est expulsé vers l’Algérie. C’est l’époque des conversations secrètes d’Alger entre l’ETA et le gouvernement du PSOE. Il se retrouve en avril 1989 avec d’autres étarras à Saint-Domingue sous résidence surveillée. Il disparaît en octobre 1998, au moment de la trêve-piège de ETA. Comme la justice espagnole n’a pas formulé d’accusations contre lui, il s’installe à Biarritz avec sa conjointe et son fils. La justice française l’assigne à résidence dans le département de Haute-Marne mais on le retrouve à Biarritz. En décembre 2001, il passe devant le Tribunal Correctionnel de Bayonne pour « situation administrative irrégulière ». Une vaste campagne en faveur des « réfugiés politiques » dans son genre est organisée par des associations nationalistes ou proches des nationalistes, comme le Comité pour la défense des droits de l’homme en Pays basque (ersatz de la section locale de la LDH), et bien relayée par les médias locaux (cf. l'écho "glissements sémantiques" de notre brochure n° 9). Le Préfet a beau expliquer qu’il ne peut y avoir de « réfugiés » à l’intérieur de l’Union Européenne, il n’est guère entendu. Le 10 janvier 2002, Iturbe est acquitté et son assignation à résidence annulée. Les autres personnes arrêtées, de nationalité espagnole, l’ont été à Biarritz (2), Bayonne, Ascain et Hendaye. Le cas de Julen Kerman de Madariaga y Aguirre, septième personne arrêtée en France, est intéressant. Né le 11 octobre 1932 à Bilbao, aujourd’hui de nationalité française et domicilié à St Pé sur Nivelle, c’est un historique de ETA. Il est parmi les fondateurs de EKIN, ces dissidents des jeunes du PNV qui forment l’embryon de la future ETA qui se constitue sous ce sigle en 1959. En 1962, il participe à la première assemblée de cette organisation qui se tient… à Bayonne. Il devient membre du Comité exécutif. Il s’installe en France et jouera au chat et à la souris avec la police et la justice françaises à maintes reprises. Il fut même en 1970 interdit de séjour dans le Sud-Ouest. Il finit par être expulsé vers le Chili. Il rentre en Espagne en juillet 1977 à la faveur du processus de démocratisation mais s’installe en France. Il participe à la fondation de Herri Batasuna en 1978. Il obtient la nationalité française en 1986. Arrêté puis relâché à plusieurs reprises (en décembre 1986, dans l’affaire Sokoa par exemple), il est condamné, le 13 juillet 1989, pour association de malfaiteurs et collaboration avec ETA à quatre ans de prison et à dix ans d’interdiction de séjour au Pays basque. Remis en liberté en 1991, il s’installe comme avocat à Bilbao. Il se rapproche des formations nationalistes qui critiquent l’usage du terrorisme par ETA, comme le « mouvement pour le dialogue Elkarri ». En janvier 1995, il quitte Herri Batasuna qui ne condamne pas l’assassinat du leader du PP à St Sébastien, Gregorio Ordoñez. En mars 2001, il rejoint le courant Aralar, constitué par des dissidents d’HB opposés au terrorisme. Il est membre de son comité national. Il est régulièrement interviewé par les médias français en mal de copie sur la "question basque". Parmi les personnes arrêtées en Espagne se trouve un Français, Jean-Pierre Harocarene Camio, né en 1963 à Boulogne-Billancourt et actuellement domicilié à Irun (ville frontalière d’Espagne) et un Espagnol domicilié à Mouguerre, commune proche de Bayonne. Dans une conférence de presse, le porte-parole de Batasun, bras politique de ETA, Arnaldo Otegi, a qualifié ces arrestations d’« attaque nette et frontale aux espoirs de paix ». Le gouvernement, a-t-il ajouté, « n’a pas un problème avec la gauche abertzale mais avec un peuple qui forme une nation et qui a le droit de décider (de son avenir) ». Le président du Gouvernement espagnol doit annoncer très prochainement le début des négociations avec ETA. En principe, les discussions ne doivent porter que sur les conditions d’un cessez-le-feu définitif. Qui peut croire que les questions politiques ne seront pas abordées ?
Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 20/06/2006 à 23:06
ActualitéETA a transmis à la radio associative Gure Irratia émettant en langue basque sur le territoire du Pays basque de France, ainsi qu’à son support habituel, le journal indépendantiste d’Euskadi « Gara », un communiqué « à l’opinion publique de France ».
La logorrhée théologique, typique de ces groupes s’instituant défenseurs d’un « peuple opprimé », n’est pas spécifique à ETA. On la retrouve chez tous les nationalistes basques, du nord comme du sud (voir le plan Ibarretxe), qui, en dépit de divergences tactiques, convergent dans le dessein de la « construction nationale ». Leurs alliés Verts ou les autonomistes partisans du département Pays basque (cf les propos de Jean-René Etchegaray, adjoint au député-maire de Bayonne), qui s’agitent fort ces temps-ci, ne disent pas autre chose, même s’ils y mettent quelques gants. Les attaques contre les idéaux de la Révolution Française et de l’école républicain comme la mise en avant des bienfaits d’une décentralisation poussée sont aussi révélatrices. Ce texte est donc significatif à bien des égards. Pour permettre à nos lecteurs de juger sur pièce, nous publions le texte du communiqué in extenso dans la version en français qu’en a donnée « Le Journal du Pays Basque » dans son édition du 15/06/06. Pendant sa lecture, il faut garder à l’esprit que territorialité et autodétermination ont toujours été des mots essentiels dans la phraséologie nationaliste et que le gouvernement central espagnol, manifestement pressé, s’apprête à engager des discussions politiques, par l’intermédiaire du Parti Socialiste d’Euskadi, avec Batasuna, bras politique d’ETA toujours sous le coup d’une interdiction légale. Dans les prochains jours, après avoir pris connaissance des diverses réactions, venant notamment de ceux qui ont lancé la campagne actuelle de recueil de signatures en vue de l’organisation d’un référendum local sur l’opportunité de créer un département Pays basque (« premier pas vers la construction nationale », comme le déclarait un de ses plus ardents partisans), nous ferons part de notre analyse, dans le contexte politique actuel au nord et au sud des Pyrénées. Communiqué de l’ETA à l’opinion publique de France Euskadi Ta Askatasuna s’adresse aux institutions de l’Etat Français et à l’opinion publique française pour leur faire part de ses réflexions sur les responsabilités incombant à l’Etat Français dans le conflit que traverse le Pays Basque, mais aussi sur le rôle que devrait tenir le Gouvernement français dans la résolution de celui-ci. Un conflit qui perdure L’histoire du Pays Basque est étroitement liée à la construction de l’Etat Français, un Etat qui s’est constitué « à coup d’épées » au détriment des peuples qui aujourd’hui se retrouvent intégrés en son sein. Vécue comme le berceau de la Liberté par le Peuple Français, cette réalisation a signifié la mort lente et programmée des peuples opprimés, dont celle du Pays Basque parmi tant d’autres. Au nom de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité, depuis la Révolution française de 1789 les institutions françaises n’ont cessé d’appliquer une politique d’oppression et d’assimilation méthodique dans les provinces basques du Labourd, de la Basse Navarre et de la Soule. Tout ce qui n’était pas français devait disparaître. Depuis, le seul peuple et la seule langue qui existent officiellement en France sont Français. Le Pays Basque n’existe pas, et les droits des citoyens basques sont systématiquement bafoués. Pendant toutes ces décennies, les citoyens basques ont dû subir les rouages de l’uniformisation dessinée par les institutions jacobines. Ces institutions se sont particulièrement attachées à détruire par tous les moyens tout ce qui pouvait représenter un caractère distinctif. Tous les subterfuges ont été employés pour faire disparaître la langue basque et des pans entiers de notre identité. L’école républicaine instaurée par Jules Ferry s’est particulièrement acharnée dans cette sale besogne, comme l’attestent les brimades et les humiliations subies pas les écoliers du Pays Basque. La lutte contre les langues a été un moyen redoutable de forger la nation française. Les desseins de l’Etat Français envers le peuple basque ont été amplifiés par la politique d’assimilation développée parallèlement pas l’Etat espagnol. Cette entente a eu pour corollaire le morcellement du territoire basque et l’imposition de frontière et d’administration qui avaient pour seule vocation d’assimiler à jamais le peuple basque. Divisé et violenté, le peuple basque n’a pu se constituer librement en tant que nation. Il n’a pu décider librement de son organisation interne et de ses rapports avec les Etats français et Espagnol. Aujourd’hui encore, la France n’a toujours pas tiré un trait avec son passé jacobin. Elle reste un des pays les plus centralisateurs et réactionnaires en termes de reconnaissance des peuples. Le Gouvernement français persiste à bafouer systématiquement les droits élémentaires des citoyens et du peuple basque. Le conflit reste toujours en vigueur, et ne cesse d’être alimenté par l’intransigeance du Gouvernement français. La réponse du peuple basque Chacune de ces agressions en vue d’anéantir le peuple basque s’est heurtée à la résistance populaire. Des siècles de jacobinisme et de colonisation n’ont pas réussi à rayer de la carte du monde notre culture, notre langue et notre identité nationale. Des siècles d’assimilation forcée à la République n’ont pas entamé non plus notre soif de reconnaissance en tant que Peuple, parce que le flambeau de la lutte pour la dignité a été transmis d’une génération à l’autre. Le Peuple Basque est bel et bien vivant grâce à l’engagement et au dévouement de citoyens basques pour la reconnaissance des droits élémentaires qui nous reviennent. Aujourd’hui, la société basque soutient et revendique la reconnaissance institutionnelle de la Soule, de la Basse Navarre et du Labourd. Un cadre institutionnel qui nous permette de décider et de construire l’avenir du Pays Basque sans aucune ingérence des Etats Français et Espagnol. Le mépris exprimé par l’Etat Français Le Pays Basque n’est pas reconnu. Jusqu’à présent, l’attitude du Gouvernement en place a consisté à renier systématiquement sa parole et à mettre en place des pseudo-outils visant à court-circuiter la question de la reconnaissance du Pays Basque. Force est de constater que le Gouvernement français comme les élus sous sa tutelle, n’ont montré que du mépris et un rejet total des revendications soutenues par la population du Labourd, de la Basse Navarre et de la Soule. Mais le refus catégorique des revendications populaires ne suffisant plus, le Gouvernement français a décidé d’en découdre avec les projets alternatifs portés par de nombreux mouvements et associations avec le soutien et la contribution de la société basque. La procédure diligentée par le Préfet des Pyrénées-Atlantiques à l’encontre d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara (la Chambre d’agriculture du Pays Basque) en dit long sur les réelles intentions du Gouvernement français. Cela dit, à chaque fois que le Gouvernement français déclare qu’il n’y a pas de « problème basque » en France, non seulement il frise le ridicule mais surtout il fait apparaître le niveau de mépris qu’il porte envers le Peuple Basque. Il est aussi absurde de déclarer qu’il n’y a pas de « problème basque » en France que de nier l’existence du Pays Basque. Cela tient au fait que le Gouvernement français n’ait aucune intention de dénouer les problèmes posés par le conflit et de reconnaître le Pays Basque. Finalement, le problème crucial pour le Gouvernement français est précisément qu’il se retrouve face à un peuple qu’il n’a pu faire disparaître et assimiler dans le giron uniforme de la République. Et il est de plus en plus perceptible que le Peuple Basque n’a pas d’avenir dans le cadre institutionnel et juridique de l’Etat Français. Ceci étant, les agissements du Gouvernement français nous paraissent d’une grande irresponsabilité. En refusant toute issue possible aux revendications populaires, et en rejetant toutes avancées dans la voie de la reconnaissance du peuple basque, le Gouvernement français endosse la lourde responsabilité de prolonger et d’étendre le conflit. Reconnaissance et respect des droits du Peuple Basque Le Gouvernement français doit à tout prix respecter les droits fondamentaux du Pays Basque. En ce sens, la reconnaissance du Peuple Basque en tant qu’entité différenciée est incontournable. Il apparaît essentiel d’obtenir les compétences nécessaires pour endiguer le déclin économique, social démographique et linguistique du Labourd, de la Basse Navarre et de la Soule. Sans plus tarder, il faut avancer dans la mise en place d’un nouveau cadre institutionnel qui puisse garantir l’avenir du Pays Basque et le respect des Droits des peuples. Les institutions de l’Etat français doivent à tout prix cesser de mépriser le peuple basque. Elles doivent surtout accepter une fois pour toutes, les revendications portées par la société basque. En ce sens, elles doivent reconnaître les Droits des peuples et des langues. L’Etat Français doit cesser d’être une prison pour les peuples opprimés, et devenir un Etat qui garantisse les droits des peuples. Pour cela, il devra respecter la décision et la volonté exprimée par le Peuple Basque. Appel au Gouvernement français Euskadi Ta Askatasuna lance expressément un appel au Gouvernement Français pour que celui-ci s’engage dans la voie de la discussion et de la négociation afin de résoudre le conflit qui persiste au Pays Basque. Les buts de cette négociation doivent être d’accorder une solution démocratique, et les modalités d’application de cet accord. La solution devra prendre en considération les origines du conflit mais aussi ses conséquences. En ce sens, l’ETA fait part de sa disposition à entamer un processus de discussion qui nous rapprochera de la résolution du conflit. La seule voie possible qui permette de régler les conflits et de ne pas alimenter les cycles d’affrontements est la négociation. Ainsi, nous demandons au Gouvernement français qu’il abandonne la voie de la répression, qu’il cesse sans tarder toutes les agressions à l’encontre des citoyens basques et du Pays Basque dans son ensemble. Le Gouvernement français doit contribuer à la concrétisation et à l’avancée du processus qui s’ouvre en ce moment même au Pays Basque. À cette fin, il doit s’engager à reconnaître les droits du peuple Basque. Le Gouvernement français ne peut se contenter d’être un spectateur dans le processus de résolution du conflit en Pays Basque. Puisqu’il contribue à pérenniser le conflit en Pays Basque, il devra tôt ou tard participer activement à sa résolution. Nous en appelons au gouvernement français pour qu’il ne gâche pas l’opportunité qui se présente. Appel à l’opinion publique française Le Conflit qui oppose l’Etat Français au Peuple basque a été longtemps occulté et dénaturé. Il en va de même aujourd’hui. Il s’agit là d’une logique d’occultation délibérée et orchestrée par les institutions françaises avec le relais de la presse bien-pensante. Le conflit basque est un tabou en France. Le traitement des événements est sélectif, et la plupart du temps réduit à la diffusion des chroniques répressives ou des activités d’ETA. Nous mettons en garde ceux qui pensent que le fait d’occulter le conflit basque le rendrait inexistant. Tant que l’Etat Français ne reconnaîtra pas les droits du Peuple Basque le conflit perdurera. Ainsi, nous lançons un appel à l’opinion publique française, pour qu’elle s’engage à soutenir et respecter les démarches pour la reconnaissance et le respect des droits du Pays Basque, et qu’elle s’oppose à la politique répressive dessinée par le Gouvernement français. Nous en appelons aussi à la société française pour lui demander expressément de ne plus collaborer avec la politique de colonisation de territoire en Pays Basque. Politique qui consiste à s’approprier des terres au détriment des habitants du Pays Basque, qui se retrouvent à leur tour contraints de quitter leur pays. Enfin, nous voulons profiter de cette occasion pour transmettre nos salutations les plus chaleureuses à toux ceux et celles qui ont soutenu et soutiennent activement la lutte pour la libération du Peuple Basque. Même si la solidarité est un geste que l’on tend à occulter, les militants que nous sommes n’oublions pas les faits et gestes de solidarité que nous recevons. Engagement d’ETA Euskadi Ta Askatasuna rappelle que le cessez-le-feu décrété le 24 mars est toujours en vigueur. La volonté et l’engagement d’ETA sont d’agir pour que le processus en cours arrive à son terme. Et nous attendons des faits et des gestes allant dans ce sens. Pour résoudre ce conflit qui perdure, il s’agit avant tout de rétablir la justice en Pays Basque, de construire la paix en reconnaissant les droits du Peuple Basque. Voici donc le souhait d’ETA. Euskadi Ta Askatasuna Pays Basque juin 2006
Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 15/06/2006 à 22:52
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