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Depuis plusieurs semaines, l’ensemble du Pays basque de France subit une vague d’attentats aux conséquences matérielles plus ou moins importantes : destructions partielles de résidences secondaires, incendies de voitures immatriculées en dehors du département, engins explosifs de faible puissance devant des agences immobilières ou des résidences de vacances… Avec une « nouvelle signature » (dixit Sud-Ouest du 04/07/07) : « Le Pays basque n’est pas à vendre ». Nombreux sont ceux qui, comme le maire d’Hasparren, visé par un de ces attentats, évoquent l’époque où sévissait le mouvement séparatiste Iparretarak.


Non, ce n'est pas de la bêtise !

Les réactions des élus locaux sont diverses mais on note une constante : le nationalisme basque n’est jamais mentionné, même pas par allusion. En Corse, il y a des attentats couramment qualifiés de « nationalistes » mais au Pays basque de France, ça n’existe pas. D’ailleurs, il n’y a pas des nationalistes mais des « abertzale », mot auquel chacun donne sa propre signification (voir dans notre brochure n° 10, l’article « Le nationalisme n’est plus ce qu’il était ») et qui rappellerait une sorte de folklore plutôt plaisant.
Certains élus locaux ne pipent mot, comme le député-maire (UMP) de Bayonne ou le sénateur-maire (UDF) de Biarritz, qui se prétendaient, en d’autres temps, « élus du Pays basque », mais qui se trouvent aujourd’hui trop occupés à promouvoir l’activité touristique de leur ville. Au point que le président du Conseil général, se sentant quelque peu isolé, s’en est ému dans une réaction publiée dans Sud-Ouest du 27/07/07.
Ceux qui sont directement concernés s’indignent. Le maire d’Anglet se distingue dans le style jocrisse en évoquant l’hypothèse d’enfants susceptibles d’être atteints dans une éventuelle explosion.
Mais les pires sont les faux naïfs, à la tête desquels il faut placer M. Lamassoure, qui, dans le rôle de la mouche du coche, ne rate jamais une occasion de faire du vent. « Il est temps de dire halte à la bêtise » a-t-il déclaré, péremptoire, lors d’une manifestation en Soule.
Non, ce n’est pas de la bêtise. Les auteurs de ces actes délictueux agissent dans le cadre d’une opération globale bien orchestrée. Ils ont d’ailleurs de l’autre côté de la frontière franco-espagnole, un grand frère nommé ETA qui leur montre clairement l’exemple, avec notamment la kalle boroka (violence urbaine) et éventuellement leur fournit le matériel adéquat, stocké par ci par (même en pleine ville de Biarritz). Il s’agit de l’aboutissement logique d’une démarche politique. Tous les nationalistes basques proclament l’existence d’un peuple basque qui vit sur un territoire appelé Euskal Herria et devrait disposer du droit à décider lui-même de son avenir. Ces deux revendications, territorialité et autodétermination, sont les conditions régulièrement évoquées par ETA pour une amorce de dialogue (voir nos rubriques antérieures). Mais elles ne sont pas l’exclusivité du nationalisme radical. On les retrouve dans le plan Ibarretxe (voir, dans notre brochure n° 17, l’article « Muda el lobo los dientes mas no las mientas »), proposé par le chef (PNV, nationalisme « modéré ») du gouvernement de la Communauté autonome basque. Il y évoque les « sept territoires » (dont trois en France) faisant partie d’Euskal Herria.
Ça commence par le nationalisme et ça finit inéluctablement dans la xénophobie. D’ailleurs, il y a longtemps que le parti Abertzaleen Batasuna s’est lancé ici dans une campagne de même finalité, mais avec des méthodes plus soft : barbouillages de vitrine d’agences immobilières, manifestations dans des villages de vacances en construction, rassemblement devant des résidences secondaires de notabilités « étrangères ». Et, dans ce cas, on n’hésite pas à poser pour la presse locale. Il est donc logique que ce parti se soit allié, lors des dernières élections législatives, avec le bras politique d’ETA, le parti Batasuna.
Mais nos élus se gardent bien d’aborder cette donnée du problème, surtout à la veille des élections municipales. Abertzaleen Batasuna fait partie de la majorité municipale de Biarritz, d’Anglet (à l’initiative de M. Lamassoure), le maire de Saint-Pierre d’Irube est, de manière plus ou moins camouflée, membre d’AB, des socialistes de Bayonne envisageraient sans vergogne une alliance avec les nationalistes d’AB, le parti du président du Conseil général a fait alliance, aux dernières législatives, avec le PNV... La liste est longue. Alors, par calcul, on occulte volontairement l’existence du nationalisme et on fait comme si les auteurs de ces actes terroristes avaient pour unique motivation le prix, jugé abusif, du foncier. Et on se garde bien de signaler que ce phénomène se constate dans de nombreuses autres régions de France, touristiques ou non. De même qu’on s’abstient d’évoquer l’existence de propriétaires vendeurs : si « le Pays basque est à vendre », c’est bien qu’il y a des vendeurs, basques vraisemblablement…
On voudrait faire croire aux électeurs qu’il s’agit de mouvements de colère spontanés. Pourtant, la simultanéité de ces attentats, leur mise en scène d’un bout à l’autre du territoire (lors du passage du Tour de France ou bien le jour du 15 août choisi pour signaler, par un coup de téléphone anonyme, la présence d’explosifs aux abords du club-house de Chiberta à Anglet) ressortent bien d’une volonté de la part d’un groupe bien préparé de créer un climat rappelant celui d’Euskadi. Sans doute avec l’espoir d’amener le pouvoir central à aborder les questions politiques. Comme en Euskadi, il se trouvera alors des « gens de bonne volonté » pour préparer ce dialogue avec les extrémistes, en négligeant les institutions légales et leurs représentants élus. Soyons sûrs que M. Lamassoure s’y voit déjà, lui qui sait distinguer les nationalistes « bêtes » (qu’il dénonce) des nationalistes « intelligents » (ceux qu’il a introduits dans la majorité municipale d’Anglet ou qu’il a présentés au ministre de l’Intérieur Sarkozy lors de sa visite à Bayonne).

Le CapVe
Rédigé par Le CapVe le 16/08/2007 à 21:16

CAPVE a été créé en octobre 1999 pour faire entendre la voix des citoyens attachés aux valeurs de la République et opposés à la revendication d'un "département basque".
Aujourd'hui, après les refus successifs des gouvernements Jospin puis Raffarin, les tenants d'une scission du département des Pyrénées-Atlantiques ne désarment pas. La défense de la langue basque est devenue le cheval de Troie des nombreuses associations "culturelles", soutenues par les régionalistes, les fédéralistes, les abertzale ... et aussi les opportunistes. La stratégie est claire : d'abord la définition officielle d'un territoire sur lequel la langue basque aurait un statut privilégié, puis des institutions spécifiques qui établiraient des relations particulières avec la puissante Communauté Autonome Basque voisine. Pour les nationalistes basques, c'est la perspective de la "réunification d'Euskal Herria", c'est la "construction nationale".
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